Réunion d’Annapolis : Un semblant d’accord, le flou persiste





Les Israéliens parlent «d’importants progrès», les Palestiniens évoquent un accord imminent. Le flou persiste quand-même


 


Le Quotidien-Agences


Palestiniens et Israéliens ont affirmé hier avoir fait des progrès importants en vue de nouvelles négociations de paix qui pourraient débuter mercredi, au lendemain d'une conférence internationale à Annapolis, dans l'est des Etats-Unis.


A la veille de cette réunion, qui rassemblera à l'Académie navale américaine d'Annapolis une cinquantaine de participants, un négociateur palestinien a affirmé qu'un accord était proche sur un document conjoint servant de base à de futures négociations.


"Un document sera rendu public "  (hier), a assuré Yasser Abed Rabbo. "Ce document, que nous devons conclure aujourd'hui avec la bénédiction des Américains déterminera les termes de référence des négociations - à savoir la Feuille de route et les résolutions internationales - et les modalités selon lesquelles les négociations se dérouleront après Annapolis".


"Les négociations sur le statut final" des Territoires palestiniens "commenceront mercredi en présence du président (de l'Autorité palestinienne) Mahmoud Abbas", a-t-il aussi affirmé.


Une réunion tripartite entre la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et les négociateurs en chef palestinien Ahmad Qoreï et israélienne Tzipi Livni est prévue lundi après-midi, a indiqué le porte-parole du président palestinien.


Sans confirmer l'imminence d'un accord, le ministère israélien des Affaires étrangères a affirmé que d'"importants progrès" avaient été faits. "Les équipes


de négociateurs ont fait d'importants progrès dans le sens d'un accord sur un


document conjoint", a déclaré  le porte-parole de ce ministère, Mark Regev.


Le président américain George W. Bush devait recevoir séparément le Premier ministre israélien Ehud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas.


La conférence d'Annapolis doit donner le coup d'envoi aux premières négociations de paix formelles depuis sept ans pour régler un conflit vieux de près de soixante ans et parvenir à la création d'un Etat palestinien indépendant coexistant pacifiquement avec son voisin israélien.


Les efforts des Etats-Unis risquent toutefois de se heurter à la situation sur le terrain - où les colonies, la barrière de séparation et les barrages israéliens ont morcelé la Cisjordanie en îlots isolés - et à la méfiance qui règne entre les protagonistes après des années de violences.


Les Palestiniens souhaitent obtenir un engagement que les négociations envisagées aboutiront en 2008 avant la fin du mandat de George W. Bush.


Pour la porte-parole de Olmert, Miri Eisin, l'implication personnelle de  Bush devrait inciter les deux parties à avancer sur la voie de la paix.


 


Le Hamas contre-attaque


Mais sur le terrain, tandis que le police israélienne est déployée en masse pour empêcher que d'éventuels attentats ne torpillent la conférence, le Hamas en a rejeté par avance les conclusions. "Les décisions prises à Annapolis n'engageront pas le peuple palestinien car celui-ci n'autorise personne, qu'il soit arabe ou palestinien, à tirer un trait sur ses droits", a affirmé à Gaza le porte-parole du mouvement islamiste, Fawzi Barhoum.


Les principaux acteurs du conflit, à l'exception du Hamas et de l'Iran, seront présents à Annapolis. L'Arabie Saoudite, à l'origine d'une initiative de paix avec Israël réactivée en mars 2007 mais restée lettre morte, sera représentée par son ministre des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal. Cette participation a été critiquée par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.


 


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Le plateau du Golan "non négociable"


 


Le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a réaffirmé hier que la restitution du plateau du Golan occupé par Israël était "non négociable", ajoutant que cette question devait être discutée simultanément au conflit israélo-palestinien lors de la réunion.


Damas a annoncé dimanche, en dernière minute, sa participation à la réunion internationale d'Annapolis, après avoir obtenu des Etats-Unis qu'y soit abordé son conflit territorial avec Israël sur le plateau du Golan.


La question de sa restitution totale a fait capoter les négociations de paix bilatérales gelées depuis 2000.


La Syrie sera représentée par le vice-ministre des Affaires étrangères, Fayçal Mekdad.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com