Les colères de Chavez






Peut-on arrêter Hugo Chavez ? Peut-on museler sa parole et baisser le volume tonitruant de son verbe ?


Entreprise difficile. Et ce n’est pas les Américains qui me démentiront à ce sujet, eux qui s’épuisent à trouver la parade appropriée à ses furieuses attaques. A moins que cela ne les arrange en ne voyant en lui qu’un «pitre» dont les contorsions provoquent la risée de toute la planète.


La dernière fois que le courroux du chef de l’Etat vénézuélien s’est manifesté, c’était quand il a dénoncé les horreurs de la colonisation de l’Amérique du Sud par les Espagnols. Ce demi-continent que l’on appelle l’Amérique latine mais qui n’a de latin que la langue des conquistadores et le message de la Rome Catholique a, en effet, vécu l’un des plus douloureux traumatismes de l’Histoire. Les traces s'en font sentir jusqu’à nos jours, c’est-à-dire cinq siècles après sa découverte par Christophe Colomb.


Traumatisme ! Et quel traumatisme ! Tous les moyens étaient bons pour liquider les descendants des Aztèques, Incas et autres Mayas. Des massacres sans nom. Avec les techniques les plus variées, allant de la liquidation physique pure et simple à l’extermination par la dégénération alcoolique.


Il est heureux que ceux qui sont restés aient trouvé refuge dans la jungle amazonienne ou dans les montagnes andines. Et il est heureux que, de ce fait, quelques bribes de leurs civilisations nous sont parvenues. Des civilisations que d’aucuns inscrivent dans le registre des merveilles du monde.


Rappeler à la mémoire collective ces crimes n’est pas politiquement correct quand, dans les discours officiels (laïcs et religieux) on prétend que les envahisseurs ne guerroyaient que pour de nobles objectifs: introduire les valeurs de l’Occident et chanter le Christ triomphant. Y déroger serait faire preuve de la plus noire des ingratitudes.


Et c’est ce que l’on reproche à Chavez. Car selon l’historiographie communément admise l’extermination n’a jamais eu lieu. A peine quelques dégâts collatéraux comme on dit aujourd’hui. Et puis Chavez ayant du sang indien dans son faciès, comment exiger de lui qu’il soit objectif !


 


* Le meilleur terreau


 


Les institutions bancaires britanniques ont découvert une nouvelle poule d’or, les chèques islamiques. Elles font des pieds et des mains pour s’assurer le circuit de ce précieux document qui renvoie au monde fabuleux des pétro-dollars.


Longtemps considérées avec suspicion par les milieux bancaires britanniques qui les soupçonnent de financer les agissements de la nébuleuse terroriste, les institutions émettrices sont aujourd’hui l’objet de toutes les sollicitudes. On leur fait les yeux doux. On déroule devant leurs patrons le tapis rouge. Bref, on fait tout pour que ces chèques échouent dans l’escarcelle du pays de Sa Gracieuse Majesté.


Tant d’égards, nous laissent perplexes. Surtout quand on voit les tracasseries, les ennuis de toute sorte dont est l’objet la communauté musulmane dans la blanche Albion. La suspicion, le mépris, les remarques désobligeantes, souvent blessantes sont son pain quotidien. «Nous sommes perçus non comme des personnes qui apportent quelque chose mais comme un problème», affirment les arabo-musulmans de Grande-Bretagne. Et c’est ce «deux poids deux mesures» qui, à la longue, fait craindre des accès de rage meurtrière. Des gosses inoffensifs pourraient s’en réclamer pour se convertir au terrorisme.


 

Abdelmajid CHORFI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com