«Caramel» : Murmures de femmes, fragments de la mémoire !





Pour son premier long métrage, la jeune réalisatrice libanaise Nadine Labaki a choisi de fouiller dans le territoire homme-femme et de concocter quelques histoires douces amères. «Caramel», un film à découvrir sur l’écran de la salle CinémAfricArt, à partir de demain. 


 


La réouverture de la salle CinémAfricArt a été marquée par « Tendresse du loup », un film signé par Jilani Saâdi. Les événements cinématographiques se sont succédé sans interruption sur l’écran de cette salle. D’ailleurs après «L’ombre du silence» de Nasri Hajjej, présenté à l’occasion de la Journée de solidarité avec le peuple palestinien, les dirigeants de cette salle ont opté pour la programmation d’un film très frais, parfumé à la libanaise. Tourné entre mai et juillet 2006, « Caramel » a été déjà présenté à la précédente session du Festival de Cannes et a attiré l’attention des critiques.


Scénariste, actrice et réalisatrice, Nadine Labaki dont le public tunisien a découvert le talent de comédienne dans «Bosta» (L’autobus), projeté lors des Journées Cinématographiques de Carthage 2006, nous offre un film chaleureux, très émotionnel et très coloré. Intelligente, cette jeune réalisatrice libanaise âgée d’à peine 33 printemps a su tisser une belle histoire autour de ce «Caramel» qui n’est autre que la cire orientale utilisée pour l’épilation. Dans un salon de beauté à Beyrouth, cette réalisatrice situe les événements de son film et peint cet univers féminin très particulier où plusieurs générations de femmes se rencontrent.


C’est dans ce melting pot culturel et religieux que cette réalisatrice et comédienne nous plonge pour écouter les murmures et les soucis de ces femmes issues de différents univers. Cinq femmes et cinq histoires différentes qui lèvent le voile sur le non-dit du vécu de la femme libanaise et arabe en général. Dans ce cadre enfermé, les histoires coulent comme un fleuve, on parle de tous les sujets sans gants et sans complexes…On parle de l’amitié, de l’amour, du mariage, des amants et des maîtresses, de l’homosexualité… «Layali», «Nisrine», «Rania», «Jamale» et «Rose», cinq femmes qui se croisent régulièrement dans cet espace de soins de beauté et elles se laissent aller dans des conversations intimes et libérées. Un monde très compliqué, ponctué de tristesse et de chagrin que cache cet espace féminin qui aspire la superficialité et la légèreté. Une belle histoire, très touchante, captivante par cette sincérité féminine et par le jeu juste des comédiennes et par ce double jeu entre le côté plaisant et le côté amer…


 

Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com