La presse arabe et israélienne sceptique





Le Quotidien-Agences


La presse arabe et israélienne partageait hier un même scepticisme sur les chances de la conférence d'Annapolis de déboucher enfin sur la paix entre Israéliens et Palestiniens.


Fossé séparant les ennemis de soixante ans sur les questions de fond, faiblesse de leurs dirigeants respectifs, interrogations sur la médiation américaine, les commentateurs doutaient d'un succès avant même que s'ouvre ce qui s'annonce comme un an de négociations non stop coïncidant avec la fin de la présidence Bush.


En Israël, le quotidien Maariv ironisait: "Les cérémonies de paix sont en général organisées une fois la paix conclue. Il y a d'abord des négociations, des crises, des attentats et des rebondissements sans fin, puis surviennent les cérémonies. Hier à Annapolis en a fait tout à l'inverse. On a commencé par la cérémonie".


Il y voit un "stratagème concocté par Ehud Olmert" pour se garantir un an de plus au pouvoir malgré son impopularité.


Le Haaretz estime lui aussi que Olmert a sauvé sa majorité à Annapolis sans faire de concessions.


Mais "la négociation, c'est donner et prendre. Le problème est que Olmert n'a rien à donner", remarque un commentateur de la chaîne de télévision privée "10".


Le Yédiot Aharonot à grand tirage écrit que "pour les opinions publiques israélienne et palestinienne, il s'agit d'une autre conférence festive qui leur a permis en l'espace de deux jours de fuir la réalité brûlante sur le terrain.


Cela s'appelle une échappatoire".


 


Un début encourageant


Du côté palestinien, le quotidien Al Qods, proche du Fatah du président Mahmoud Abbas, veut croire qu'Annapolis "marque un début encourageant bien que symbolique. Cette réunion a mis la balle dans le camp des Israéliens et fournit une occasion aux Etats-Unis d'exercer des pressions sur les dirigeants israéliens".


La presse égyptienne juge de son coté qu'Annapolis a représenté la tentative ultime pour "sauver la réputation" du président Bush empêtré en Irak.


"Chaque président américain tente de ne pas rater le coche et de s'accrocher au dernier wagon du train de la paix en tentant de clore son mandat par un règlement de paix au Proche-Orient", estime un quotidien gouvernemental, Al Akhbar.


Le journal indépendant Al-Badil s'interroge sur les motifs qui ont poussé les dirigeants arabes à "s'empresser" de participer à la réunion tout en "laissant toutes leurs plaies ouvertes: le Liban sans président, le Soudan qui risque d'exploser, le nord de l'Irak menacé d'invasion turque et la Palestine, notamment la bande de Gaza, en un terrible état".


"Ils sont allés à Annapolis juste pour faire preuve d'allégeance aux Américains", conclut-il.


La presse syrienne a aussi appelé à la prudence.


"La conférence d'Annapolis pourrait beaucoup accomplir si les Etats-Unis décidaient de remplir le rôle (de médiateur impartial) qui leur incombe, et de faire des progrès susceptibles de compenser, ne serait-ce que partiellement, les catastrophes générées par leur politique étrangère", écrit al-Baath.

Techrine, le journal officiel, invite à "rester prudent et ne pas trop s'attendre" à des résultats car, outre la question palestinienne, il n'y aura pas de paix sans règlement du problème de l'occupation du Golan syrien par Israël.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com