A quatre jours d’Annapolis : Le flou persiste





A quatre jours de la réunion d'Annapolis censée lancer en grande pompe des négociations de paix, Israéliens et Palestiniens sont toujours incapables de s'entendre sur une plate-forme commune.


 


Le Quotidien — Agences


Le journal israélien Haaretz a pour la première fois publié hier une copie du projet d'un document commun négocié depuis plusieurs semaines, qui révèle un fossé persistant entre les positions des deux camps.


Selon le document, dont le journal reproduit une copie, les Palestiniens souhaitent qu'un traité de paix soit conclu dans un délai de huit mois ou d'ici la fin du mandat du président américain George W. Bush, en janvier 2009.


"Pas d'accord sur le calendrier", indique une annotation de la délégation israélienne sur le texte daté du 17 novembre.


Des divergences portent aussi sur "les termes de référence" des futures négociations, notamment l'initiative de paix arabe réactivée en mars dernier que les Palestiniens souhaitent inclure.


Les Palestiniens s'opposent en outre à ce que le texte fasse référence à Israël comme "la patrie du peuple juif", ce qui reviendrait à renoncer au droit au retour des réfugiés palestiniens poussés à l'exil lors de la création de l'Etat hébreu en 1948.


Même le libellé du texte fait l'objet de désaccords, les Palestiniens parlant d'un "document commun" et Israël préférant la formulation "déclaration commune".


Le texte a été rédigé par des négociateurs israéliens et palestiniens lors d'une rencontre dans un grand hôtel d’Al Qods occupée.


Il n'aborde pas explicitement les questions clés au coeur du conflit, comme les frontières, les colonies, les réfugiés et le sort d’Al Qods occupée.


La réunion d'Annapolis, qui aura lieu le 27 novembre près de Washington, est censée relancer les négociations en vue de la création d'un Etat palestinien indépendant.


Les Etats-Unis ont invité plusieurs dizaines de pays, institutions et acteurs clés du processus de paix au Proche-Orient à cette conférence, voulue par Bush afin de débloquer le processus de paix au Proche-Orient, dans l'impasse depuis plus de sept ans.


Un responsable palestinien parlant sous couvert de l'anonymat a confirmé l'authenticité du texte publié par Haaretz, tout en affirmant que les "choses ont évolué" depuis le jour où il a été rédigé.


Selon le négociateur palestinien Saeb Erakat, les discussions entre les équipes chargées de rédiger le document connaissent "de grandes difficultés".


"Les réunions se sont poursuivies jusqu'à l'aube (jeudi) sans aboutir à un accord en raison de grandes difficultés. Les discussions pourraient se poursuivre à Washington à la veille d'Annapolis", a-t-il dit.


Les Palestiniens, échaudés par l'échec des accords israélo-palestiniens passés dont ceux d'Oslo sur l'autonomie, exigent avec insistance une date butoir pour parvenir à un traité de paix.


 


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Pour attirer les pays arabes à la réunion : Washington aurait fait des concessions


 


Le Quotidien — Agences


Les Etats-Unis ont fait de nombreuses concessions pour attirer les pays arabes, notamment l'Arabie Saoudite et la Syrie, à la conférence d’Annapolis.


Alors que les Etats-Unis voulaient limiter la réunion internationale de paix de mardi prochain à un soutien public de certains alliés clés aux négociations bilatérales entre Israéliens et Palestiniens, ils ont dû élargir le champ des discussions pour satisfaire aux exigences de plusieurs pays arabes, notamment l'Arabie Saoudite.


La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, l'a reconnu : c'est pour obtenir à Annapolis "le plus large soutien arabe possible", que les Etats-Unis ont décidé que la conférence internationale de paix  ne se limiterait pas au dossier israélo-palestinien. "Il est très clair pour tout le monde que cette réunion est consacrée aux Israéliens et aux Palestiniens. C'est le volet qui est le plus sûr et sur lequel on peut avancer", a-t-elle indiqué.


"Mais personne ne nie qu'il va falloir un jour résoudre le volet israélo-syrien, le volet israélo-libanais, et qu'en fin de compte, il faudra qu'il y ait une normalisation des relations entre Israël et le monde arabe", a-t-elle ajouté.

L'Arabie Saoudite, un des principaux bailleurs de fonds des Palestiniens et une puissance influente dans l'ensemble du monde musulman, n'a toujours pas confirmé sa participation à cette conférence qui doit être précédée d'un dîner lundi soir au département d'Etat.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com