Du bonheur pour Marchand, de la déception pour Manuel José






Bertrand Marchand, entraîneur de l'Etoile, a exprimé son bonheur après le triomphe de son équipe en finale de la Ligue des Champions d'Afrique aux dépens d'Al Ahly (3-1), affirmant que cet exploit "restera gravé en lettres d'or dans les annales de l'équipe déjà riches en grandes performances".


"L'Etoile a bien mérité son sacre", a souligné le coach français, indiquant que son équipe a su en première mi-temps bloquer les issues devant Al Ahly qui n'a pu alimenter la ligne d'attaque en ballons dangereux".



"Nous avons réussi à inscrire un but dans un moment crucial qui a décuplé le moral de l'équipe en seconde période au cours de laquelle nous avons procédé à des changements utiles, notamment après l'expulsion de Imed Nahhas, ce qui nous a permis de prendre le dessus en milieu de terrain et d'inscrire un but en fin de rencontre qui a libéré l'équipe et dissipé les derniers espoirs d'Al Ahly avant de parachever notre triomphe en inscrivant un troisième but", a noté Bertrand Marchand.


Il a fait remarquer que "Al Ahly reste une grande équipe mais il n'a pas trouvé de solutions aujourd'hui face à une équipe bien organisée".


Saber Ben Frej a souligné de son côté que "l'Etoile a bien mérité de remporter le titre africain après un match héroïque livré par tous les joueurs qui ont cru en leurs chances alors que le cadre technique a bien su encadrer les joueurs et les préparer au plan psychologique".


Il a noté que l'Etoile a joué avec "un grand engagement et un grand sang-froid", indiquant que le premier but "a été inscrit à un moment très important et a aiguisé l'enthousiasme des joueurs tout en obligeant Al Ahly à prendre plus de risques et partant concéder plus d'espaces, ce qui nous a permis de les exploiter pour doubler la marque avant d'ajouter le troisième but".


De son côté, Manuel José, entraîneur d'Al Ahly, s'est déclaré "déçu par cette défaite qui m'a surpris", estimant que son équipe "a mal joué et n'a pas montré son vrai visage au contraire de l'Etoile qui a livré une grande prestation et a bien mérité de remporter le titre".


"L'Etoile compte dans ses rangs des joueurs jeunes de talent dotés d'une grande vitesse et de qualités techniques", a souligné le coach portugais qui a estimé que la défaite "marque la fin d'un cycle pour Al Ahly au cours duquel il a collectionné les titres, ce qui nécessite d'alimenter l'équipe en nouveaux éléments au cours du Mercato d’hiver".


 


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* Prestation : Ils étaient de vrais guerriers !


 


Empressons-nous, tout de suite, de signaler que nous allons profiter de ce moment d’euphorie pour gommer les quelques lacunes et insuffisances apparues et ne rapporter que les moments magiques de ce sacre. Savourons, donc, ce succès qui a porté l’Etoile au firmament, lui permettant de monter méritoirement et avec panache sur le toit de l’Afrique.

Ce qu’il faut retenir de cette monstrueuse finale (sur les plans physique et mental), c’est la volonté à toute épreuve dont ont fait preuve les joueurs étoilés, leur admirable cran, leur farouche rigueur qui ont mis à nu les carences actuelles et les limites d’une formation ahlaouie franchement sur le déclin. C’est logique et humain à la fois pour une équipe arrivée au sommet d’être rattrapée à un moment ou un autre.


Mais le déclin de l’équipe égyptienne ne diminue en rien le mérite du représentant tunisien qui a cru en sa bonne étoile jusqu’au bout. Les joueurs sahéliens étaient en effet de véritables guerriers, vendredi dernier, sur la pelouse du stade du Caire, défiant le quintuple détenteur de la couronne africaine dans son antre et faisant fi de l’hostilité d’un public tout acquis pour la cause de ses favoris et de ses couleurs.


Pourtant, beaucoup parmi les plus optimistes des supporters étoilés ont eu peur, du moins une certaine appréhension, légitime du reste, à la lecture de la formation alignée par le coach Bertrand Marchand. Et pour cause !


Comment, effectivement, ne pas nourrir certaines craintes en constatant la titularisation des Hatem Bejaoui et Ammar Jmel pour relever deux joueurs de la trempe de Mehdi Mériah et Seïf Ghezal. Aux côtés de ces deux jeunots, l’autre jeune Radhouène Felhi faisait figure de chevronné.


Pourtant, cette frêle équipe, avec ses vingt ans et deux mois de moyenne d’âge, est parvenue à dompter l’ogre égyptien sur ses propres terres. L’ambition a fini par avoir raison et venir à bout du métier de Mohamed Aboutrika et ses partenaires.


Il faut dire également que le technicien français de l’Etoile a bien su préparer son match, aidé, il est vrai, par l’application de ses poulains, dont nous allons essayer de décortiquer, du moins passer en revue la prestation.


 


Aymen Mathlouthi


Très sollicité, au contraire du match aller, Balbouli s’en est sorti à bon compte, sinon à merveille.


Eut le mérite de s’opposer avec brio aux nombreuses tentatives des locaux, essentiellement au cours des trente minutes initiales de la rencontre, puis dans le premier quart d’heure qui a suivi la pause, malgré le but encaissé. Il a pu ainsi mettre en confiance ses partenaires.


 


Saber Ben Frej


Egal à lui-même, bien qu’il ait été flanqué du revenant Gilberto, sans compter que Mohamed Aboutrika est lui aussi venu s’aventurer dans la zone maîtrisée par le capitaine étoilé.


Ceci ne l’a pas empêché pour autant de monter le plus souvent prêter main forte aux hommes de pointe et soutenir ses partenaires du milieu afin de créer le surnombre.


 


Radhouène Felhi


Se confirme de plus en plus comme étant un rouage essentiel de cette formation étoilée. Il progresse en tout cas au fil des rencontres, tout en confirmant tout le bien qu’on pensait de lui. Un défenseur sobre et courageux.


 


Ammar Jmel


Véritable révélation de cette finale. On était vraiment très sceptique quant au choix du staff technique décidant apparemment au dernier moment la titularisation de ce jeunot, dont le culot et le cran lui ont permis de s’en sortir grandi, bien qu’il soit jeté dans cette véritable fournaise.


Il s’est montré tout à son aise, notamment dans les duels, là où il s’est le plus distingué, puisque dominant de la tête et des épaules ses adversaires, à l’exception peut-être sur l’action du but égalisateur des Egyptiens.


 


Moussa Narry


Toujours aussi discret, mais ô combien précieux dans la récupération, la couverture et la relance. Un match plein comme à l'accoutumée, clôturé de surcroît par ce joli but, formidable surtout par sa précision.


 


Mauree Ogunbiyi


Le véritable régulateur de cette formation étoilée, dont il est devenu par ailleurs le maître à jouer. Une présence constante aux quatre coins du terrain et des poumons d’acier qui lui permettent d’être au four et au moulin, dans ce sens qu’il évolue très près de ses partenaires de la défense, comme il vient appuyer sans discontinuer les attaquants. Formidable de par sa régularité.


 


Afouène Gharbi


Une «re» découverte pour le grand public tunisien. Il a évolué dans un registre différent que celui de son compère Nafkha venant très souvent donner un coup de main à Narry pour former un premier rideau et repousser les assauts de l’adversaire, notamment dans les moments forts de la domination des Ahlaouis.


Eut le mérite également d’ouvrir la marque à un moment crucial et acculer les Egyptiens à courir derrière le chrono et l’égalisation. Un très bon match en somme.


 


Mohamed Ali Nafkha


Très actif comme à son habitude il a couvert un terrain considérable apportant un soutien inestimable à ses partenaires aux avant-postes essentiellement.


 


Gelson Silva


Toujours aussi omniprésent, au four et au moulin, avec un cœur gros comme ça. N’a jamais rechigné à décrocher très loin derrière, au point de le voir dégager dans des conditions difficiles à trois ou quatre mètres de la cage de Balbouli.


 


Mohamed Amine Chermiti


Un grand match confirmant tout le bien qu’on pensait de lui, d’un côté, et les appréhensions de ses adversaires déstabilisés par ses jaillissements déroutants et sa rapidité d’exécution, jusqu’à obliger Imed Nahas à commettre l’irréparable et se voir expulser. Son but, un modèle du genre, et sa dernière passe sur le troisième but étoilé eurent l’effet d’une estocade finale, sinon une véritable cerise sur le succulent gâteau soussien.


 


Mejdi Traoui, Mohamed Khemiri et Bassem Ben Nasr


Ils ont injecté un sang nouveau et apporté une fraîcheur physique à la formation étoilée au bon moment. Ils ont, en tout cas, contribué, chacun dans son registre, au triomphe du représentant tunisien…


 


Mansour AMARA


 


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* Les notes du «Quotidien»


 


Aymen Mathlouthi              8


Saber Ben Frej                  8


Radhouène Felhi                8


Ammar Jmel             8,5


Hatem Bejaoui                   7,5


Moussa Narry          8


Mauree Ogunbiyi      8,5


Mohamed Ali Nafkha  8


Afouène Gharbi                  8


Gelson Silva   7,5

Mohamed Amine Chermiti     9


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com