Journées du cinéma européen : Soirée avec des films d’ici et d’ailleurs





Deux films ont été projetés à la salle «Le Mondial», dans le cadre des Journées du cinéma européen. Il s’agit de «L’Iceberg» de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy, réalisateurs belges et de «Bab’Aziz» un film du cinéaste tunisien Nacer Khemir. Ce fut un voyage dans deux différents styles cinématographiques.


 


A l’occasion de la programmation de «Bab’Aziz» et en présence du réalisateur Nacer Khemir qui a lui-même présenté son film, la soirée de projection au «Mondial» a drainé une foule de cinéphiles qui a fait le déplacement en masse pour suivre les deux films.


En effet, «L’Iceberg», projeté en premier lieu est un film qui braque pleins feux sur la vie de Fiona, manager d’un fast-food dans une grande ville. Habitant la banlieue d’une grande ville en compagnie de ses enfants adolescents Jules et Julie, elle a vécu au départ une vie très mouvementée avant de la voir changer d’un cran.


De péripétie en péripétie, elle se lance dans une vie autrement. C’est dans cette quête du bonheur perdu qu’elle s’est trouvée un jour coincée toute une nuit dans la chambre froide d’un fast-food. Ce choc va faire naître chez elle une passion pour le froid, la glace et la neige. Son rêve devient donc le désir de se voir monter sur un immense iceberg. Avec un certain réalisme dans la manière de filmer, les réalisateurs de ce film ont traité leur thème en plaçant le sujet dans sa contextualité historique. Les séquences y sont émouvantes. On peut y voir Fiona quitter ses enfants et son mari le soir pour aller se camper face à la mer avec le seul souci de voir un iceberg. Mais le succès de ce film réside dans le fait que le réalisateur promène sa caméra dans différents endroits. Dans le fast-food, à la maison, au centre-Ville et au bord de la mer. Le film fait intervenir de nombreux acteurs de renom comme Fiona Gordon et Dominique Abel, deux des réalisateurs qui ont interprété leur rôle aux côtés d’autres avec un langage cinématographique des plus recherchés.


«Bab’Aziz», le film tunisien de Nacer Khemir, projeté lors de cette même soirée, invite à une ballade dans un autre monde où le réel se mêle à l’imaginaire dans les différentes séquences. C’est que ce film, d’une durée de 96 minutes, invite à découvrir le monde mystique où Ishtar, une petite fille, s’élance avec un vieux guide «Bab’aziz» à la découverte d’un autre monde. Un monde où le mystique et le sublime se mêlent dans toutes les séquences. Le scénario du film tourne autour de deux silhouettes.


Perdue dans un océan de sable avec son grand-père, elle le guide à la grande réunion des derviches qui a lieu tous les trente ans. Mais pour la trouver, il faut avoir la foi, savoir écouter le silence infini du désert avec son cœur. Leur voyage à travers l'immensité brûlante les amène à la croisée d'autres destins : Osman, qui rêve de retrouver les jeunes femmes découvertes au fond d'un puits. Zaid, dont le chant a séduit une beauté irréelle qu'il a perdue. Et puis, le Prince qui a abandonné son royaume pour devenir derviche.


Un conte ancien que Bab'Aziz rapporte à Ishtar, tandis qu'ils cheminent péniblement dans le sable. Mais le désert est l'ami du derviche et il finira par révéler son secret à Bab'Aziz: le lieu de la réunion. Le vieil homme embrasse sa petite fille une dernière fois avant de la confier à Zaid dans un fantastique kaléidoscope de couleurs et de sons. Pour Bab'Aziz, il est temps de fusionner avec le sable.


Les dernières séquences du film nous embarquent ainsi dans un monde sublime où le réalisateur focalise sa caméra sur des situations percutantes et expressives. Ce long métrage a fait l’objet de plus d’une critique cinématographique positive. Il doit son succès à son caractère authentique et surtout à son approche originale qui conjugue la réalité d’ici et le mysticisme d’ailleurs dans un langage cinématographique des plus recherchés.


 

Ousmane WAGUÉ


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com