Tchad-Arche de Zoé : Une manifestation anti-française dégénère






Plusieurs centaines de personnes ont conspué la France et Nicolas Sarkozy avant de caillasser des voitures d’expatriés occidentaux.


 


Le Quotidien-Agences


L’affaire de l’arche de Zoé n’en finit pas d’alimenter les tensions au Tchad. Plus de mille manifestants, en majorité des lycéens et collégiens, ont mené hier une manifestation anti-française particulièrement violente à N’ Djamena. «A bas Sarkozy», «la traite négrière c’est fini», «le Tchad est indépendant depuis 1960» sont quelques uns des slogans qui ont résonné sur la place de l’Indépendance, dans la capitale tchadienne tandis que sur des pancartes on pouvait lire «Sarko voleur, hors du Tchad», «Sarkozy, un célibataire ne peut diriger un pays», ou encore «Non à l’esclavagisme, police et justice complices». Ils ont exigé que les six Français membres de l’Arche de Zoé, encore incarcérés à N’Djamena, soient jugés au Tchad.


Très mobiles, se déplaçant en motocyclette, les protestataires sont passés devant l’ambassade de France, le palais de justice et l’école française. Remontés, ils ont lancé des pierres sur des véhicules dans lesquels se trouvaient des Occidentaux. Des automobiles arborant des plaques diplomatiques ont aussi été prises pour cible. Certains journalistes étrangers ont même été menacés. La police anti-émeute est intervenue au bout de deux heures pour disperser la foule à coup de gaz lacrymogènes.


Autant de signes qui montrent que les propos du président français ne sont pas passés. Le chef de l’Etat avait promis d’aller «chercher» les six Français toujours détenus au Tchad «quoi qu’ils aient fait». La présidence française avait ensuite tenté de nuancer ces déclarations interprétées comme une atteinte à la souveraineté tchadienne.


 


Appels à une manifestation pacifique


Rien ne laissait prévoir de tels débordements. Ce sont des appels à une «manifestation pacifique» contre les «agissements de l’Arche de Zoé» qui ont été lancés mardi par des associations de femmes commerçantes et le réseau des Associations de droits de l’Homme du Tchad. L’émotion suscitée par la tentative d’exfiltration vers la France de 103 enfants de la zone frontalière du Soudan est restée vive.


Des manifestations antifrançaises avaient déjà eu lieu la semaine dernière devant l’ambassade de France et aux abords du palais de justice lors des auditions des inculpés. Celles-ci rassemblant quelques dizaines de personnes, n’avaient pas toutefois atteint l’ampleur du défilé de mercredi.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com