«Langage des mères» (Algérie) : Overdose de sentiments





Les mots qui s’égrenaient des lèvres des diseuses exprimaient les maux qui pèsent lourd sur les cœurs et les esprits. Ce sont des mères à la verve amère qui paient


la rançon pour garder en vie leurs enfants.


Lundi après-midi à la maison de la culture Ibn Rachiq, le public des JTC a assisté encore une fois à la représentation de la pièce algérienne «Langage des mères». L’invitation était ainsi renouvelée pour entrer en transe avec les peines d’une mère qui apprend la condamnation à mort de son enfant. Deux artistes femmes, à savoir Rania Srouti et, heureuse coïncidence, Tounès campaient les deux personnages protagonistes de la pièce. La première est la mère d’un jeune homme dont le pays est colonisé. La seconde est la mère d’un jeune dont le gouvernement est colonisateur. La pièce reflète deux regards opposés colonisateur/colonisé.


Les deux femmes se lancent dans un langage au vitriol pour dénoncer le mal qui sévit dans le monde. Elles se déchirent dans un huis clos langagier, heurtant leurs blessures l’une contre l’autre.


Les deux artistes étaient placées dans un décor épuré. Seules quelques colonnes de pierre s’y dressent. Des pierres offertes à la postérité, tout comme la parole vraie de ces femmes blessées. Il faut dire qu’on renchérit ici sur une overdose de sentiments, même si nous tous savons pertinemment qu’il s’agit d’un mal assaillant. Le texte a été certes travaillé avec beaucoup de subtilité. Chose que l’on ne voit pas bien au niveau des lumières et des décors. Surtout qu’on a affaire à la troupe du théâtre national algérien.


 


Mona Ben Gamra


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Ils ont dit de «Langage des mères»


 


Mourad Harbaoui (artiste-peintre)


«La pièce a joué sur l’ambivalence du bien et du mal, ce que l’on voit bien dans le contraste : rouge et noir, réel et surréaliste... Le côté surréaliste du décor est exprimé à travers ce long tissu de satin rouge reflétant le sang des humains où baigne l’agresseur».


 


Aymen (étudiant à l’Ecole supérieure de musique et de théâtre au Kef)


«C’est une aubaine pour nous autres étudiants de voir le niveau du théâtre en Algérie. Je suis sfaxien et j’étudie au Kef. Je vois bien que le théâtre algérien est différent du nôtre».


 


Lotfi (Diplômé de l’Institut supérieur d’animation culturelle et de jeunesse à Bir El Bey)


«Ça secoue les tripes. C’est une pièce excellente. Je la revois pour la deuxième fois pendant les JTC. J’ai beaucoup aimé ce duel entre ces deux femmes qui se positionnent en tant que victime et bourreau».


 


M.B.G.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com