France : La contestation s’amplifie





Des centaines de milliers de fonctionnaires ont cessé le travail hier en France et rejoint les cheminots en grève depuis une semaine, marquant un pic dans la contestation des mesures sociales que le président Nicolas Sarkozy juge indispensables pour réformer le pays.


 


Le Quotidien-Agences


Cette journée de grève et de manifestations, à laquelle s'ajoutait la poursuite de la contestation étudiante, était bien suivie au 7ème jour d'un conflit qui a paralysé en partie les chemins de fer et les transports parisiens, entravant les déplacements de millions de Français.


Rejoignant les cheminots, tous les syndicats de fonctionnaires ont appelé à un jour de grève. Un tiers des fonctionnaires d'Etat avaient cessé le travail, selon les chiffres du gouvernement à la mi-journée.


Le mouvement était particulièrement suivi dans l'éducation (900.000 enseignants), avec 39% de grévistes, selon le gouvernement, plus de 60% selon un syndicat. Des écoles sont restées fermées.


Le gouvernement de droite, qui chiffre le coût de la grève à plus de 300 millions d'euros par jour, espère que ce "mardi noir" marquera le point culminant du conflit avant l'ouverture de négociations mercredi dans les transports.


Hier, le trafic à la SNCF (chemins de fer) restait très perturbé, avec environ un TGV (train à grande vitesse) sur deux, comme celui des bus, métros et lignes de trains de banlieue de la région parisienne.


Les journaux étaient absents des kiosques. Des vols ont été annulés ou retardés dans les aéroports parisiens de Roissy et d'Orly.


Plusieurs milliers de manifestants ont défilé en province dans la matinée, avec des banderoles dénonçant "la casse du service public", avant un grand défilé prévu à Paris en début d'après-midi.


Cheminots et fonctionnaires avancent des revendications différentes. Les premiers protestent contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, mesure phare de la volonté de "rupture" de Sarkozy.


Les fonctionnaires (5,2 millions de personnes au total) manifestent contre la suppression de 22.900 postes en 2008, la moitié dans l'éducation, et réclament une hausse des salaires, alors que l'amélioration du pouvoir d'achat était une autre idée force du programme électoral de Sarkozy.


Dans ce contexte l'augmentation récente évaluée à quelque 140% du traitement du président Sarkozy est mal passée.


Une majorité de Français (53% selon un récent sondage) soutient ce mouvement, qui peut agréger les mécontentements car l'opinion est de plus en plus inquiète de la hausse des prix alimentaires, de l'essence ou des loyers.


A l'inverse, la grève dans les transports est impopulaire et le Premier ministre François Fillon a réaffirmé hier qu'il "ne céderait pas" sur l'alignement des régimes spéciaux de retraite sur le régime général, martelant que le pouvoir avait "un mandat" des électeurs pour réformer.


L'agitation touche aussi les universités, où la moitié des 85 universités sont perturbées ou bloquées par des étudiants protestant contre une loi d'autonomie qui conduira selon eux à une "privatisation" de l'enseignement supérieur.


Jusqu'à présent, Sarkozy a parié sur la division des syndicats, sur l'essoufflement de la grève des cheminots - 27% suivaient le mouvement hier, selon la direction des chemins de fer - et l'exaspération des usagers.


"Stop", titrait hier l'édition internet du quotidien Le Parisien, évoquant une journée de "galère supplémentaire".


Sarkozy d'ordinaire prompt à monter en première ligne est resté silencieux ces derniers jours, laissant son gouvernement à la manoeuvre.


Sa cote de popularité s'effrite, même si elle reste au dessus de 50%, et selon les analyses politiques "l'état de grâce" consécutif à son élection en mai est désormais terminé.


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L’économie s’essouffle


 


Le Quotidien-Agences


La grève dans les transports en France commence à peser sérieusement sur l'économie: les chemins de fer ont perdu plus de 100 millions d'euros, le fret n'arrive plus à destination et les Français boudent magasins, restaurants et spectacles.


La ministre de l'Economie Christine Lagarde a estimé lundi que le coût de la grève des cheminots s'élevait entre "300 et 400 millions d'euros par jour".


Première touchée, la SNCF (chemins de fer) a déjà perdu "plus de 100 millions d'euros", selon sa présidente Anne-Marie Idrac. De son côté, la direction de la RATP (transports en commun en région parisienne) assure que la grève sur les retraites lui coûte 4 millions d'euros par jour.


Le fret souffre particulièrement de la grève. Les conséquences sont dramatiques pour nos clients" avec quinze sites industriels proches de "la rupture d'approvisionnement", affirme Oliver Marembaud, directeur général délégué du fret SNCF.


Le leader mondial de l'acier, ArcelorMittal, qui revendique le titre de "premier client de la SNCF", évoque des "wagons perdus, mal orientés, et des délais non respectés".


Le secteur du commerce crie lui aussi à la "catastrophe": la Fédération nationale de


l'habillement évoque une baisse "de 40 à 50%" du chiffre d'affaires. "Du jamais vu depuis mai 68!", s'exclame son président Charles Melcer.


Les grands magasins n'échappent pas à la tendance. La baisse de fréquentation atteint "de 40 à 50%" à Paris, affirme le président exécutif de l'Union du grand commerce de centre-ville.


Les hôtels-restaurants de la région parisienne paient eux un lourd tribut à la grève avec une baisse de la fréquentation entre 20 et 40%.


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La gauche dénonce la «collusion» entre le président et des médias


 


Le Quotidien-Agences


L'opposition de gauche a dénoncé hier la "collusion totale" en France entre le pouvoir et de grands groupes privés, dotés d'empires de presse, après l'annonce par le président Nicolas Sarkozy de la nomination d'un nouveau chef des médias du groupe de luxe LVMH.


"Que Nicolas Sarkozy, non content de nommer là où il a capacité pour le faire, soit maintenant celui qui annonce à des journalistes qui sera leur prochain directeur en dit long sur sa conception même de l'information et du pouvoir", a déclaré le chef du Parti socialiste, François Hollande.


Des responsables du journal économique Les Echos, racheté par LVMH, ont eu la surprise, lors d'un entretien portant sur l'actualité économique et sociale, d'entendre Nicolas Sarkozy leur annoncer en avant-première la nomination prochaine du directeur de la rédaction du quotidien Le Figaro (droite), Nicolas Beytout, à la tête de leur journal et de l'ensemble du pôle média de LVMH. Le PDG de ce groupe, Bernard Arnault, est proche de M. Sarkozy.


Hollande a dénoncé "une collusion totale entre le pouvoir, les entreprises et les groupes d'information".


"C'est un ami de Nicolas Sarkozy, Bernard Arnault qui aujourd'hui reprend le groupe Les Echos, c'est un autre ami de Nicolas Sarkozy, Bouygues, dont on parle maintenant comme pouvant vendre (la chaîne de télévision) TF1 au précédent", a ajouté Hollande, en allusion à des rumeurs sur une possible vente de la chaîne de télévision par le groupe de BTP.


En mai, l'ex-directeur-adjoint de campagne de Sarkozy, Laurent Solly, avait été nommé à un poste de direction de TF1.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com