«Venu de là-bas»: Des mots pour des maux paralysants






Pour les Ouerghi, il y a toujours des questions à analyser et des problèmes à décortiquer. «Jay min ghadi», traduite par «Venu de là-bas», ne déroge pas à la lignée du «Théâtre de la terre». Une fraîche création qui sera à l’affiche de Théâtre d’Art Ben Abdallah les 16, 17 et 18 de ce mois.


 


Avec chaque création théâtrale, Noureddine et Néjia Ouerghi n’hésitent pas à fouiller dans notre mémoire, dans les émois et les pensées de chacun de nous…c’est dans le «Théâtre de la terre» qu’ils ont choisi d’élaborer et de poser artistiquement les soucis et les déceptions que porte chaque citoyen arabe, de relire ces échecs paralysants qui continuent à peser lourdement sur les psychologies.


Dans ce flou qui marque le paysage arabe contemporain, dans une amertume qui semble être sans fin, les Ouerghi se sont plongés depuis des décennies, choisissant d’interpeller la conscience des Arabes face à ces déboires successifs qui marquent notre quotidien depuis 1967, une date mémorable dans l’histoire du Monde Arabe. «La Nakbah» qui signifie la grande catastrophe a bouleversé la «quiétude» arabe et depuis les défaites n’ont cessé de se succéder pour devenir un pain quotidien. L’invasion du Liban 1982, les génocides et les massacres commis par l’armée israélienne à Dir Yacine, Sabra et Chatila…, les deux guerres du Golfe, le quotidien amer des Irakiens, des Palestiniens…des maux qui ont nourri le «Théâtre de la terre» .


Un théâtre ancré dans la réalité arabe mais aussi très attaché à notre vécu. Au fil des années, les Ouerghi ont défendu cette vision où l’art devient ce miroir qui reflète nos maux, nos déceptions et nos espoirs. Une vraie thérapie pour des douleurs cachées qui habitent notre inconscient collectif. «Sabots des épis», «Z’indiens» et toute les productions qui ont marqué le parcours théâtral de Noureddine et Néjia Ouerghi dessinent cet univers particulier de «Théâtre de la terre» qui tire ses racines des profondeurs de la terre, de nous-mêmes…


«Jay min ghadi» comme son nom l’indique est une nouvelle réflexion sur la réalité sociale du Nord-Ouest, loin des préjugés…Une réflexion où Noureddine Ouerghi, dramaturge et metteur en scène, expose de nouveau ces questions terribles de l’identité, de l’appartenance…En quête des vraies réponses, les Ouerghi n’ont jamais baissé les bras. Dérangeant par cette sincérité qui se dégage de chaque syllabe, chaque mot, et chaque réplique, Noureddine Ouerghi est resté toujours fidèle à ses choix et à ses convictions. Des interrogations qui les portent sur les tréteaux avec un renouvelable espoir d’obtenir les réponses nécessaires et sincères.


Et c’est sur les planches de Théâtre d’Art Ben Abdallah que Noureddine Ouerghi, Néjia Ouerghi et Jamel Madani se sont penchés depuis quelques mois sur «Jay min ghadi». Une talentueuse comédienne, Néjia qui a accompagné Noureddine dans cette délicieuse expérience menée dans le cadre de « Théâtre de la terre » et sa douce moitié partagera la scène avec un autre grand comédien qui ne cesse de récolter l’admiration du public et des critiques. Jamel Madani et Néjia Ouerghi seront la voix de Noureddine Ouerghi sur la scène…


Reportée à plusieurs reprises, l’avant-première de cette nouvelle création sera donnée vendredi à 19h30 sur les tréteaux de Théâtre d’Art Ben Abdallah. Deux autres représentations seront à l’affiche de cet espace culturel privé le 17 de ce mois à 19h30 et le 18 du même mois à 18h00. A voir !


 

Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com