Deux ans après les émeutes de 2005 : Flambée de violence dans une banlieue de Paris





La mort de deux adolescents a déclenché une brutale flambée de violence avant-hier soir dans une banlieue de Paris, où plusieurs bâtiments ont été incendiés et 25 policiers et un pompier blessés, deux ans après les émeutes de l'automne 2005.


 


Le Quotidien-Agences


La mort de Moushin, 15 ans, et de son ami Larami, 16 ans, dont la mini-moto a heurté une voiture de police dans des circonstances non encore élucidées, a embrasé Villiers-le-Bel, une ville située à une vingtaine de kilomètres au nord de la capitale.


Un nouveau bilan hier matin faisait état de 25 policiers et un pompier blessés. Deux policiers sont gravement atteints. Neuf personnes ont été interpellées.


Durant six heures de violences, au moins une trentaine de voitures, deux garages, des magasins ont été incendiés. Deux postes de police ont été incendiés ou saccagés et la gare de la ville, fermée par précaution, a également été endommagée.


Le quotidien populaire Le Parisien a décrit un "déchaînement de violence d'une intensité rare".


Les policiers affirment que les jeunes ont grillé la priorité à un carrefour à la voiture de police qui roulait "à vitesse réglementaire, sans gyrophare". Certains habitants affirment eux que les policiers sont responsables.


Les deux jeunes, qui circulaient sur une "mini-motocross", n'auraient pas porté de casques, selon plusieurs témoignages.


Un commissaire arrivé peu de temps après la collision mortelle a été passé à tabac. Le préfet Paul-Henry Trollé a été interpellé par des jeunes dans une ambiance très tendue.


"Que la vérité soit faite ou on se fera justice nous-mêmes monsieur", "la vérité ou on va tous vous niquer", lui ont lancé des jeunes.


La procureure de la République de la région, qui a évoqué des "actes d'émeute", a annoncé hier avoir confié une enquête pour des "faits d'homicide involontaire et de non-assistance à personnes en danger" à l'inspection générale de la police nationale (IGPN, la police des polices).


Le frère d'un des adolescents tués Omar Sehhouli, a déclaré vouloir "que tous les policiers responsables (de l'accident) soient condamnés".


"C'est une attitude de non-assistance à personne en danger (...) C'est 100% bavure", a-t-il ajouté, affirmant que les policiers "ne sont pas restés sur les lieux" après la collision.


Pour lui, les échauffourées "ce n'est pas de la violence, c'est de la rage qui s'exprime".


Un syndicat de police a affirmé que "des voyous n'ont pas hésité à utiliser des armes à feu contre les forces de l'ordre".


Cette flambée de violence survient deux ans après trois semaines d'émeutes dans les cités de la périphérie parisienne à forte population originaire d'Afrique et du Maghreb où le taux de chômage des jeunes atteint jusqu'à 50%.


Elles avaient été déclenchées par la mort de deux jeunes dans un transformateur électrique, où ils s'étaient réfugiés pour échapper à la police, et avaient fait des centaines de blessés. Plus de 10.000 véhicules et quelque 300 bâtiments, dont des écoles, avaient été incendiés.


Depuis, les rapports entre des jeunes des cités et la police restent très tendus. Un syndicat de police a estimé hier que depuis 2005 "les braises couvent sous les cendres" dans certains quartiers.


Des violences sporadiques ont également éclaté récemment dans plusieurs quartiers sensibles comme à Saint-Dizier, petite ville de l'est où plusieurs voitures et bâtiments publics avaient été incendiés lors d'échauffourées entre jeunes et policiers.


Le gouvernement doit annoncer début 2008 un "plan Marshall" pour les banlieues alors que plusieurs rapports récents ont conclu à un bilan mitigé, voire un échec des politiques de la ville, les quartiers sensibles "n'ayant pas rattrapé leur retard".




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com