J.T.C. 2007 : Une participation record du théâtre tunisien





La nouvelle session des Journées Théâtrales de Carthage (JTC) animera les espaces culturels tunisiens dans quelques jours.


Une édition qui s’étalera du 30 novembre au 8 décembre et que son directeur, Mohamed Driss, compte placer sous le signe : « Le théâtre, une volonté de vivre, de Chebbi à Derouiche ».


Raison pour laquelle d’ailleurs le programme de cette treizième édition, divers et varié, a été focalisé sur le renforcement de la participation tunisienne et l’ouverture sur l’étranger.   


 


D’emblée, Mohamed Driss a évoqué, lors d’une rencontre de presse, tenue au siège de l’ATCE, les préparatifs du Comité directeur, placé sous la direction du ministre de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine, lesquels ont commencé depuis le mois de juin dernier et qui se sont poursuivis jusqu’à nos jours.  Il a insisté sur le choix de l’emblème de cette manifestation qui entre, selon Mohamed Driss, dans le cadre d’une volonté de transformer et de tenir compte de la dynamique de la création théâtrale tunisienne et du quatrième art, en général, à l’échelle internationale.


Sur un autre plan, note le directeur des JTC, pour rester fidèle à l’esprit de cette manifestation, des grands poètes qui ont fait de la volonté leur cheval de bataille seront honorés à travers cette session qui sera placée de manière fort significative sous le signe : « Le théâtre, une volonté de vivre, de Chebbi à Derouiche ». Le choix d’Abou El Kacem Chebbi résulte du fait qu’il est l’un des rares poètes universels à avoir tenu tête à l’impossible. Sa poésie refuse le désespoir et prône la volonté de vivre. S’agissant de Mahmoud Derouiche, un autre poète universel, il est, aujourd’hui, l’un des symboles vivants des peuples militants pour la liberté et partant, il s’agit d’affirmer cette volonté de vivre dans le théâtre arabe, a précisé au passage Mohamed Driss. 


S’agissant de la sélection des pièces de théâtre, il a souligné qu’elle a été effectuée, compte tenu des différents genres théâtraux, de leurs spécificités et surtout de leur public. Et de noter que la représentativité des pièces théâtrales tunisiennes ainsi que celles des pays invités a été effectuée de façon à que cette session puisse donner une place confortable aux créations théâtrales tunisiennes d’une part et à faire garder aux JTC, d’autre part, leur esprit d’ouverture à l’étranger et aux créations des pays frères arabes et d’Afrique ainsi que les amis de la Méditerranée, d’Europe et d’ailleurs.  


 


25 créations tunisiennes au rendez-vous


Selon le directeur des JTC, le théâtre tunisien enregistre un record de participation à cette session avec 25 pièces. Cette présence traduit les progrès remarquables enregistrés tout au long des 20 dernières années. « Une heure et demie après moi », « Mariage Factice », « Art » « Antigone » et autres créations théâtrales tunisiennes parmi les plus connues seront ainsi au rendez-vous aux cotés de « Un Loup pour l’Homme » de France, « Adel Karanov » d’Italie, « Ubu BUUR » de l’Italie et du Sénégal, entre autres.


Au total, pour cette session 41 pièces et 63 représentations sont programmées. Les travaux proviennent de 10 pays arabes et 6 pays étrangers, dont 4 pays occidentaux et deux pays africains. La participation maghrébine a été renforcée, lors de cette session, ce qui permet de découvrir les dernières évolutions de l’expérience théâtrale dans notre région. Lors de cette édition, il est attendu aussi pas moins de 538 participants dont 329 artistes répartis, entre metteurs en scène et directeurs de maisons de théâtre. Parmi les illustres invités, on cite notamment les deux acteurs syriens Jamel Suleiman et Soulaf Fawakharji, le poète palestinien Mahmoud Derouiche, l’acteur Assad Foudda. Des hommages seront également rendus à ces derniers ainsi qu’aux figures de proue du monde du théâtre et de la culture en Tunisie, à l’instar de Moncef Souissi, Fadhel Jaibi, entre autres. Il y’aura également une forte participation de jeunes créateurs à la présente session. Ce qui constitue en soi un espoir pour  la nouvelle génération qui propose un théâtre moderniste sur les plans de la forme et du contenu.


Ainsi, la présence féminine est un autre point fort de cette session qui compte seize travaux signés par des femmes arabes, que ce soit en tant qu’auteurs ou metteurs en scène. S’agissant des espaces des JTC, ils  sont situés, pour la plupart, au cœur de la capitale, ce qui facilite la mobilité des festivaliers et du public et fournit plus d’occasions de rencontres et de débats dans un cadre chaleureux d’amitié et de fraternité. Cette session qui s’étalera sur 9 jours met, aussi, l’accent sur la relation intime et sur cette solidarité indéfectible entre les arts en faisant place à un programme parallèle riche et varié dans divers secteurs de la création artistique. Cette édition mettra également en évidence des expériences provenant de pays actuellement traversés par les courants de division et d'instabilité comme l’Irak et la Palestine. 


La nouvelle session atteste, sans aucun doute, du fait que le théâtre est une activité primordiale même dans les contextes les plus difficiles à l’instar de ce qui se passe en Irak et en Palestine. Coté rencontres parallèles, les JTC seront aussi marquées par des rencontres, des stages, une exposition, des récitals poétiques et des concerts. Parmi ces rencontres parallèles on cite notamment des soirées poétiques et des débats  avec les auteurs, des ateliers de master classe, entre autres. Cette session des JTC a nécessité un budget qui frôle le million de dinars. Comme à l’accoutumée, l’organisation a mobilisé des partenaires comme  l’Institut Français de Coopération, la Ville de Tunis,  Ennejma Ezzahra, l’Institut Culturel Italien aux côtés du ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine.


 


Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com