«Chroniques tunisiennes» : Lombardo et son carnet de voyage





«Chroniques tunisiennes», tel est le titre d’un nouvel ouvrage que vient de publier Salvatore Lombardo. Ce livre est un nouveau témoignage de l’auteur sur ses amis et pour la Tunisie, mais également un carnet de voyage revivifiant les souvenirs du pays, ses atouts culturels et touristiques.


 


Salvatore Lombardo n’est ni un simple chroniqueur errant et non plus un historien des temps modernes ordinaire mais un surtout témoin oculaire. Dans cet ouvrage, il témoigne, restitue les événements dans leur contextualité, relate les faits et émet des constats. Cette démarche il l’a adoptée de prime abord dans «Chroniques tunisiennes», sous-titré «Les vingt ans du Printemps» présenté récemment à l’occasion du XXème anniversaire du Changement.


Au début de ce livre, Salvatore Lombardo récapitule les événements politiques qui se sont déroulés entre 1956 et 2006 au pays d’Abou El Kacem Chebbi, en qualifiant cette période des «Cinquante ans d’une liberté».  Une liberté au sens où la Tunisie, selon l’auteur, s’est battue pour son indépendance, en se libérant du colonialisme sans toutefois tomber dans les sempiternels clichés nationalistes ou se soumettre aux contingences néocoloniales d’un Occident sans mémoire et a su se forger une voie moderne d’un développement à la tunisienne. 


En effet, pour mieux expliciter l’expérience tunisienne, tant au sens diachronique que synchronique, il a fouillé dans ses propres mémoires de voyage. «J’ai parcouru des pays aussi poignants que le Yémen, la Syrie, la Jordanie, le Maroc, l’Algérie ou l’Afghanistan….La Tunisie, plus encore que mon cher Liban apporte consistance au grand rêve islamique de résurgence». En effet, et au-delà de ce constat comparatif,   l’auteur nous plonge dans des clichés descriptifs et des rapprochements entre des cas d’événements ayant changé la vie des peuples et il en fait de la Tunisie un exemple percutant.


En évoquant le grand poète touareg, Rhissa  Rhossey, l’auteur du livre affirme qu’il parle de la Tunisie qui, selon lui, a pu se forger une liberté. «Une terre de libre liberté. Non pas la France ou l’Italie, mais la Tunisie….», a souligné Salvatore Lombardo. L’auteur a cité, par ailleurs, dans son ouvrage de nombreux écrivains tunisiens qui ont abondé dans le même sens.


Toujours dans un souci de montrer la Tunisie et ses atouts culturels et touristiques, l’auteur a cité Lassaâd Metoui qui a parlé de Gabès, de Médenine et de Ksar Ghilane. «Lui a décrit ses méharées folles vers Chenini. Et enluminé verbalement ses cultures vivrières des gens de Matmata, avec les jessours, les petits barrages en terrasse édifiée…», rapporte l’auteur italien. Mais dans ce nouveau livre sur la Tunisie, Salvatore Lombardo ne se contente pas des seuls écrits poétiques sur certains endroits de la Tunisie, il s’est évertué, à son tour, à décrire des localités comme Tozeur avec son architecture cinétique, ses diadèmes de briques claires, ses centaines de milliers de palmiers dattiers et ses horizons anciens. L’auteur d’«Un printemps tunisien», n’a pas manqué de souligner ses souvenirs du Kef d’où est originaire Mohamed Tlili.


Dans une série de descriptions, il s’est arrêté sur Gafsa en parlant de ses formidables gisements de phosphate, de sa mélancolique médina. Il évoque   l’attaque militaire dont a été victime cette ville au temps colonial par les français et qui fut alors repoussée par des militaires tunisiens soutenus par les populations locales. «Moi j’aime Gafsa. Pour cette capacité de résistance, pour ce désir de culture, pour cette probabilité élevée de victoire, pour Mohamed Gammoudi et Hamida Wahada», avoue sans ambages l’auteur des «Chroniques tunisiennes». Il évoque également dans cet ouvrage, Monastir à travers son personnage leader Habib Bourguiba, père de l’indépendance tunisienne. Il s’attarde longuement sur Hammam-Sousse, ville natale de l’artisan du Changement, le Président  Zine El Abidine Ben Ali, dont il dit de lui qu’il a gardé «une attitude détachée qui ne doit rien à la posture traditionnelle des politiques, mais tout à la personnalité attachante — et d’autant plus impressionnante— d’un homme n’ayant jamais vraiment rien recherché d’autre que la victoire de la Tunisie sur elle-même». Au passage, l’auteur invite aussi à un safari nostalgique des plus émouvants et des plus nostalgiques à Chott Eljerid, mais aussi à Tataouine. Et de retour à Tunis, il qualifie ce voyage comme une sorte d’escapade et, encore plus, un itinéraire qui l’incite à marcher et davantage à la redécouverte de La Marsa, Gammarth et la Médina de Tunis et ses espaces culturels, y rencontrer ses amis, et hommes de culture, à l’instar de Syhem Belkhodja, Mohamed Driss, Férid Boughdir, Samia Ben Khelifa. Dans ses dernières visites évoquées dans ce livre, l’auteur immortalise aussi le Cimetière de Sidi Bou, revient sur certaines de ses retrouvailles, notamment celle avec son ami Mohamed El Aziz Ibn Achour, l’actuel ministre de la culture et de la Sauvegarde du Patrimoine, son voyage à Kairouan, la mystique quatrième ville sainte de l’islam après la Mecque, Médine et Jérusalem. Une ville qu’il décrit longuement dans ses spécificités mystiques, son rayonnement culturel, avant de revenir,  dans les dernières pages de ce petit ouvrage, sur ses importantes rencontres avec  de grands personnages comme le commandant Massoud, l’Afghan, Yasser Arafat, Michel Aoun, Hugo Chavez . «Chroniques tunisiennes» est un livre qu’on peut réduire à un carnet de voyage itinérant dans le quel l’auteur italien a rassemblé ses mémoires et le récit de ses rencontres avec des grands hommes de notre époque d’une part et ceux d’autre part qui ont fabriqué l’histoire contemporaine de la Tunisie. Il y met aussi en exergue ses atouts culturels, ses spécificités touristiques et surtout son rayonnement culturel à travers les siècles. 


 


Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com