Rafsandjani critique la politique d’Ahmadinejad





* « C'est ce même genre de politique qui avait précipité la chute du Shah»


 


Le Quotidien-Agences


L'ancien président iranien Akbar Hachémi Rafsandjani a critiqué hier la poussée d'inflation en Iran et comparé la gestion du problème par le président Mahmoud Ahmadinejad à la politique qui avait conduit au renversement du chah. "Il faut considérer ce problème avec sérieux. Il faut le traiter avec l'expertise économique et non avec des slogans et des jeux politiques", a déclaré Rafsandjani, considéré comme un conservateur pragmatique, dans un sermon diffusé par la radio d'Etat.


Dimanche, Ahmadinejad avait expliqué que l'inflation, qui a atteint 19,1% en novembre, était due à une augmentation du prix du pétrole, à la baisse du dollar mais aussi à une "guerre psychologique" de ses adversaires contre sa politique économique.


"Evitez les slogans et les statistiques incorrectes et présentez la réalité", a dit l'ancien président Rafsandjani dans un sermon.


L'inflation est une des questions politiques au cœur de la campagne des législatives iraniennes du 14 mars.


Ahmadinejad s'est fait élire en promettant de redistribuer aux plus pauvres les bénéfices dégagés par l'industrie pétrolière. Une de ses mesures pour combattre l'inflation a été d'augmenter les importations.


Or, selon Rafsandani, c'est ce même genre de politique qui avait précipité la chute du chah Mohammad Reza Pahlavi en 1979, renversé par la révolution islamique.


"Quand les prix du pétrole augmentèrent à l'époque du Shah, il tenta de satisfaire la population en augmentant les importations. Mais ceci mit la production au ralenti", a-t-il déclaré. "Ce fut une des principales raisons de sa défaite".


Rafsandjani préside actuellement le Conseil de discernement du régime, la plus haute instance d'arbitrage politique, et l'Assemblée des experts, chargée de désigner, contrôler et le cas échéant démettre le guide suprême.


Ses proches ont uni leurs forces avec les réformateurs et des modérés contre les partisans d’Ahmadinejad dans la perspective des législatives.


La politique économique du gouvernement s'est attirée hier d'autres critiques dans le camp conservateur, celles du vice-président du Parlement Mohammad Reza Bahonar.


"Le neuvième gouvernement (actuellement au pouvoir) est un gouvernement d'action, mais ses actions doivent être raisonnables et logiques", a déclaré Bahonar, selon l'agence de presse Fars. "Elles sont actuellement populistes".




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com