Théo Van Rompay: «Entre Tunis et Bruxelles, le partenariat n’est pas impossible»






Le «Quotidien» a rencontré samedi dernier entre midi-deux le directeur-adjoint de l’Ecole de Parts de la Belgique flamande en visite-éclair dans nos murs. L’invité du Centre méditerranéen de Danse classique (CMDC) a soulevé pour nous un petit coin du voile administratif de cette institution de renom et a mis au clair un système pédagogique réputé opaque et strict. Les portes d’un éventuel partenariat entre Tunis et Bruxelles ne sont pas tout à fait fermées.


 


Pour un(e) Tunisien(ne) ou tout autre citoyen du monde, votre école demeure inaccessible voir impossible. Elle est pour les uns un mystère et pour les autres un rêve irréalisable. Qu’en dites-vous ?


Notre école a été créée il y a 12 ans et s’est fait dès le départ son propre label. Parts n’est pas une école de danse classique et moderne courante et standard. Stricte elle compte sur le système de la sélection.


 


C’est-à-dire ?


En fait, nous avons notre démarche «singulière». Nous dénichons les meilleurs dans le monde et surtout en Europe. Nous travaillons avec les partenaires locaux et voyons les danseurs sur place. Ces candidats peuvent être autodidactes ou déjà formés. Ils passent tous en un premier temps au processus de l’audition qui est à la fois simple et compliqué. Dans la pré-sélection nous retenons jusqu’à 800 candidats, mais au final à Bruxelles, si la sélection est bonne, il n’en reste que 30 ou 35 pour chaque promotion. Nous sommes en fait à la recherche de potentiels.


 


Combien dure et surtout combien coûte la formation d’un danseur à Parts, car on parle d’un lourd financement ?


La formation est de quatre ans. L’année est estimée à dix mille euros et quelques. Ceci dit, les quatre ans reviennent à près de 43 mille euros. Tous les frais sont bien sûr compris, l’hébergement et même l’aller-retour chaque année au pays d’origine.


 


Cela vous arrive-t-il de tomber sur un bon candidat mais qui est dans l’impossibilité de se payer chez vous cette formation. Que faites-vous dans ce cas ?


On lui cherche par tous les moyens une bourse. Cela nous arrive dans l’année avec quatre ou cinq personnes. Plus, il nous est impossible de les soutenir car ça chiffre…


 


Chez vous on parle de vos bon professeurs. Comment faites- vous pour les recruter et d’où viennent?


On cherche, on repère ce qui peut exister de mieux de par le monde. Les nôtres viennent de 25 pays. Nous avons collaboré avec deux Africains, quelques Asiatiques. On en a eu aussi de l’Amérique latine, mais surtout de l’Amérique du Nord. Tous sont des vacataires. Chaque année, on renouvelle le contrat et c’est important pour nous. Sauf quelques exceptions. Ceux qui ont de l’énergie, c’est à nous de les convaincre pour une durée de trois ans. Ces énergies-là sont très demandées et on est en fait dans un marché. Il y a l’acheteur d’un côté et de l’autre le vendeur et entre les deux l’intérêt.


 


Vous avez assisté aux cours du CMDC (et les Tunisiens sont ravis de vous voir) et vous avez suivi en action l’un de nos meilleurs pédagogues, que pensez-vous de cette première école régionale qui vient de voir le jour il y a à peine une année avec une politique d’aide Sud/Sud ?


Il y a une bonne énergie. L’école est très jeune et j’ai été frappé par l’esprit pionnier. Pour un début, l’institution est sur le bon chemin, mais ce qui compte c’est la continuité.


 


Vous venez d’envoyer l’Iranien Khosro Adibi qui a assuré un stage aux étudiants du CMDC (eux aussi viennent de 12 pays d’Afrique et du Monde arabe) est-ce une promesse pour un futur partenariat après ce premier contact ?


Pas de partenariat officiel mais un soutien dans le sens où on envoie des profs ce qui n’est pas exclu. Nous venons d’envoyer à nos frais le premier professeur à Tunis, ce qui n’est pas une priorité pour nous. Il y a d’autres pays sur la liste et qui ont besoin de nous. Mais nous allons voir si cela va aboutir à quelque chose. Pour le moment, on tisse des liens au fur et à mesure et demain sera un autre jour. On n’a jusqu’aujourd’hui aucune structure et avec aucune école. Par contre l’élément aide peut entrer dans une réalité pour une possibilité extra. Le contact est encourageant, on va voir comment cela va évoluer avec le temps.


 

Propos recueillis par Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com