Edition – «La racaille» : Satire… à boulets rouges





Coup de cœur: Tahar Fazaâ nous concocte «La racaille», tout juste sorti de chez «Apollonia». L’auteur y déverse une encre noire pour s’attaquer aux vices et rebuts de la société. Le ton gagne en légèreté.


 


C’est toujours avec un plaisir renouvelé que les fidèles redécouvrent les écrits de Tahar Fazaâ. Ils sont disponibles sur les étalages des grandes surfaces, tout comme le paquet de chips ou le flacon de ketchup. Car l’humour est aussi essentiel à la vie que la nourriture.


«La racaille» en produit de consommation de masse, y figure comme une denrée rare.


Tahar Fazaâ parle abondamment, ironiquement, humoristiquement. Il lance les propos en l’air, enfile les histoires les unes excellentes, les autres moins bonnes. Mais —il fait rire tout de même— ses histoires inventées s’inspirant parfois de faits réels renouent encore une fois avec les personnages fétiches de l’auteur. A savoir, chipie, radin et tout le cortège des personnes méprisables de la société. L’humour et la satire sont toujours présents. Tahar Fazaâ, il faut dire, ne dévie pas de la ligne tracée du temps de ses chroniques dans Tunis Hebdo. Sauf qui’ici, il échange le terme de «chroniques» par la mention «coutumes nouvelles».


Qu’importe, humoriste qu’il est Tahar Fazaâ reste dans le même registre. Il garde toujours son pouvoir sur les mots. Rien n’est plus spécifique, en définitive, que cet esprit plaisant qui déforme les apparences de la réalité pour en dégager les aspects insolites ou contradictoires, révélateurs dans tous les cas.


Dix-neuf courtes nouvelles nous plongent de plain pied dans «l’humour froid», celui qui pince sans rire, ou encore dans «l’humour grinçant» qui s’exprime dans la cocasserie mais non sans amertume.


Les titres en sont, déjà, «Révélateurs»: «404 fâchée», «Celui qui vend le singe et se moque de l’acheteur», «L’arriviste est arrivé», «Le nouveau riche», etc.


Il nous parle, à chaque fois, de gens ordinaires, sinon rebutants et dégoûtants, qui «comme par enchantement» se retrouvent propulsés au plus haut de l’échelle de la promotion sociale. On en ressort avec un enseignement: il ne faut surtout pas se leurrer en se fiant aux apparences. Car certaines personnes qui, du jour au lendemain, se permettent de rouler dans de luxueuses voitures et de vivre dans de confortables habitations ont chacun d’entre eux une «courte nouvelle» qui résume leur parcours dans la vie. Plusieurs personnes s’y retrouveront, certainement.


 


Mona BEN GAMRA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com