«Les politiques de développement culturel» : Pour le plaisir de la rencontre des cultures !





Hier, au siège de l’Institut supérieur de musique, s’est tenue la 3ème Conférence internationale de Tunis sur «Les politiques de développement culturel».


 


Le même groupe d’intellectuels entre artistes et universitaires s’est retrouvé, encore une fois, autour de ladite «Conférence internationale de Tunis sur les politiques de développement culturel». Ce groupe, rappelons-le, a organisé depuis 1999 des dizaines de colloques, séminaires, congrès, symposiums sur divers sujets liés au dialogue des cultures: «économie de la culture», «L’analyse musicologique», «Les arts d’Afrique», «Les cultures de l’homme», «Les nouvelles technologies de la culture», «Identités culturelles», etc.


Quant à la troisième session de la «Conférence internationale de Tunis…», elle se veut, dans sa version 2007, une manière d’examiner l’approche méditerranéenne sur les politiques de développement culturel.


Les intervenants de la première partie de la rencontre d’hier matin ont brossé un tableau riche des sens que l’on pourrait donner à «une politique culturelle euroméditerranéenne».


A commencer par François de Bernard, le coordinateur de la première séance, mais aussi le Président du GERM (Groupe d’études et de recherches sur les mondialisations), enseignant à l’université Paris 8 Saint Denis et consultant dans le domaine des industries culturelles. Le conférencier a donné une communication où il a élucidé la «nouvelle donne européenne et euro-méditerranéenne» en matière de politique culturelle depuis la publication en mai 2007 de l’Agenda de la culture.


De Bernard explique, entre autres, en invoquant le sens de nombreuses citations que l’Europe est avant toute chose, culture. «L’Europe est culture ou ne l’est pas». Les arts plastiques, la musique et toutes les formes d’art unissaient l'Europe avant les intérêts politiques.


L’intervenant a, par la suite, cédé la parole à Jean Digne, président du Musée de Montparnasse, ancien directeur de l’Association française d’action artistique à Paris qui a étudié les nouvelles formes de la coopération culturelle en Méditerranée. Selon lui, la Méditerranée est «un laboratoire de la spécificité des autres… une sorte de rencontre entre des rives multiples». Cet espace est, ainsi étant, un vivier actif et interactif pour la rencontre entre les peuples du monde. L’intervenant s’est attardé par la suite sur l’explication du terme de la «coopération» qui, selon lui, ne renvoie pas au véritable but de l’échange entre les peuples. A ce terme qu’il trouve rébarbatif, il préfère le concept de «correspondance». «C’est un terme plus subtile et plus poétique», dit-il pour parler de la rencontre dans un espace de création entre les gens de différentes cultures.


«La correspondance», toujours selon lui, suppose l’appréhension de la culture de l’Autre.


Le terme qui appartient au «marché de la diplomatie culturelle» impose l’établissement de liens de confiance entre les correspondants. Il en découle l’abolissement des clichés. N’empêche, cela ne veut pas dire qu'il s’agit ici de se métisser et de s’acculturer mais tout simplement de trouver un terrain d’entente adéquat. Que demander de plus?


Jocelyne Lacouture partage le même avis que Jean Digne quant aux sens de coopération et de correspondance. Elle trouve que la correspondance a un sens artistique et philosophique qui va de pair avec la Rencontre entre les peuples et les civilisations. L’intervention de Jocelyne Lacouture s’est axée sur «Le rôle des régions et autres collectivités territoriales dans la mise en œuvre des politiques culturelles au sein de l’Euroméditerranée».


Signalons que Jocelyne Lacouture est une femme de culture, responsable d’Action culturelle. Elle a évoqué, entre autres, l’évolution du contexte culturel avec les changements qui s’opèrent dans les métiers de la culture, dans la mutation des expressions artistiques et la modification des partenaires culturels. Ces changements ont donné lieu à un glissement de sens de certains concepts liés à la culture.


Quand on parle de l’art, il faut préciser, selon elle, si l’on s’adresse à l’élite ou à une frange du peuple élitiste ou populaire. Quand on parle de culture, il faut aussi situer ce terme selon qu’on est dans l’action culturelle, dans l’animation culturelle ou dans la culture du divertissement…


 


Mona BEN GAMRA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com