Après l’affaire Blackwater : Une société privée britannique sous les feux de critiques





Le Quotidien-Agences


Plusieurs députés britanniques ont réclamé une enquête parlementaire après les accusations d'anciens employés d'une entreprise de sécurité en Irak qui auraient eu pour instruction de ne pas transmettre des renseignements sensibles à l'armée britannique, écrit hier le Guardian.


Les deux parlementaires, Jeffrey Donaldson et Phyllis Starkey, s'appuient notamment sur les propos de Colin Williamson, 44 ans, pour obtenir cette enquête sur l'attitude en Irak de la société de sécurité britannique ArmorGroup.


Ancien policier en Irlande du nord qui a rejoint ArmorGroup en décembre 2004, Williamson a travaillé en Irak jusqu'à l'été 2005.


"Mon rôle était de me rendre chaque jour dans un certain nombre de postes de police de la région de Bassorah. Mais on nous avait dit de ne rendre compte d'aucun des renseignements que nous pouvions y recueillir, de ne pas les communiquer à l'armée britannique", a indiqué Williamson au Guardian.


"Pourquoi? Parce que nos patrons et probablement, à son tour, le FCO (ministère des Affaires étrangères) ne voulaient pas révéler au grand jour l'ampleur de la corruption au sein de la police et de son infiltration par les milices", a-t-il poursuivi.


Selon le journal, certains renseignements "auraient pu s'avérer cruciaux".


Williamson a expliqué qu'il avait une "source irréprochable" qui était "si bien informée qu'un jour (l'homme) a téléphoné pour dire  «vous allez être attaqués à tout moment» et avant même de raccrocher, les tirs de mortier ont commencé".


Il a également accusé la société de sécurité d'avoir gonflé le nombre de ses employés déployés en Irak.


Contactée par le quotidien, ArmorGroup a indiqué qu'il n'y avait "aucune politique en place" interdisant la transmission de renseignements aux troupes britanniques et nié avoir exagéré l'ampleur de sa présence en Irak.


Mais Williamson ne serait pas l'unique source d'accusation. Mme Starkey a évoqué "des accusations encore plus graves" émanant d'ex-employés d'ArmorGroup en Irak et en Afghanistan, dont certains travaillaient auparavant pour la police britannique.


"Ces sources sont, de mon point de vue, des personnes fiables; ce sont des personnes qui ont servi leur pays par le passé", a souligné Donaldson.

Le 16 décembre, les Britanniques ont remis officiellement aux Irakiens le contrôle de la province de Bassorah, la dernière des quatre provinces placées sous l'autorité du Royaume-Uni après l'intervention en mars 2003. Au total, neuf provinces irakiennes sur 18 sont actuellement contrôlées par les Irakiens.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com