E.S.S. – Boca Le jeu et les joueurs : Un choix tactique approprié, mais…





En toute logique, Bertrand Marchand a choisi de compter sur des atouts dont son équipe est capable. En optant pour le pressing, très haut cette fois-ci, l’Etoile a su gérer le match tactiquement en bloquant, bien loin, l’adversaire.


 


Face à un adversaire très fort à tous les niveaux, il fallait jouer de manière intelligente afin de ne pas se laisser dominer et de priver les Argentins d’espaces. La tâche n’était guère facile et il fallait, également, choisir les hommes qu’il faut pour cette tâche. Ainsi, l’Etoile a évolué en 4-5-1, mais il ne s’agissait point d’une option défensive car tous les joueurs étaient impliqués dans un pressing très haut qui éloigne l’adversaire et l’empêche de développer son jeu.


Du point de vue effectif, il y a eu quelques changements attendus avec la rentrée de Meriah sur le flanc gauche ainsi que Traoui à l’entrejeu qui a pris la place de Ben Dhifallah pour mieux adhérer à ce 4-5-1. Bien entendu, il fallait profiter des variantes de ce schéma tactique, car il  permettait de créer un surnombre au milieu et même en attaque. C’est à ce  niveau que les Etoilés ont éprouvé certaines difficultés car Sacko, à titre d’exemple, a bien accompli sa tâche au niveau du marquage et du pressing, mais il a été presque inutile en phase offensive. D’autres aléas s’y sont mêlés avec la sortie prématurée du milieu de terrain, Ogunbiyi, un joueur tactique, habile et intelligent. Sa sortie a affaibli le travail offensif de l’équipe et Gharbi, son remplaçant, évolue malheureusement dans un autre registre. Marchand a gardé ces mêmes choix tactiques, même après le but encaissé vers la fin de la première mi-temps. Ce fut un choix logique face à un adversaire capable de faire la différence à tout moment. La prise de risque a progressivement eu lieu lors du dernier quart d’heure, d’autant plus que Boca Juniors a dû évoluer à dix après l’expulsion de Vargas. L’incorporation de Ben Dhifallah, puis celle de Gilson, ont donné plus de poids à la ligne d’attaque tunisienne et les opportunités de revenir au score n’ont pas manqué. Avec un Chermiti très remuant, l’Etoile a pu créer le danger, mais les Argentins, réalistes et calculateurs, ont fermé les issues pour préserver leur avantage. Ils sont même passés du 4-3-3 initial à un 4-4-2 plus prudent puis à un 4-4-1 avec un joueur en moins durant les dernières minutes.


En somme, l’Etoile a fait preuve d’une grande application et d’une maturité surprenante dans une compétition aussi exigeante. Bertrand Marchand a su composer avec les moyens dont il dispose et on peut dire que, tactiquement, il a été intelligent, réaliste et sage, à l’image d’une équipe qui n’a pas cédé à la fébrilité ni à la précipitation durant deux matches aussi difficiles. Sur un plan individuel, certains joueurs ont évolué au-dessus du lot, tels Felhi et Ghezal, les deux tours de l’axe défensif, Nafkha à l’entrejeu et Chermiti en attaque.


 


Mathlouthi (6)


Curieusement, dans un match aussi difficile, il n’a pas eu beaucoup à faire. Il ne pouvait rien sur le but de Cardozo et il fut irréprochable malgré quelques sorties ratées.


 


Frej (6)


Il a été beaucoup mieux que lors du premier match. Certes, il fut débordé à plusieurs reprises par son adversaire direct, mais il a été très présent en phase offensive et il a animé le côté droit.


 


Meriah (5,5)


Malgré sa fraîcheur, il n’a pas livré un grand match. En défense, il a commis beaucoup de fautes alors qu’en soutien, il s’est contenté des balles arrêtées.


 


Falhi (7,5)


Impressionnant de rigueur, de solidité et d’intelligence de jeu, le jeune défenseur étoilé n’a laissé que des miettes au pourtant expérimenté Palermo, son adversaire direct. Avec une réussite presque totale dans les duels, Falhi a été parmi les meilleurs.


Ghezal (7,5)


Il a confirmé son retour en forme. Impérial dans sa zone, il a couvert tous ses coéquipiers avec succès et il a même tenté de relancer et de contribuer au jeu offensif. Il fut l’auteur d’une sortie très convaincante.


 


Sacko (5,5)


Le jeune pivot étoilé n’a pas été capable d’entrer pleinement dans le match. Grâce à sa force physique, il a été utile dans l’application du pressing, mais il n’a rien fait d’autre.


 


Narry (6,5)


Comme à son habitude, il a couvert un terrain énorme et il a soutenu l’entrejeu et l’attaque en permanence. Il n’a pas eu sa réussite habituelle, mais il a pu, tout de même, sortir un bon match.


 


Nafkha (7)


Au four et au moulin, il fut présent sur tous les coups même s’il a été, parfois, brouillon. Il n’a pas su exploiter une belle opportunité pour égaliser, mais il fut globalement irréprochable.


 


Traoui (6)


Il a fait juste son boulot sans s’investir davantage. Pas encore au top, physiquement, son rendement a été irrégulier et son remplacement était justifié.


 


Ogunbiyi (N.N.)


Il n’a joué que quelques minutes et le mauvais sort l’a privé d’être de cette bataille.


 


Chermiti (7)


L’attaquant étoilé a tout tenté pour déstabiliser la défense argentine et il s’en est généralement bien sorti malgré le manque de soutien en phase offensive. Il a été tout près d’égaliser, à deux reprises, mais le gardien de but adverse et le sort en ont voulu autrement.


 


Gharbi (6)


Il a remplacé Ogunbiyi au bout de dix minutes de jeu et il a essayé d’être au service de l’entrejeu et de Chermiti. Il a été appliqué, sans plus et il lui a manqué un peu plus d’imagination en attaque.


 


Ben Dhifallah (5,5)


Il a été intégré pour renforcer le compartiment offensif. Placé aux côtés de Chermiti, il a eu de la peine à lutter avec les défenseurs argentins.


 


Gelson (N.N.)


A disputé un quart d’heure plein avec une très belle occasion qui l’a vu placer son heading à côté alors qu’il a été tout près de la cage.


 


Kamel ZAIEM




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com