France-grève des transports : Ouverture de négociations sur fond de craintes de dérapage





A la veille de négociations cruciales, le président Nicolas Sarkozy a rappelé sa détermination à ne "pas céder" sur la réforme des régimes spéciaux de retraite au cœur du conflit, appelant à une reprise rapide du travail.


 


Le Quotidien-Agences


Des négociations entre syndicats, gouvernement et entreprises se sont ouvertes hier en France pour sortir de la grève dans les transports, entrée dans sa deuxième semaine, alors que des actes de vandalisme dans les chemins de fer soulignaient les risques de dérapage.


Les discussions, qui pourraient durer un mois, ont commencé hier matin à la RATP (métro parisien) et  l'après-midi à la SNCF (chemins de fer).


Parmi les mesures envisagées, des augmentations de salaire ou la création de retraite complémentaire pourraient compenser l'allongement de la durée de cotisations de 37,5 à 40 ans, une mesure sur laquelle le gouvernement refuse de revenir.


En dépit d'une légère amélioration à la SNCF, le trafic restait toujours perturbé hier dans les trains ainsi que dans le métro parisien, au grand dam des usagers des transports, fatigués et souvent exaspérés par huit jours consécutifs de grève.


Selon les prévisions, 400 TGV sur 700 devaient circuler, mais seulement quelques trains de banlieue à Paris.


Le trafic des TGV a été touché dans la matinée par des actes de vandalisme sur les voies qui ont bloqué des trains et alourdi le climat.


Sarkozy a demandé à la ministre de la Justice Rachida Dati et sa collègue de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie "de mener le plus rapidement possible toutes les enquêtes et que les coupables soient punis avec la plus extrême sévérité".


La direction de la SNCF a dénoncé une "action coordonnée de sabotage", comme des incendies de câbles ou la fermeture de commutateurs de signalisation, visant à "contrer la reprise observée des trafics".


Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, a condamné des "exactions graves".


Les syndicats, notamment la CGT (majoritaire) à la pointe de la mobilisation, a dénoncé des "actes inqualifiables commis par des lâches".


La question désormais est de savoir si les syndicats, qui participent tous, à une exception près, aux négociations, appelleront à la reprise du travail à l'issue de ces premiers tours de table dans les entreprises.


"Il faut savoir terminer une grève", a lancé avant-hier Sarkozy en paraphrasant le leader communiste Maurice Thorez en 1936.


Le président sait qu'il dispose de l'appui d'une majorité de Français — 68% jugent que la grève n'est pas justifiée, selon un dernier sondage hier —, mais l'opposition socialiste l'a mis en garde contre une "crise profonde" dans le pays.


"Le mouvement social est plus enraciné" que le chef de l'Etat ne le pense, a ainsi estimé le numéro 2 du Parti socialiste (PS) François Rebsamen.


Des centaines de milliers de fonctionnaires s'étaient mis en grève mardi, notamment dans l'éducation, pour protester contre des suppressions de postes et la baisse de leur pouvoir d'achat.


Leur mouvement, soutenu par une majorité de Français contrairement à celui dans les transports, s'est accompagné de manifestations dans tout le pays. Sarkozy en a tenu compte en promettant des "initiatives pour répondre à l'angoissante question du pouvoir d'achat, de la croissance et de l'emploi".


La présidente du patronat français, Laurence Parisot, a de son côté qualifié la grève dans les transports de "catastrophe", et de "séisme" aux conséquences "extraordinairement dommageables". Elle a jugé son coût économique "probablement gigantesque".

La ministre de l'Economie Christine Lagarde avait évalué en début de semaine que la grève coûtait "entre 300 et 400 millions d'euros par jour" à l'économie du pays.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com