Poutine aux Russes : «Moi ou le chaos»





Le président russe Vladimir Poutine a appelé hier ses compatriotes à choisir entre son parti et le retour à "l'humiliation" et à la "désintégration" lors des législatives de dimanche qui "donneront le ton" pour l'élection du "nouveau président" en 2008.


 


Le Quotidien-Agences


"Je vous appelle à aller voter et à voter pour Russie unie. Je crois en votre soutien", a déclaré le président, tête de liste de ce parti aux législatives, dans un message diffusé sur les chaînes de télévision publiques Rossia et Pervyï Kanal.


Portant une veste noire et assis solennellement, sur fond d'écran blanc, bleu, rouge, les couleurs de la Russie, il s'est adressé à ses concitoyens avec toute son autorité de président même si, selon le Kremlin, il s'exprimait en tant que tête de liste.


"Il est difficile de les différencier. Président ou tête de liste, il reste l'homme le plus populaire", a concédé peu après le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.


"Le résultat des élections parlementaires va, sans aucun doute, donner le ton pour l'élection d'un nouveau président" en mars 2008, a ajouté  Poutine dans un court message de trois à quatre minutes, interpellant ses concitoyens d'un "Chers amis !".


"De fait, le pays entre dès à présent dans une phase de renouvellement complet des pouvoirs législatif et exécutif", a-t-il répété.


Poutine a ainsi une nouvelle fois suggéré qu'il partirait du Kremlin en 2008 mais n'a fait aucun commentaire sur son successeur potentiel ni sur ses propres intentions, pendant que les appels pour qu'il reste le "leader national" se multiplient dans le pays.


Jusqu'à son message télévisé, les spéculations allaient bon train sur une possible démission du président ou l'annonce du nom de son dauphin à la présidentielle.


Après les législatives, Poutine devra décider s'il reste président jusqu'au printemps 2008 ou s'il démissionne du Kremlin pour entrer au Parlement, où il pourrait alors endosser les habits de chef de la majorité parlementaire.


D'autres scénarios sont aussi évoqués pour son maintien au pouvoir : Premier ministre ou chef de Russie unie, un parti surpuissant - avec plus de 60% des intentions de vote aux législatives - qui choisirait le chef du gouvernement et le président.


Agitant le spectre de la déstabilisation, tandis que les Russes restent traumatisés par le choc économique consécutif à la chute de l'URSS,  Poutine a mis en garde contre le retour au pouvoir des libéraux, aux commandes dans les années 90 sous la présidence de Boris Eltsine.


"Il faut empêcher le retour au pouvoir de ceux qui ont tenté sans succès de diriger le pays et voudraient aujourd'hui remodeler (...) les plans de développement de la Russie, changer la politique soutenue par notre peuple et nous faire revenir à l'époque de l'humiliation, de la dépendance et de la désintégration", a-t-il mis en garde.


Ces derniers jours, le président-candidat n'a cessé d'agiter le spectre de l'ennemi de l'intérieur, prompt à brader une Russie sur la voie du redressement et vendue aux Occidentaux.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com