Carlos Cabral (Entr. E.S.T.) : «Le derby a un goût spécial»





Cela fait à peu près trois mois que l’Espérance a fait appel à un nouveau staff technique composé du coach brésilien, Carlos Cabral, et de son adjoint qui n’est autre que Maher Kanzari qui s’est illustré de la meilleure manière avec l’EN cadette. Depuis leur prise en mains, on sent un certain frémissement du côté des Sang et Or qui ont aligné une belle série positive en championnat, se propulsant à la troisième place du classement en compagnie du CA, leur rival traditionnel qu’il rencontreront dimanche prochain dans un derby toujours passionnant.


Il était donc intéressant de parler avec le coach brésilien et de le sonder sur l’évolution de ses joueurs et sur l’avenir de l’Espérance.


 


M. Cabral, il est toujours problématique de prendre un train en course et une équipe qui a débuté la compétition nationale et s’était fait pratiquement éliminée de la Champions League ?


En tant qu’entraîneur, nous devons toujours essayer de nous adapter au contexte et d’accorder notre travail et notre démarche selon les circonstances. Lorsque nous avons pris en main l’Espérance, elle était en pleine période de transition avec une nouvelle administration et de nouveaux dirigeants. De plus, les résultats n’étaient pas au rendez-vous mais en tant que coach, nous n’allions pas changer les choses du jour au lendemain, d’un coup de baguette magique.


 


Dans quel état avez-vous trouvé l’équipe ?


Deux aspects n’étaient pas au point. D’abord la condition physique des joueurs n’était pas au point. Nous avons constaté que l’état de l’équipe ne pouvait pas lui permettre de tenir la route pendant toute une saison. Ensuite et en second lieu, nous avons trouvé des joueurs abattus sur le plan psychologique. Nous avons donc œuvré à combler ces deux lacunes et nous avons été plutôt servi par le hasard puisque le calendrier prévoyait quelques petites trêves qui nous ont permis de procéder à quelques améliorations.


 


Vous avez disputé sept matches à la tête de l’Espérance. Comment analysez-vous ce parcours ?


Je pense qu’au vu des circonstances citées auparavant, on peut dire qu’il s’agit de bons résultats. En effet et après sept rencontres, nous avons grimpé à la troisième place, un classement qui sied mieux au prestige du club, et avons récolté quatre victoires et trois nuls dont deux à l’extérieur. Globalement, c’est assez satisfaisant.


 


Estimez-vous que l’équipe actuelle possède les moyens de disputer sérieusement le titre ?


Je pense qu’il est encore prématuré de parler de titre à l’heure actuelle. Mais nous sommes en train de construire une équipe qui sera capable de figurer aux avants postes et de postuler pour les titres. Dans un futur très proche, je crois que l’Espérance aura un ensemble qui occupera de nouveau le devant de la scène et sera digne du renom et de la réputation du club.


 


Que pensez-vous de l’effectif qui est à votre disposition et comment allez-vous procéder pendant le Mercato d’hiver ?


Nous avons déjà procédé à un resserrement de l’effectif. Nous allons continuer dans cette voie en privilégiant la qualité à la quantité. Pendant le Mercato, nous essaierons de cibler les postes à pourvoir et les joueurs que nous souhaitons avoir dans notre effectif.


Qu’est ce qui manque encore à votre équipe ?


Depuis ma venue à l’Espérance, j’ai trouvé des joueurs qui travaillent avec beaucoup d’abnégation et de sérieux. Nous sommes tous tourné vers la réalisation des objectifs du club. On essaie de soigner tous les aspects du jeu y compris les plus petits détails. Après cette brève période de travail, je pense que l’équipe évolue à un bon niveau. Je considère que l’on peut faire nettement mieux et que le niveau atteint n’est pas définitif ou le meilleur possible. Car à l’Espérance, on regarde toujours devant nous pour aller de l’avant.


 


A quel(s) poste(s) souhaitez-vous des renforts ?


Nous souhaitons progresser dans tous les domaines et à tous les postes. Je n’aime parler des individualités car le football est un sport collectif, et toute l’équipe est responsable de la victoire ou de la défaite. Si je dois parler d’un seul joueur, je dois le faire pour tous les autres. Je laisse ce soin aux supporters ou aux journalistes. Par exemple lors du match de Monastir, j’ai changé trois joueurs par rapport à notre précédent match, mais les gens n’ont parlé que d’un seul joueur. En tous les cas et pour avancer, nous cherchons toujours le meilleur à chaque poste. Si nous nous sommes améliorés avec les joueurs qui sont déjà avec nous, c’est une bonne chose ; et en football, comme dans tous les domaines, nous choisirons les meilleurs pour continuer à progresser.


 


Comment avez-vous trouvé les conditions de travail à l’Espérance ?


J’ai trouvé et je vis à l’intérieur d’un club ayant des structures et une administration professionnelles. Les gens avec qui je travaille sont de fins connaisseurs, disponibles et rigoureux. Les terrains d’entraînement sont dans un excellent état et les conditions globales très bonnes. En outre, l’ambiance est excellente et toutes les parties composantes du club sont animées d’une grande ambition et travaillent d’arrache pied pour permettre à l’Espérance d’être à sa véritable place, c’est-à-dire au sommet.



Que pensez-vous de la qualité du championnat de Tunisie de la L1 ?


C’est une compétition de très bonne qualité sur tous les plans. Nous devons nous préparer très sérieusement et avec minutie à tous nos matches d’autant plus que tous les joueurs et toutes les équipes veulent briller devant l’Espérance. En plus, notre série positive a beaucoup motivé nos adversaires qui se donnent à fond pour nous battre. Toutes les équipes que nous avons rencontré jusque là sont bonnes et nous ont offert une forte opposition.


 


Et la mentalité des joueurs ?


Là je ne peux parler que des joueurs de l’Espérance que je commence à bien connaître. J’ai constaté qu’ils sont consciencieux, sérieux et disponibles. Je suis plutôt satisfait de leur comportement.


 


Est-ce que vous pensez que votre message passe bien auprès des joueurs et est-ce que l’handicap de la langue est difficile à surmonter ?


Non, je ne pense pas que la langue constitue un handicap insurmontable. Jusque là, je n’ai rencontré aucun problème de ce côté-là et je ne l’ai pas senti chez les joueurs qui semblent comprendre tout ce que je leur demande. Vous savez, le langage du football est unique et universel.


 


Que pensez-vous de l’équipe nationale de Tunisie ?


Si on se réfère aux résultats, l’équipe de Tunisie figure parmi les meilleures en Afrique. Elle a été présente aux trois dernières coupes du monde, se classe régulièrement dans le carré d’as en coupe d’Afrique des nations et cela contrairement à d’autres équipes africaines qui se caractérisent par leur irrégularité. Je pense que cela constitue la meilleure réponse à tous ceux qui peuvent douter de la qualité du football tunisien.


 


Dimanche se profile le derby de la capitale contre le CA. Ce sera votre premier derby avec l’Espérance. Comment allez-vous l’aborder ?


Partout dans le monde, le derby reste un match très spécial particulièrement pour les supporters qui le ressentent différemment. Tout dans ce genre de matches, que ce soit à Rio, à Milan ou à Madrid, l’atmosphère et les circonstances sont spéciales. Car la rivalité est très forte. Pour nous autres entraîneurs, il s’agit d’un match comme les autres. Une victoire ne nous permet pas d’obtenir six points au classement mais trois points comme pour les autres matches. Mais sur le plan psychologique, il s’agit d’une rencontre qui présente un caractère spécial et j’espère que dimanche mes joueurs seront pour disputer un match de haut niveau.


Je souhaite aussi que cette rencontre se déroulera dans un bon esprit et dans une ambiance sportive sur et en dehors du terrain.


 


Quel avenir pour Cabral à l’Espérance?


N’importe quel entraîneur au monde, quelque soit son nom sait d’avance que seuls les résultats comptent. Le plus important est de gagner le prochain match. Parler don d’avenir ou du futur de Cabral avec l’Espérance est difficile. Parfois, pour ne pas dire souvent, l’avenir d’un entraîneur se résume à quatre vingt dix (90) minutes…


 


Quel message souhaiteriez-vous adresser aux supporters de l’Espérance ?


Je leur dis que l’équipe, les joueurs et d’une manière générale le club ont toujours besoin des supporters. Leur présence massive et en très grand nombre pendant les matches est très importante car elle motive l’équipe au plus haut point. Je leur dis simplement que nous travaillons inlassablement durant toute la semaine pour les contenter et les rendre heureux chaque dimanche. Et leur soutien constitue une inestimable stimulation pour les joueurs lorsqu’ils sentent qu’ils sont nombreux à être derrière eux…


 



ABDELLATIF




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com