M. Jelloul Hajlaoui, directeur de «Lingua Land» : «Etudier l’anglais pour enrichir notre identité»





M. Hajlaoui, qui a voué sa carrière à l’enseignement de la langue anglaise par les nouvelles technologies et les approches culturelles, nous a confié, à l’occasion d’un entretien sur les facettes innombrables de ce sujet, que si l’anglais est la langue dominante, cela ne veut aucunement dire que son apprentissage menace l’identité de ceux qui l’apprennent. Il estime même que l’objectif primordial de l’étude de cette langue est d’enrichir notre propre identité à travers la confrontation des valeurs et le contact d’une autre civilisation et d’une autre culture.


 


Le Quotidien: Quelle est la chose la plus importante que vous avez apprise, en tant que promoteur de la langue anglaise, de vos 20 ans aux Etats-Unis?


M. Jelloul Hajlaoui : Mes années aux Etats-Unis étaient pour moi une expérience de qualité. Elles m’avaient permis de me pencher sur la spécificité d’un monde qui a toujours quelque chose à vous apprendre. Vouer à sa patrie un amour sans faille est l’un des composants fondamentaux de la personnalité américaine quelle que soit son appartenance et ses idées.


Cela, se manifeste à travers plusieurs points, tels que le travail sérieux, sincère à l’égard de la société et, quelle que soit la position qu’il occupe au sein de sa société, l’Américain accorde à son travail une importance primordiale assortie d’une vision patriotique. Il considère son travail comme un investissement général de sa famille, de sa patrie et des futures générations sans se laisser influencer par la matière ou par le comportement de son patron à son égard. Les jeunes américains s’intéressent énormément aux organisations non gouvernementales et surtout aux associations universitaires. La force de l’employé réside essentiellement dans sa façon de penser par rapport à son travail. Participer à l’évolution de son entreprise, représente pour lui un devoir. La force du patron réside dans sa façon de traiter son employé. Les employeurs considèrent qu’ils doivent entretenir avec leurs employés une relation quasi familiale, mais sans relâcher la discipline de l’entreprise.


Tout ce que je viens d’avancer m’a inspiré l’idée d’enseigner la langue anglaise ainsi que les autres langues étrangères importantes par le moyen d’une technologie très évoluée afin de permettre aux tunisiens de maîtriser cette langue et de leur faciliter la communication avec le monde développé pour découvrir les secrets de la réussite et du progrès social.


 


Comme pour l’anglais des affaires, peut-on apprendre un anglais de l’Internet ?


A mon avis, on ne peut pas parler d’un anglais de l’Internet, l’anglais de l’Internet n’est autre que l’anglais de la communication. Pour le concevoir, on devrait au préalable maîtriser la langue anglaise et ses règles fondamentales. C’est ainsi qu’on pourrait comprendre et analyser tout type de texte, abstraction faite de son degré de complexité.


 


Les néologismes inventés par les jeunes dans le monde anglo-saxon sont-ils en train d’influencer l’apprentissage de l’anglais ?


Les néologismes inventés par les jeunes dans le monde anglo-saxon influencent certainement l’apprentissage de la langue anglaise. Comme toute autre langue, l’anglais peut ou même doit subir constamment des transformations.


Ainsi, l’enseignement de cette langue doit nécessairement prendre en considération toute création récente et toute acceptation nouvelle d’un mot. Ce qui nous permet évidemment de mieux maîtriser cette langue, de déchiffrer ses codes et même de saisir le développement de la civilisation anglo-saxonne.


 


Pourquoi Lingua Land invite-t-elle régulièrement des personnalités étrangères ?


Pour plusieurs raisons…, entre autres l’échange des expériences et des idées. Ce qui nous permet d’améliorer constamment le niveau de l’apprentissage de la langue anglaise dans notre Institut. Par ailleurs, ces rencontres (qui assurent  la confrontation des valeurs de notre civilisation avec celles des civilisations étrangères) facilitent aux Tunisiens la connaissance de l’autre et leur permet de découvrir de près les qualités du monde développé dont on peut s’inspirer.


 


Pourquoi avoir justement choisi le Dr Ruth Petzold pour les trois workshops que vous venez d’organiser ?


Le Docteur américain Ruth Petzold est une diplomate, chargée de l’enseignement de la langue anglaise en Asie et en Afrique du Nord. Et nous avons eu un grand honneur à la recevoir parce que c’est elle qui a choisi de visiter Lingua Land pour avoir une idée sur l’usage des nouvelles technologies dans l’enseignement de la langue anglaise en Tunisie, surtout que l’«Interactive Langage Teaching» a pu réaliser de grands succès en Amérique. Sa visite a coïncidé avec l’organisation des trois workshops, à l’occasion desquels on a invité Mme Ellen Bienstock, la responsable du Centre américain en Tunisie, ainsi que d’autres grands personnages parmi lesquels le fameux journaliste tunisien M. Walid Tlili.


 


Que voulez-vous dire par «apprentissage interactif» ?


L’apprentissage interactif est un système éducatif qui se base sur des technologies informatiques évoluées. La pédagogie appliquée s’appuie à la fois sur les ordinateurs, les projecteurs et des programmes électroniques très développés… outre la méthode traditionnelle.


Le support éducatif de l’écoute et de la culture fournit des aspects nouveaux sur des sujets universels et les étudiants ont beaucoup de possibilité de pratiquer une nouvelle langue à travers une grande diversité d’activités communicatives, notamment la possibilité d’enregistrer leur voix au cours des discussions qui mettent en valeur le vocabulaire et les règles déjà acquises. Ceci a pour objectif la correction de la prononciation et la compréhension des différents principes de l’usage linguistique.


Cette méthode pédagogique moderne est coûteuse mais elle est très fructueuse. En fait, elle facilite et parfait le processus de l’assimilation des différentes leçons. Par là, on peut affirmer qu’à travers nos cours multimédias, nos programmes dynamiques et stimulants ainsi que nos programmes d’enseignement interculturels, les étudiants apprendront les langues d’une manière efficace et sûre qui suscite l’enthousiasme et la motivation.


 


Comment le «multiculturel» doit-il se manifester dans l’apprentissage ?


Le multiculturel dans l’apprentissage d’une langue, se manifeste à travers la langue même. Or, la langue est le canal par lequel passe la culture et la civilisation d’un peuple. En fait, le contenu des supports utilisés dans notre institut, transmet d’une façon précise les différentes caractéristiques déterminantes de la vie sociale et culturelle anglo-saxonne : les traditions, l’éducation, le mode de vie, les loisirs, l’histoire, l’architecture, la littérature…


 


Ceux dont l’anglais n’est pas la langue maternelle peuvent-ils espérer atteindre le même niveau que les natifs ? Comment ?


Ceux dont l’anglais n’est pas leur langue maternelle peuvent sans doute espérer atteindre le même niveau que les natifs.


En fait, nos cours interactifs reposent sur des manuels et CD-Rom de l’Université de Cambridge, leader mondial dans la publication et l’enseignement de la langue anglaise. Ces supports pédagogiques garantissent l’apprentissage sûr et efficace de la langue.


Par ailleurs, l’application des différentes consignes dictées par nos divers supports pédagogiques ainsi que la pratique de la langue à travers la communication sur Internet ou avec des anglo-saxons permettent à l’étudiant d’atteindre un niveau très élevé, voire le niveau d’un natif de cette langue.


 


Alors que l’anglais est la langue dominante, comment parvenir à garder son identité quand on l’étudie ?


L’anglais est la langue dominante, certes… mais cela ne veut aucunement dire que son apprentissage contribue obligatoirement à détacher la personne de son identité. L’objectif primordial d’étudier une langue n’est pas la recherche d’une autre identité, mais plutôt d’enrichir notre propre identité à travers la confrontation des valeurs et le contact d’une autre civilisation et d’une autre culture, ce qui nous permet d’acquérir une vision plus vaste et plus ouverte du monde extérieur.


Moi-même et tant d’autres qui ont eu l’occasion de vivre au sein d’une société anglo-saxonne pendant une longue période et de connaître les gens de près sommes l’exemple vivant des personnes qui ont pu garder et protéger leur propre identité. Bref, à mon avis, la question reste relative à la personne concernée et à ses propres convictions.  


 


 Manoubi AKROUT


manoubi.akrout@planet.tn




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com