Khaled Ben Yahia chante l’amour à Konya





Dynamique et persévérant comme toujours, le luthiste Khaled Ben Yahia a choisi de préparer son nouveau concert dans nos murs avant de s’envoler à Konya pour prendre part à la célébration du 800e anniversaire de la naissance du grand poète mystique Jaleleddine Rûmi.


 


2007 est l’année Jaleleddine Rûmi par excellence. Des programmes culturels copieux ont été lancés dans plusieurs espaces, mettant en exergue le talent de ce poète qui nous a enseigné, il y a huit siècles, l’amour universel. Et c’est à Konya que les fêtes ont commencé dès le début de ce mois, dans le cadre du Festival de la musique mystique qu’abrite comme à l’accoutumée cette région turque.


Pour cette édition spéciale, les organisateurs de ce festival ont invité des artistes et des intellectuels des quatre coins de la planète. De la Tunisie, les Turques ont opté pour le talentueux luthiste Khaled Ben Yahia qui compte à son actif plusieurs œuvres musicales haut de gamme en matière de musique spirituelle. Musicien, musicologue, compositeur et professeur de Oud au Conservatoire National de Lyon, Khaled Ben Yahia varie les expériences et les projets. Fin connaisseur des maqâm et des modes, ce musicien tunisien a pu s’imposer dans l’Hexagone, attirant l’attention des critiques et du public. Invité à maintes reprises au Festival de la Médina de Tunis, cet artiste a excellé et a pu s’incruster dans la mémoire des mélomanes par l’originalité de ses créations.


La nouvelle aventure musicale de Khaled Ben Yahia se fera entendu sous le ciel turque et c’est avec «Bouhour Al Ichq» (Vers de la passion) que ce musicien tunisien a débarqué sur cette terre réputée pour la beauté de ses mosquées et par son musée réservé au grand penseur perse Jaleleddine Rûmi. «J’ai choisi de développer et d’élaborer de plus en plus la création à travers « Bouhour Al Ichq » que j’ai présenté lors de la précédente session du Festival de la Médina de Tunis. Et pour que le spectacle soit vraiment à la hauteur de Jaleleddine Rûmi, fondateur de la religion de l’amour, j’ai choisi d’agrémenter l’équipe par la voix de Cheikh Ahmed Jelmem. Je suis très ému et très ravi par la voix pure et mélodieuse de ce Cheikh…Sa voix est un vrai trésor ! Je suis vraiment très content d’avoir faire sa connaissance et de mener avec lui ce projet que j’ai commencé avec la voix sublime de Abir Nasraoui. Je suis fier de collaborer avec ces deux belles voix qui vont certainement plaire au public de ce grand festival», nous a confié Khaled Ben Yahia, durant son séjour tunisien consacré essentiellement pour fignoler le spectacle.


Pour cette nouvelle version de «Bouhour Al Ichq», notre artiste a travaillé sur l’héritage soufi tunisien et a concocté pour son public turc plusieurs chants et morceaux qui reflètent les richesses de ce répertoire. «J’ai effectué une fine sélection pour que le spectacle soit la traduction de cette diversité qui marque ce registre musical. J’ai misé aussi sur plusieurs maqâms qui font les spécificités de la musique soufie tunisienne. Ce spectacle est un grand défi que je tente de relever avec brio en compagnie de mes musiciens», a-t-il ajouté avant de s’envoler vers Konya, la terre qui abrite le tombeau du poète mystique Jaleleddine Rûmi. D’ailleurs, aux côtés de Abir Nasraoui et Cheikh Ahmed Jelmem, Khaled Ben Yahia a fait appel à des virtuoses musiciens qui l’ont accompagné dans plusieurs tournées réussies. Abdel- Basset Metsahel (violon), Nabil Abdel moula (flûtes) et Mohamed Abdelkader Haj Kacem (percussions) mènent l’aventure avec ces deux belles voix. Le concepteur de ce spectacle, le luthiste Khaled Ben Yahia offrira de son côté au public turc une belle balade musicale marquée par un jeu subtil et enchanteur de Oud. Suite à ce rendez-vous turc, notre artiste rejoindra de nouveau la France pour fignoler une nouvelle création intitulée «Hidjazz» et continuer sa tournée dans plusieurs espaces culturels européens.


 

Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com