Pakistan : Musharraf joue la carte du nucléaire






Le général-président évoque le danger nucléaire pour justifier sa décision de décréter l’état d’urgence.


 


L'arsenal nucléaire du Pakistan risque de se retrouver entre de mauvaises mains si la tenue des prochaines élections aggrave les troubles dans le pays, a mis en garde le président pakistanais Pervez Musharraf.


Dans une interview diffusée hier par la BBC, le chef de l'Etat pakistanais souligne que si le scrutin législatif, qui doit être organisé avant le 9 janvier, se tient dans un "environnement troublé", des "éléments dangereux" pourraient représenter un risque pour le contrôle des armes nucléaires.


"Celles-ci ne peuvent pas tomber dans de mauvaises mains si nous savons nous y prendre politiquement. Mais l'armée est là et tant que l'armée est là rien ne peut se passer pour notre composante stratégique", a-t-il dit.


Le général-président, qui a pris le pouvoir il y a huit ans, a de nouveau justifié sa récente décision d'imposer l'état d'urgence par la menace islamiste et l'attitude hostile des milieux judiciaires à son égard.


Dans cet entretien, enregistré vendredi, il accuse par ailleurs Benazir Bhutto, rentrée d'exil le mois dernier, de compliquer la situation en raison de son "approche conflictuelle" de la situation, et parle de l'ancien Premier ministre comme de "la petite chérie de l'Occident".


Par ailleurs, Le président pakistanais, le général Pervez Musharraf, a réaffirmé, hier, à l'émissaire américain, John Negroponte, que l'état d'urgence ne pourrait être levé que lorsque la sécurité serait rétablie dans le pays, selon un porte-parole du président.


"Le président Musharraf a dit clairement à l'émissaire américain que l'état d'urgence ne pourrait être levé que lorsque la sécurité serait rétablie", a indiqué  le porte-parole.


Le numéro deux du département d'Etat, John Negroponte, arrivé avant-hier soir  à Islamabad, a rencontré, hier, le président Pervez Musharraf pour discuter de la situation politique dans le pays, soumis depuis le 3 novembre à l'état d'urgence.


"Il ( Musharraf) a dit à l'émissaire américain que l'état d'urgence avait pour but de renforcer le système de maintien de l'ordre afin de lutter contre l'extrémisme", a ajouté le porte-parole du président pakistanais.


Le président du Pakistan a décrété le 3 novembre l'état d'urgence, invoquant la défense de l'unité nationale face au terrorisme islamiste.


D'importantes restrictions aux libertés publiques ont été imposées et de nombreux opposants arrêtés.


Selon l'opposition, Musharraf, en décrétant l'état d'urgence, visait directement la Cour suprême qui contrariait, depuis des mois, les desseins du chef de l'Etat et devait se prononcer peu après sur la légalité de sa réélection à la présidentielle du 6 octobre.


Negroponte devait, pour sa part, livrer au président Musharraf "un message très fort", avait indiqué   une source diplomatique.


Selon des diplomates occidentaux,  Negroponte devait instamment demander


à Musharraf de lever l'état d'urgence au plus vite, de quitter l'armée, de tenir les élections à la date prévue, de lever les restrictions sur les médias et de libérer les prisonniers politiques.


D’autre part, la Commission électorale pakistanaise va annoncer le 21 novembre la date des élections législatives, qui doivent avoir lieu avant le 9 janvier 2008, a déclaré, hier, le secrétaire de la Commission Kunwar Dilshad.


"Oui, les assemblées provinciales seront dissoutes le 20 novembre et le calendrier des élections sera annoncé immédiatement après", a répondu Kunwar Dilshad, à qui on demandait si la date du scrutin serait rendue publique le 21 novembre.


Les principaux partis politiques ont été conviés à la Commission électorale le 19 novembre pour y discuter d'un code de conduite pour le vote, a précisé  Dilshad.


 


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* Offensive "majeure"


 


L'armée pakistanaise a annoncé hier une "offensive majeure" imminente dans la vallée de Swat pour en déloger les combattants islamistes proches d'Al-Qaïda qui ont récemment pris le contrôle de la majeure partie de ce site très touristique du nord-ouest.

Nous avons renforcé nos bases à Mingora et Besham (les deux principales villes du district de Swat) et nous allons déclencher une offensive majeure", a déclaré le général Ahmed Shuja Pasha, commandant en chef des opérations militaires, au cours d'une conférence de presse à l'état-major des armées à Rawalpindi, dans la banlieue d'Islamabad.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com