Résidences d’écriture : Lettres aux ados





Une panoplie d’activités et de rencontres avec les jeunes lycéens au programme des cinq invités de l’IFC qui, de leur séjour dans nos murs (du 4 au 23 décembre),vont tirer un recueil de nouvelles sur le thème de «Regards sur l’adolescence tunisienne». Il s’agit de la seconde résidence d’écriture.


 


La première, on le sait, a eu lieu en mai 2006. De cette rencontre avec les ombres et lumières de chez nous, un recueil de cinq nouvelles a vu le jour. «Chroniques de Tunisie», qu’a édité cette année l’Institut français de Coopération du 87 avenue de la Liberté de la capitale, porte cinq signatures. Les écrivains sont Olympia Alberti, Jean-Philippe Dalembert, Moncef Ghachem, Mohamed Kacimi et Hervé Mestron.


Une année et demie après, on récidive. La trouvaille est séduisante et l’aventure a plu à tout le monde. Ainsi les gens de l’IFC font d’une pierre deux coups. Primo promouvoir la francophonie de peur qu’elle disparaisse dans la région, et secundo encourager les gens à prendre leurs plumes et encriers et donner libre cours à leur imaginaire créatif.


Cinq autres écrivains qui affectionnent la langue de Molière ont été sélectionnés parmi une cinquantaine de candidatures. Ce sont des jeunes et des moins jeunes. Commençons par les aînés. Azza Filali est tunisienne. En parallèle de son travail de gastroentérologue, elle écrit des romans. A 55 ans, madame s’est créé une petite réputation dans le paysage romanesque. Un prix Comar l’a mise en bonne visibilité. Nous restons tout de même curieux de savoir ou d’avoir un peu plus d’informations sur ce qui a été noté sur le dossier de presse à propos du Grand Prix du Roman Tunisien qui l’a récompensée pour sa Chronique d’un décalage.


Claude Rizzo, un ancien de Carnot vivant entre la France, la Tunisie et Malte dont il est originaire. Son roman, «Le Maltais de Bab el-Khadra» a été primé par le Maghreb Méditerranéen et le Grand prix du Sénat. Né en 1961, l’homme est à la  fois chef d’entreprise, conférencier, prof de lettres et... romancier. Même s’il a choisi l’Hexagone pour y vivre, il est resté totalement imprégné du parfum de ses origines tuniso-maltaises. Ses écrits en disent long sur son sentiment nostalgique.


Théo Ananissoh est né en 1962 en Centrafrique. Le romancier, bourré de diplômes français vit en Allemagne. Il est l’auteur de deux romans publiés chez Gallimard et d’une gerbe de nouvelles publiées en France, au Togo, en Italie et en Belgique.


Frank Secka est né en 1965. Homme de terrain, homme d’écriture, d’ateliers et d’animation pour la télé. Il écrit surtout pour les jeunes dont «Le Verrou» en partenariat avec le collectif «Ni Putes ni Soumises» et «Le Garçon modèle» aux éditions du Rouergue.


La benjamine n’est autre que Hélène Gaudy. Elle n’a que 28 ans. Cette Parisienne qui a suivi des études d’arts plastiques à Strasbourg a du style à en revendre.


Ses «Vues sur la mer» (2006), «Atrabile»... sont d’une rare élégance, modernes, frais et croustillants. Ceux qui feuillettent la revue littéraire et philosophique Inculte, la reconnaissent dès les premières lignes...


Au programme de ces écrivains, une série de rencontres, ateliers avec les élèves des lycées tunisiens et français. Et pas uniquement à Tunis. Car ils vont voyager de par le pays. Notamment à Sousse, Teboursouk et Bizerte où ils vont sensibiliser les jeunes aux métiers de l’écriture en leur donnant quelques aperçus sur leurs écrits. C’est en se frottant avec cette jeunesse des lycées et facultés, que nos 5 écrivains vont concocter des impressions et glaner des portraits. A chacun bien sûr sa sensibilité.


Au terme de leur séjour une table ronde aura lieu le 19 décembre à la Médiathèque Charles-de-Gaulle que dirige M. Barbier ; lui aussi a une plume fine et une sensibilité à fleur de peau dans l’écriture romanesque. Les pages qui passent en revue l’aventure-fiction des invités de l’IFC de Tunis seront éditées en 2008, en partenariat avec Elyzade dans la collection Petits éclats de vie. Mme Daldoul doit être aux anges pour avoir été choisie. D’ailleurs, on l’a bien remarqué lors de la réception en l’honneur du livre et de l’écriture, organisée à Dar Haydar dans la Médina de Tunis, où résident les deux femmes et trois grands garçons. La maison arabe dégage beaucoup de poésie. Bien entretenue, simple, elle laisse rêver. Le programme des pérégrinations de nos hôtes est, dans le détail près, affiché à La Médiathèque de l’avenue de Paris.


En attendant ce recueil et ses plages chaudes grouillant de préoccupations de nos jeunes, nous lançons une petite pensée en guise de bienvenue chez nous «Bon séjour».


 


Z. ABID




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com