Crise nucléaire iranienne : Téhéran «continuera à résister»





Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré hier que l'Iran "ne fera aucune concession" sur son programme nucléaire, alors que le responsable nucléaire, Saïd Jalili et le diplomate en chef de l'UE Javier Solana affichaient leur optimisme avant une rencontre prévue la semaine prochaine.


 


Le Quotidien-Agences


"Ils (les Occidentaux) veulent obtenir ne serait-ce qu'une petite concession", a déclaré le président Ahmadinejad lors d'un rassemblement populaire à Ardébil (nord).


"Ils doivent savoir que le peuple iranien qui a résisté jusque là, continuera à résister et ne fera aucune concession contraire aux règles internationales", a ajouté le président iranien.


Il a expliqué que si l'Iran faisait la moindre concession, les pays occidentaux "ne s'arrêteront jamais" et "menaceront l'Iran pour obtenir de nouvelles concessions".


Cette déclaration intervient alors que le principal négociateur nucléaire iranien Saïd Jalili et le diplomate en chef européen Javier Solana doivent se rencontrer la semaine prochaine, avant un rapport crucial de Solana.


"La rencontre aura lieu la semaine prochaine, mais le jour exact et le lieu de la rencontre ne sont pas encore fixés", a déclaré hier un responsable du bureau de Jalili ayant requis l'anonymat.


Selon l'agence semi-officielle Mehr, la rencontre Solana-Jalili pourrait avoir lieu le 26 novembre.


Solana a émis l'espoir hier que les négociateurs iraniens sur le nucléaire "trouveraient le temps" de le rencontrer cette semaine, avant le rapport qu'il doit faire fin novembre aux six grandes puissances sur la volonté de Téhéran ou pas de considérer leur offre.


Ce rapport, ainsi que celui publié par Mohamed ElBaradaï, directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), seront déterminants pour l'adoption éventuelle d'une troisième série de sanctions contre Téhéran au Conseil de sécurité de l'ONU.


L'AIEA a estimé jeudi que l'Iran avait fait des "progrès substantiels" pour révéler la nature et l'étendue de son programme nucléaire controversé, mais que cela restait "insuffisant".


Mais Solana n'a pas voulu spéculer sur la disposition des Iraniens à suspendre leurs activités d'enrichissement d'uranium, comme le leur demande la communauté internationale, qui craint qu'elles n'alimentent un programme de fabrication de l'arme atomique. Ce que Téhéran a toujours démenti.


Hier, Téhéran a également annoncé mercredi le report de quelques jours d'une rencontre prévue le même jour à Rome entre Javad Vaïdi, un adjoint de Jalili, et Robert Cooper, un conseiller de Solana.


"La rencontre aura lieu dans quelques jours", a déclaré une source au Conseil suprême de la sécurité nationale ayant requis l'anonymat.


"Nous sommes en train de discuter pour fixer la date et le lieu de la rencontre", a-t-on ajouté.


Le groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) a demandé depuis juin 2006 à l'Iran de suspendre son enrichissement d'uranium en échange d'une coopération politique et économique.


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Bush se réserve l'option militaire, mais nuance sa rhétorique


 


Le président George W. Bush a répété que toutes les options, y compris militaire, restaient disponibles face au défi nucléaire iranien, tout en essayant de tempérer ses propres propos sur le risque d'une Troisième Guerre mondiale avec un Iran doté de la bombe atomique.


"Je crois qu'il est très important que nous cherchions à atteindre nos objectifs par la diplomatie. Je sais aussi qu'il est très important que toutes les options restent sur la table, et elles restent sur la table", a dit Bush à ABC News.


"Oui, monsieur", a-t-il répondu au journaliste qui lui demandait si cela incluait l'option d'un recours à la force.


"Mon objectif, c'est de résoudre ce problème par la diplomatie, et j'en ai pleinement l'intention, et je crois que nous pouvons y parvenir. Mais la diplomatie n'est efficace que quand toutes les options sont disponibles pour un président, et toutes les options sont disponibles", a-t-il déclaré selon une retranscription de l'entretien publiée par avance par la chaîne de télévision.


Dans le même temps, Bush s'est employé à minimiser ses déclarations du 17 octobre selon lesquelles il fallait empêcher l'Iran d'acquérir le savoir-faire pour construire la bombe atomique "si vous voulez éviter la Troisième Guerre mondiale". Ces propos ont ajouté aux craintes d'une attaque américaine contre l'Iran, dont le régime refuse de suspendre ses activités nucléaires les plus sensibles.


"J'ai dit: si vous voulez éviter la Troisième Guerre mondiale", a insisté Bush. Il a invoqué les déclarations du président iranien Mahmoud Ahmadinejad selon lesquelles Israël devait être "rayé de la carte".

"En ce qui me concerne, une attaque contre Israël entraînerait les Etats-Unis dans une très grave conflagration au Proche-Orient. En tout cas, sous ma présidence", a dit Bush.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com