Après moi, le déluge…





L’état piteux de l’environnement mondial et les dérèglements climatiques, qui sont devenus monnaie courante et qui génèrent régulièrement des dégâts matériels et humains considérables, suscitent depuis quelque temps une prise de conscience de bon aloi à l’échelle internationale. Les discours alarmistes et les projections moroses établies par les experts pour les années à venir concernant le danger que fait peser sur l’humanité le réchauffement de la planète, commencent  à donner leurs fruits. La Conférence internationale sur le climat qui vient de se tenir dans l'île indonésienne de Bali s’inscrit d’ailleurs dans cette même perspective. Cette réunion planétaire destinée à tracer les contours d’une politique climatique globale post-2012 a alterné les bonnes nouvelles et les nouvelles plutôt décevantes, voire déprimantes. En effet, si l’Australie a clairement exprimé, avant-hier, son intention de «soutenir» les préconisations des experts internationaux sur l’évolution du climat (GIEC) portant sur la nécessité impérative de réduire de 25 à 40% les émissions de gaz à effets de serre (GES) d’ici 2020 pour les pays développés, les Etats-Unis campent toujours sur leur position et refusent mordicus d’adhérer à cette dynamique internationale. Le premier contributeur mondial au réchauffement climatique remet ainsi au goût du jour son opposition farouche à tout accord multilatéral contraignant sur les GES.


Autant dire que la Communauté internationale n’est pas du tout sortie de l’auberge et que les velléités d’améliorer la situation dans ce registre sont vouées d’avance à l’échec, et pour cause !


Le rapport présenté au cours de la Conférence de Bali par une ONG américaine nous apprend à cet effet des vertes et des pas mûres et fait état d’émissions vertigineuses des Etats américains. Selon le National Environnement Trust «le Texas a lui seul (23,7 millions d’habitants) pollue plus que 116 pays en développement totalisant plus d’un milliard d’individus». Plus déroutant encore: le Wyoming, l’Etat américain le moins densément peuplé avec 510.000 habitants, émet plus de CO2 que 69 pays en développement réunis, totalisant 357 millions de personnes, selon cette étude.


Comble d'ironie et de paradoxe, les USA qui détiennent la triste et sinistre palme en matière de pollution demeurent l’unique pays développé à ne pas avoir ratifié le Protocole de Kyoto, depuis que l'Australie leur a «tiré aux flancs» lundi dernier.


De là à déduire qu’il ne faut pas se faire d’illusion en matière de lutte contre le réchauffement climatique, il y a un petit pas que tout le monde n’hésitera pas à franchir. La position intransigeante et incompréhensible de Washington révèle tout ce qu’il y a de plus égoïste, inique, enfoui et révoltant.


La nécessaire lutte contre le réchauffement climatique n’est point à l’évidence, une priorité urgente pour l’Amérique qui continue à privilégier les impératifs de la croissance économique au détriment de la protection de l’environnement et de la nature.


Après moi, le déluge, serait-on tenté de dire après ce énième refus américain de ratifier le Protocole de Kyoto. Une position souveraine, certes, mais le déluge en question ne fera aucune exception et risque de tout emporter sur son passage…


 


Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com