C’est confirmé : Musharraf pour un second mandat, «en civil»





La Cour suprême du Pakistan, complètement remaniée sous l'état d'urgence, a rejeté hier un ultime recours de l'opposition, ouvrant la voie à la proclamation officielle du deuxième mandat du chef de l'Etat, le général Pervez Musharraf, en tant que "président en civil" cette fois.


 


Le Quotidien-Agences


Le chef de l'Etat pakistanais, le général Pervez Musharraf, devrait prêter serment, en tant que "président en civil", au début de la semaine prochaine, a annoncé un de ses proches, après la validation par la Cour suprême hier de la légalité de sa réélection le 6 octobre.


Il faut attendre que la Cour suprême transmette son jugement par écrit à la Commission électorale, seule habilitée à valider les résultats de la présidentielle, qui seront ensuite proclamés par le ministère de l'Intérieur, a expliqué Malik Mohammad Qayyum, le procureur général du Pakistan, dont les fonctions consistent à être le principal avocat du gouvernement.


Auparavant, Musharraf aura sans doute démissionné de son poste de chef des armées, ce qu'il a promis de faire à de nombreuses reprises, mais dès qu'il serait officiellement réélu.


Il aura cédé en cela aux intenses pressions de la communauté internationale, en particulier de Washington, qui souhaitait un "retour à la démocratie" avec un "président en civil", mais pas complètement à celles de l'opposition, qui réclame toujours la levée de l'état d'urgence décrété par Musharraf il y a près de trois semaines, afin de garantir que les législatives annoncées pour le 8 janvier soient  réellement "libres et équitables".


Le général Musharraf, au pouvoir depuis un coup d'Etat il y a huit ans mais confirmé dans les fonctions de président en 2002 par le Parlement, avait été réélu triomphalement le 6 octobre au suffrage indirect des assemblées nationales et provinciales sortantes, qui lui étaient tout acquises.


Il devrait démissionner de son poste de chef d'état-major des armées très rapidement, avant de prêter serment ce week-end, assure son entourage.


Depuis quelques jours, sous la pression essentiellement de Washington, dont il est l'allié-clé dans sa "guerre contre le terrorisme" et qui est son principal pourvoyeur de fonds, le général-président lâche du lest : il a annoncé une date ferme pour les législatives, réitéré sa promesse de quitter l'uniforme et fait libérer, ces tout derniers jours, plus de 5.000 avocats, magistrats, membres d'organisation de défense des droits de l'Homme et de partis d'opposition arrêtés ou assignés à résidence en vertu de l'état d'urgence.


Mais il n'a pas cédé sur la levée de la loi d'exception, toujours réclamée par la Maison blanche, même si c'est de manière moins insistante depuis qu'elle loue ces derniers assouplissements.


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L'opposition plus divisée que jamais


 


L'opposition au Pakistan, très divisée, tente de se rassembler contre Musharraf, dans la perspective des législatives du 8 janvier que certains veulent boycotter, un dilemme des plus délicats pour Benazir Bhutto.


Pressée par d'autres mouvements, cette dernière, qui a été par le passé Premier ministre, tarde à annoncer si son Parti du Peuple Pakistanais (PPP) participera ou non à un scrutin dont elle répète pourtant à l'envi qu'il sera truqué si le général Musharraf ne lève pas d'ici-là l'état d'urgence imposé il y a trois semaines.


Un de ses responsables a assuré hier que la décision n'était pas encore prise.


"Nous voulons aussi que la décision d'un éventuel boycottage soit une décision collective de tous les partis de l'opposition, pour qu'elle soit plus efficace", ajoute-t-il, sous le couvert de l'anonymat.


C'est précisément ce que réclament également les mouvements qui attendent un positionnement "clair" de Mme Bhutto, au premier rang desquels le parti de son rival des années 1990, l'ex-Premier ministre en exil Nawaz Sharif.

La suspicion règne au sein de l'opposition, en particulier à l'égard de Bhutto qui négociait, avant l'état d'urgence, et même quelques jours après encore, un accord de partage du pouvoir avec le général Musharraf dans la perspective des législatives.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com