«Femmes d’idées»: Ma foi, mon choix, ma liberté !






Des femmes qui ont les pieds sur terre et surtout des idées plein la tête. Elles sont engagées dans l’art ou tout simplement dans la pratique de leur travail.  Quelques-unes d’entre-elles ont quelque chose, ou plutôt beaucoup à dire.


 


«Femmes d’idées» est le titre de la manifestation tenue à El Teatro, les 15 et 16 novembre courant  en marge de l’exposition du Palais Kheireddine “Femmes d’images”.


Les regards croisés de femmes engagées dans la pratique de leur métier, ont été ici exposés pendant deux soirées consacrées à un débat de haute facture, pour le moins enrichissant.


Jeudi soir à El Teatro. Dans la salle comble prête pour recevoir “les fragments d’intimit锠 féminines, on remarque la présence masculine. Ce soir-là, on voyait sur la tribune de la salle préparée par les soins de Zeineb Farhat (animatrice de l’espace), quelques figures féminines connues dans leur domaine.


A commencer par la modératrice du débat, Kmar Bendana , une universitaire historienne de la culture et de la vie intellectuelle en Tunisie à la période contemporaine et co-directrice de la revue Ibla.


Meriem Bouderbala est présentée comme étant une artiste peintre et sculpteur diplômée de l’Ecole nationale des Beaux-Arts d’Aix-en-Provence et de l’Ecole d’Art de Chelsea à Londres.


Amel Hedhili, comédienne tunisienne, danseuse et actrice de théâtre de théâtre en premier  lieu, a à son actif plusieurs grands rôles ayant marqué le cinéma tunisien, notamment dans “Un été à La Goulette”, “Bent Familia” et le grand succès de Moufida Tlatli “Les silences du palais”.


Hajer Karray est psychiatre et psychanalyste, membre de plusieurs associations scientifiques.


Nora Markman est psychologue et psychiatre, originaire d’Argentine vivant à Paris depuis 1980.


Véronique Olmi est comédienne et dramaturge “Elle a été nominée pour le prix du meilleur auteur aux Molières 2002 - Elle a publié son premier roman : Bord de mer, aux éditions Actes Sud en 2001.


Elle s’intéresse aux crises profondes dans le couple, aux relations parentales ou au social” écrit-on pour résumer son parcours.


Il s’agit certes d’un échantillon représentatif de femmes intellectuelles et non des moindres. Mais le bel esprit, il faut le dire, ne suit pas pour autant.


A commencer par l’intervention de Hajer Karray qui a écorché la sensibilité de nombreuses femmes présentes en évoquant la question si ancienne du “Tasfih” chez les Tunisiennes qui rend impossible la relation sexuelle.


Même s’il n’est plus, ou quasiment plus pratiqué, le Tasfih a été mis  en exergue par la psychanalyste pour illustrer son discours sur la pratique sexuelle de la femme musulmane. Selon elle, en Islam il y a une diabolisation du corps de la femme qui soumet ses pratiques sexuelles hors mariage à la loi du silence … Il faut dire, on est pas sorti du registre des clichés et des idées reçues qui donnent un effet contraire auprès des intellectuels à l’esprit critique. Ceux qui prennent le luxe d’interroger l’histoire de la religion islamique en se référant aux ouvrages sources …


Peu importe, car la teneur des interventions de Meriem Bouderbala  et Véronique Olmi a entre autres donné un autre son de cloche du regard de l’Occident porté à la femme arabe, la musulmane, bien entendu Meriem Bouderbala, une femme qui se dit non croyante et qui vit bien sa double appartenance aux cultures tunisienne et françaises, avance qu’elle est “fascinée par tout ce qui a attrait à a religion quand c’est bien pratiqué. Il y a une très grande beauté du sur-humain dans la religion. Cela inspire mon travail d’artiste.


J’aime bien cette part de féminité chez la musulmane, car sa relation avec le divin est tissée de telle manière que chaque moment d’allégeance la rend belle.  Je la trouve très belle”


Et elle n’a pas tort, car Amel Hedhili dans sa nouvelle tenue décente sortait du lot. Elle nous en parle avec beaucoup d’assurance “Dans ma carrière d’artiste j’ai toujours cherché à me surpasser. J’ai appris comment on peut dépasser sa propre douleur, comment rendre le mouvement parfait et beau. Cela je l’ai trouvé dans la religion islamique, comme la réponse à de nombreuses questions qui m’interpellaient”. Toujours dans le même ordre d’idées, Véronique Olmi, a rebondi sur la question de la “souffrance” de la musulmane évoquée par Hajer Karray.


Née dans une famille catholique, l’écrivaine se dit avoir été confrontée au “tabou de la virginité” avec les mêmes ressorts et les mêmes ravages.


La souffrance de la femme n’est pas liée à l’Islam ou à la culture arabe…


 


Mona Ben Gamra




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com