Ouverture aujourd’hui de la Conférence internationale d’Annapolis : L’Ultime chance





Annapolis (USA) était hier une ville quasi-inconnue. Aujourd’hui, elle est le centre du monde. Et pour cause: elle aborde un conflit vieux de près d’un siècle, le conflit israélo-palestinien. Bush, l’initiateur, compte y mettre son poids. Mais visiblement l’atmosphère n’est pas à l’optimisme béat. A moins que l’ombre d’Al Qods ne s’y invite…


 


Aujourd’hui se tient à Annapolis une conférence internationale de paix sous l’égide des Etats-Unis. L’idée en avait été lancée il y a quelques mois par le président Bush qui en escomptait une avancée décisive dans la résolution du conflit israélo-palestinien. Il y était d’autant plus attaché qu’il a fait sienne une des revendications essentielles des Palestiniens, la création d’un Etat palestinien.


Bien entendu, Bush en inconditionnel d’Israël, ne pouvait se permettre d’impliquer l’Etat hébreu dans une définition précise du futur Etat. Il a pris garde de se taire sur ses  frontières, sur le statut d’Al Qods, sur les colonies d’implantation et sur le sort de la diaspora palestinienne, de sorte que Abbas a hérité d’une idée qui a l’air d’être bonne mais qui peut tout aussi bien déboucher sur une entité sans consistance, dévertébrée, et, pour tout dire, sans avenir.


Mais acceptons en l’augure et cédons au vent d’optimisme qui avait accompagné l’annonce de cette initiative.


Voyons si, du côté israélien, on pouvait déceler quelques signaux forts.


Après une période de tergiversation, comme s’ils avaient été sonnés par l’initiative de Bush, les Israéliens se sont repris. Après avoir accusé le coup, ils se sont vite empressés d’asséner des coups à ladite initiative.


Et d’égrener un mélange de critiques, de récriminations, de menaces, bref, une soupe indigeste au point que la responsable de la diplomatie américaine a cru bon devoir calmer le jeu et rappeler Tel Aviv à plus de réalisme.


Peine perdue car les Israéliens ont trouvé la parade suprême. Ils ont laissé entendre dans toutes leurs chancelleries dans le monde que Olmert est en position de faiblesse, ainsi que son parti Kadima et que, à ce titre, il ne pouvait trancher sur rien. Il n’y aurait personne capable de prendre une décision. C’est le vide. Comment dialoguer avec le vide ! Problème kafkaïen !


En fait, personne n’est en mesure de savoir exactement les intensions d’Israël. Sauf peut-être le lobby israélien autour de Bush. Lui seul est en mesure d’avoir vent des secrets desseins d'Israël, tout un chacun sachant que ce lobby mêle allégrement les intérêts israéliens et les intérêts américains, avec d’ailleurs une préférence marquée pour les premiers.


L’on peut comprendre à la lumière de ce constat que les Palestiniens, toutes composantes confondues, nourrissent une forte défiance à l’égard de tout ce qui se trame en Israël. Devant tant de manœuvres dilatoires, devant un tel silence sur les véritables desseins du gouvernement israélien, même Abbas se surprend à marquer son manque de confiance. Bien qu’il arbore de temps en temps un sourire, un sourire de circonstance, on le sent réticent en son for intérieur.


Dame depuis le temps qu’Israël promettait et ne tenait pas ses promesses.


Chez le Hamas, la défiance est de règle. Elle est même leur credo majeur. Pour l’organisation radicale, la conférence d’Annapolis constitue une perte de temps. Hamas devait illustrer hier cette position en invitant «les Palestiniens à organiser de grandes protestations, des manifestations, des actions populaires pour dire le refus de la Conférence d’Annapolis».


A cela les Israéliens répondent que eux aussi n’ont pas confiance. C’est un des responsables israéliens qui, du haut du Mont des Oliviers, devant le panorama d’Al-Qods disait ceci : «Si nous leur abandonnons Jérusalem-Est, c’est le Hamas, le Jihad, puis Al-Qaïda, et pourquoi pas l’Iran qui viendront s’y installer».


C’est une conjecture qui ne tient pas la route. Et le responsable israélien le sait bien. Mais il fait comme s’il ne le savait pas.


Mais puisque nous parlons d’Al-Qods on peut avancer l’idée suivante : pourquoi ne pas inverser l’équation ? Au lieu de traiter le conflit sous l’angle politique ou militaire, ne serait-il pas indiqué de l’aborder par le biais de la culture.


Al-Qods est vénérée par les trois grandes religions monothéiste. C’est un lieu où convergent les messages de Moïse, de Jésus et de Mohamed, en un point focal d’une rare épaisseur spirituelle. Et si Olmert, dans un éclair d’intelligence politique annonçait au monde, lors de la conférence, qu’Israël acceptait l’idée que Al-Qods soit la capitale des Juifs et des Palestiniens. Cela contribuerait ipso facto  à l’instauration d’un extraordinaire climat de confiance. Un climat générateur de toutes les connivences.


 


Abdelmajid CHORFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com