Gaza ne croit pas à Annapolis : «Paroles, paroles, paroles»





Le Quotidien-Agences


"Nous n'attendons rien d'Annapolis, à part plus de souffrances ici, à Gaza": comme la grande majorité des Palestiniens de ce territoire coupé du monde, Samir, un homme d'affaires, ne croit pas à la paix avec Israël.


Nombres de Palestiniens sont restés agglutinés devant leur téléviseur toute la soirée de mardi pour regarder les retransmissions en direct des discours.


Mais tous ou presque tirent les mêmes conclusions: "paroles, paroles, paroles".


"Ils parlent d'un règlement en 2008 ? Mais nous ne voyons rien de concret. La seule chose à laquelle nous assistons est le bouclage du territoire, des opérations israéliennes et des morts", poursuit Samir.


Les islamistes du Hamas, qui contrôlent la bande de Gaza depuis juin, ont promis de s'opposer par tous les moyens à une solution qui ne prendrait pas en compte "tous les droits" des Palestiniens et concéderait "un pouce" de la Palestine historique.


"Bush, Olmert et Abbas ont parlé dans leur discours d'un Etat palestinien. Mais en réalité, nous avons deux Etats, un à Gaza et un à Ramallah. Même le peuple est divisé", ajoute Samir.


Dans les rues de Gaza, des adolescents vendent à la sauvette les journaux palestiniens, qui reflètent le pessimisme ambiant.


"Les gens de Gaza ne se soucient pas de ce qui se passe à Annapolis, car ils sentent que cela ne les aidera pas à sortir de leur condition. Ils ont peur que le vent de la guerre souffle d'Annapolis bien qu'ils espèrent que cette conférence débouche sur quelque chose de positif", écrit le journal al-Ayyam.


Le journal du Hamas, Palestine, publie lui en une la réaction du mouvement islamiste: "Hamas: les discours d'Annapolis, une preuve de son échec".


"Israël doit arrêter ses opérations sur le terrain et apaiser les souffrances des Palestiniens de Gaza s'il veut arriver à un accord. Le contraire ne fera qu'aider le Hamas", estime un journaliste palestinien, Hassan Jaber.


"Nous espérons que cette conférence sera bénéfique aux Palestiniens, pas seulement aux Israéliens. Mais ils doivent permettre avant tout aux gens, aux malades, de sortir de Gaza qui est une grande prison", lance un policier posté dans le quartier Rimal, sous couvert de l'anonymat.


 


Un rêve impossible


Pour Hazem Samir, un vendeur de jouets, la paix est une "rêve impossible à réaliser" avec Israël. "Une solution ne sera jamais trouvé au conflit. Nous ne ferons jamais de concessions sur le retour de nos réfugiés, jamais nous ne brandirons le drapeau blanc de la reddition".


"Vous savez, nous savons résister. Pas d'électricité, pas de Coca-cola ni de cigarettes. Et bien tant pis, on s'en passe", ajoute l'homme, le nez collé sur les sites internet d'informations à l'affût des derniers développements.


Ziad Matar, un chauffeur de taxi, appelle quant à lui de ses voeux à une sortie rapide de la crise.


"Jusqu'à quand tout ceci va durer ? Il faut trouver une solution. Tout ce que je souhaite, c'est que les enfants de Beit Hanoun puissent dormir sans entendre le bruit des bombardements et ceux de Sdérot les explosions de roquettes", dit-il.


Et d'ajouter: "Au final, nous n'avons pas le choix. Nous devons vivre. Nous sommes voisins".




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com