«André Valente» : Clin d’œil sur une vie familiale déchirée






«André Valente», un long métrage de la cinéaste portugaise Catarina Ruivo, a été programmé vendredi à l’ouverture des Journées du cinéma européen. Un film instructif qui invite à découvrir autrement la vie d’un couple en proie à la déchirure.


 


Le plus révélateur dans ce film, c’est que le héros principal est un enfant nommé André Valente. Le jeune garçon se trouve en effet au centre d’une déchirure familiale. Il en sera traumatisé. Dans les toutes premières séquences du film, il régnait une ambiance bon enfant. Tout se passe, en effet, dans une rue d’une grande ville d’un quartier très ordinaire.


Au début de ce film, on voit le gamin parcourir les ruelles en aller-retour sur le vélo que son père vient de lui offrir à l’occasion de Noël. Le père a froid, il voudrait le faire rentrer à la maison, l’enfant, réclame un tour de plus. Les guirlandes d’ampoules de fête s’allument au-dessus de lui, d’un côté à l’autre de la rue. Un peu plus tard et plus loin, des ouvriers, de leur camion-grue, décrochent au petit matin ces étoiles éteintes. Bref la fête demeure la plus belle, puisque l’enfant ainsi que sa famille vivaient dans une ambiance des plus gaies. Mais celle-ci n’a été que de courte durée puisque, par la suite, l’atmosphère familiale devient de plus en plus conflictuelle entre ses deux parents. La fête passée, le père, sac au dos, quitte la maison. La mère d’André, qui s’est réveillée dans un lit froid, court dans la rue vide. Mais son mari ne reviendra pas.


Le film est plein de situations tristes. Dans certaines de ses séquences, on voit l’enfant seul, devant le bol de son petit déjeuner. Quelques instants plus tard, André Valente, sans son père, fera du vélo dans la même rue. Il fait beau, c’est pour lui un grand jour, mais la rue est beaucoup plus grise que la première fois.


C’est dans ces situations percutantes que s’affirme la maîtrise de Catarina Ruivo, durant ce film qui est d’ailleurs son premier long métrage. Elle a choisi le sujet de son film à partir des fragments de la vie d’un garçon d’une dizaine d’années et de surcroît élevé par sa mère pour qui chacun des obstacles rencontrés dans sa jeune vie, chaque délaissement dont il sera victime, sera l’occasion de grandir.


Dans ce film, on ne retient en fin de compte que les temps forts d’un récit qui a une double signification. Il s’agit en fait d’une histoire qui se confond aux étapes de la construction de la personnalité de cet enfant, d’une part, et fait découvrir une éducation sentimentale au sens le plus fort, c’est-à-dire par la brutalité dans la juxtaposition de ces moments.


Ce long métrage démontre à quel point cette éducation se fait dans la violence de vies brisées. Ce film de 70 minutes braque pleins feux sur le monde mouvementé de l’univers familial. La cinéaste y promène sa caméra même dans les moments d’intimité du couple et tente de décrypter les moments de violence et les quelques moments d’affection.


De l’avis des critiques, ce film est très instructif et invite à découvrir les mécanismes de résolution des conflits au sein des couples.


 


O.W.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com