Droits de l’Homme : Kadhafi contredit Sarkozy





Le Quotidien — Agences


Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a été reçu hier avec les honneurs à l'Assemblée nationale à Paris où, au deuxième jour de sa visite, il a contredit le président Nicolas Sarkozy sur la question particulièrement sensible des droits de l'Homme.


Mouammar Kadhafi a affirmé ne pas avoir évoqué le sujet des droits de l'Homme, alors que le chef de l'Etat avait insisté la veille sur le fait qu'il avait demandé au dirigeant libyen de "progresser" sur ce dossier.


"Tout d'abord nous n'avons pas évoqué, moi et le président Sarkozy, ces sujets", a-t-il dit dans un entretien à la chaîne de télévision publique France 2. "Nous sommes des amis assez proches, nous coopérons", a-t-il ajouté.


Sarkozy a bien "parlé" des droits de l'Homme avec son hôte, lors d'un entretien lundi et du dîner officiel, a immédiatement répliqué Claude Guéant, secrétaire général de la présidence. "J'en ai été témoin", a-t-il dit.


Ces déclarations risquaient d'attiser la polémique sur la venue du dirigeant libyen en France, la première depuis 34 ans.


En fin de matinée, Kadhafi a été reçu avec les honneurs à l'Hôtel de Lassay, résidence officielle du président de l'Assemblée, où avait été déroulé le tapis rouge et où il a été salué par la garde républicaine, conformément au protocole prévu pour les chefs d'Etat.


Prenant la communauté internationale à rebrousse-poil, le leader libyen a alors rejeté toute "internationalisation" du dossier du Darfour.


"Si nous laissons les habitants du Darfour se débrouiller eux-mêmes, la crise du Darfour se terminera d'elle-même", a-t-il affirmé, au moment où l'ONU s'apprête à déployer sa plus importante mission de paix dans cette province du Soudan, une stratégie qu'appuie Paris.


Il a aussi affirmé qu'il fallait "un seul Etat démocratique" israélo-palestinien, ne jugeant "pas faisable de séparer" les Israéliens et les Palestiniens.


A l'issue d'un dîner au palais de l'Elysée, une série de contrats ont été signés, portant notamment sur la fourniture d'un ou plusieurs réacteurs nucléaires destinés au dessalement de l'eau de mer.


Tripoli a également confirmé l'achat de 21 Airbus, et, selon une source à la présidence française, envisage d'acheter 14 Rafale - l'avion de combat que Dassault Aviation n'a jamais réussi à exporter -  ainsi que 35 hélicoptères et autres équipements militaires pour une valeur de 4,5 milliards d'euros.

Sarkozy a annoncé attendre des retombées commerciales de 10 milliards d'euros de la visite.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com