Négociations sur le statut du Kosovo : L’impasse





Le Quotidien — Agences


Les négociations de la dernière chance sur le statut du Kosovo ont échoué hier à Baden, en Autriche, et les kosovars albanais ont annoncé la prochaine déclaration d'indépendance de cette province de la Serbie.


"J'ai le regret de dire qu'il n'y a pas eu d'accord avec la Serbie", a déclaré le président kosovar Fatmir Sejdiu mercredi devant la presse à l'issue de la dernière séance d'entretiens en face-à-face et à huis clos entre Serbes et Kosovars sous l'égide d'une troïka de médiateurs - un américain, un européen et un russe- de l'Organisation des Nations Unies (ONU).


"L'indépendance du Kosovo est le début et la fin du processus pour le peuple du Kosovo", a-t-il réaffirmé, comme le font les dirigeants de Pristina depuis la reprise des négociations fin août sous la houlette de la troïka.


La proclamation unilatérale d'indépendance de cette province du sud de la Serbie, peuplée à plus de 90% d'Albanais et sous administration de l'ONU depuis 1999, se fera "très rapidement", selon le président. Il a toutefois promis de ne prendre aucune décision sans l'accord de la communauté internationale, des Etats-Unis et de l'Union européenne (UE).


Washington a fait savoir qu'il reconnaîtrait un Kosovo indépendant et devrait être suivi sur cette voie par la plupart des 27 pays de l'UE, selon un responsable slovène, pays qui assurera la présidence de l'UE à partir du 1er janvier.


A l'inverse, le président serbe Boris Tadic a accusé les Kosovars d'avoir rejeté l'ultime proposition de compromis présentée à Baden et prévoyant une large autonomie du Kosovo, mais au sein des frontières de la Serbie.


Les médiateurs, qui ont annoncé, de leur coté, la fin des négociations en face-à-face avec cette réunion de Baden, ont tout de même réussi à leur arracher un point d'accord: "l'engagement d'exclure tout recours à la force dans la recherche d'une solution", selon le médiateur de l'Union européenne, l'Allemand Wolfgang Ischinger.


Les 17.000 militaires de la KFOR, la force de l'Otan déployée au Kosovo, sont prêts à faire face à toute flambée de violence, en cas d'indépendance déclarée unilatéralement, à condition d'avoir toujours un mandat de l'ONU, a précisé le commandant en chef des forces alliées en Europe, le général américain John Craddock.


L'ONU avait accepté une réouverture des négociations en août après l'échec en juin d'une proposition de résolution instaurant une indépendance sous surveillance internationale. Les négociations avaient été limitées au 10 décembre, date-butoir rejetée par les Serbes qui estiment que l'ultime négociation aura lieu "devant le Conseil de sécurité".




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com