France-transport : Reprise du trafic, la contestation demeure…





Le trafic redevenait normal hier en France à l'issue d'une grève de 9 jours dans les transports contre une réforme des retraites voulue par le président Nicolas Sarkozy qui, sans avoir cédé sur le fond, n'en a pas fini pour autant avec la contestation sociale.


 


Le Quotidien-Agences


La situation était redevenue proche de la normale dans les transports à Paris dans la matinée, après ces journées qui ont perturbé fortement les déplacements de millions de Français et ont été décrites par le patronat comme un "séisme" pour l'économie.


La majorité des assemblées générales de cheminots ont voté jeudi la reprise du travail, comme les y invitaient les syndicats après l'ouverture de négociations tripartites (entreprises, syndicats, Etat) mercredi soir, qui devraient durer un mois, sur la réforme des régimes spéciaux de retraites au cœur du conflit.


La grève à la SNCF (chemins de fer) n'était plus suivie que par 2% des cheminots hier matin, selon la direction.


La reprise du travail consacre le "succès de la méthode Sarkozy", titrait hier le quotidien de droite «Le Figaro».


Sur toutes ses réformes contestées, Nicolas Sarkozy a assuré qu'il tiendrait ses promesses électorales, qu'il ne "céderait pas" et ne "reculerait pas".


Le gouvernement et la présidence, confrontés ces derniers jours, avec une grève des transports, un mouvement dans les universités et une grève des fonctionnaires mardi, à la première mobilisation sociale massive depuis leur arrivée au pouvoir, se gardaient de tout triomphalisme.


Le président Sarkozy s'adressera aux Français quand "le conflit sera vraiment derrière nous", a déclaré hier le conseiller social de la présidence Raymond Soubie, prenant acte du fait que la grève n'était pour l'instant que "suspendue".


Les négociations, prévues jusqu'au 18 décembre à la SNCF, se tiennent "sous le contrôle des cheminots", a prévenu le syndicat CGT, majoritaire.


Et le syndicat Sud-RATP, noyau dur de la contestation, débattait hier matin de l'opportunité de déposer de nouveaux préavis de grève "aux alentours des 18 ou 20 décembre".


Une réunion préparatoire à la première table-ronde du 29 novembre sur les mesures salariales et les dispositifs d'accompagnement des carrières avait lieu hier matin au siège de la SNCF, alors qu'à la RATP (transports parisiens), les négociations devaient reprendre lundi pour se prolonger jusqu'au 13 décembre.


Les fonctionnaires menacent aussi de reprendre la grève en décembre. Pour faire taire la grogne et répondre à leur inquiétude, le chef de l'Etat, dont la cote de popularité s'effrite, a promis de "nouvelles initiatives" sur le pouvoir d'achat, principale préoccupation des Français selon tous les sondages.


Une tâche qui peut devenir un "piège", soulignait le quotidien de gauche «Libération», selon lequel la majorité de droite en est à "chercher des idées" pour obtenir des résultats rapides dans un domaine qui a révélé des "inégalités croissantes en riches et pauvres".


Or, en faisant passer cet été, en priorité, un "paquet fiscal" limitant les prélèvements sur les hauts revenus et la transmission du patrimoine, Sarkozy "est surtout apparu comme le président du pouvoir d'achat... des plus riches", relevait «Libération».


Les dizaines de milliers de manifestants qui ont défilé mardi ont raillé la récente augmentation de 140% du traitement du chef de l'Etat.


Le syndicat FO a menacé dès avant-hier d'une "mobilisation public-privé" sur le pouvoir d'achat, si des résultats n'étaient pas obtenus rapidement, notamment sur la question des "augmentations de salaire".




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com