Ostéoporose : Un nouveau traitement controversé





Tunis- Le Quotidien


Dans un communiqué de presse rendu public le 24 novembre dernier, Servier, le groupe de recherche pharmaceutique français, a annoncé la commercialisation en Tunisie d’un nouveau traitement contre l’ostéoporose, à même de réduire le risque de fracture vertébrale et de la hanche. Ce nouveau traitement, la Ranélate de Strontium en l’occurrence, est présenté comme étant «un ostéo-régénérateur avec un double mode d’action qui augmente la formation osseuse et diminue la résorption osseuse de façon simultanée».


Cela étant, ce même produit pharmaceutique qui existe sur le marché européen depuis 3 ans, et sur le marché de l’Hexagone depuis janvier 2006, fait actuellement l’objet d’une grande polémique en France. En effet, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS), qui est en quelque sorte l’équivalent de la Direction de la Pharmacie et du Médicament (DPM) dans nos murs, a publié dans un communiqué de presse en date du 29 novembre dernier et en étroite collaboration avec l’Agence Européenne du Médicament (EMEA), de nouvelles recommandations en raison du risque de réactions allergiques graves associé à l’utilisation de ce médicament.


A cet effet, il s’avère que depuis la commercialisation de ce traitement dans l’Union Européenne, 16 cas de réactions allergiques graves, dont 13 en France, ont été rapportés chez des patients traités par ce médicament. A préciser, selon le communiqué de l’AFSSAPS, que ces effets indésirables ont  conduit au décès de 2 patients. Pour ce qui est des réactions allergiques graves en question, il s’agit du syndrome DRESS, à savoir Drug Rash with Eosinophilia ans Systemic Symptoms. Ce syndrome représente une réaction allergique grave entraînant l’atteinte d’un ou plusieurs organes, notamment le foie et les reins.


Suite à cette alerte de l’AFSSAPS, l’EMEA a demandé d’ajouter d’urgence une nouvelle mise en garde dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) et de la notice.


Sur LeMonde.fr, un article a été consacré également à l’alerte sur l’utilisation de ce produit. Et à préciser que les symptômes sont apparus dans les 3 à 6 semaines après le début du traitement sous la forme d’une éruption cutanée et d’effets sur les poumons, le foie ou les reins.


La question qui s’impose d’elle-même est de savoir quelle serait la position de la DPM en Tunisie ? En tous cas, le traitement de l’ostéoporose dans nos murs bénéficie d’une attention particulière du ministère de la Santé publique. En témoigne l’équipement des principales institutions hospitalières du pays d’un matériel approprié permettant de déterminer avec exactitude l’état de la Densité Minérale Osseuse (DMO) chez les patients à risque. Et ce, afin de prévenir les complications désastreuses dues aux fractures.


Il est à rappeler qu’en Tunisie, où deux autres médicaments indiqués dans le traitement de l’ostéoporose sont commercialisés depuis quelques années et bénéficient de la prise en charge de la CNAM, une fracture du col de fémur est enregistrée toutes les 2 heures. D’autant plus que 25% des femmes tunisiennes ménopausées sont ostéoporotiques et que 41% sont porteuses d’une ostéopénie (fragilisation de l’os).


Cette maladie essentiellement féminine, quoiqu’on la retrouve chez l’homme également, est la pathologie osseuse la plus fréquente. Il s’agit d’une réduction de la masse osseuse qui fragilise l’os et augmente le risque de fracture. Elle survient surtout après la ménopause suite à l’arrêt des sécrétions hormonales. D’après les estimations des spécialistes, une femme sur 2, âgée de plus de 50 ans, a un risque de fracture liée à l’ostéoporose. A ce titre, il importe de signaler que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a baptisé les 10 premières années du 3ème millénaire comme la décennie de l’os et des articulations.


 


M.K.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com