Sybille Pfeiffer : Dans la toile d’un Orient de soie





Sybille Pfeiffer, la plus Tunisienne des Autrichiens, expose depuis le 7 décembre 2007 sur les cimaises de la galerie Chérif Fine Art de Sidi Bou Saïd une palette de ses peintures rythmées par une ribambelle de tons et textures de notre Orient généreusement bigarré.


 


Madame vient de Vienne et elle a de l’art à en revendre. Son univers constitué d’une foule de couches extraites du Japon, de l’Inde, de la Côte d’Ivoire, de chez nous (où elle a appris à se familiariser avec nos couleurs et lumières depuis la fin des années 1990), et d’autres terres lointaines est en éternel mouvement autour d’un cycle qui ne ternit jamais avec les mythes, religions et autres symboles qui font la diversité des peuples.


Son exposition qui va se prolonger jusqu’au 7 janvier de l’année prochaine est un monde sans fin. Et l’imaginaire de notre artiste va plus loin qu’on ne le pense avec la panoplie de matériaux utilisés. Sybille ne rate quasi rien sur son passage, piochant des idées par-ci, des fragments de formes par-là qu’elle compose et décompose selon sa sensibilité leur donnant autre aura, autre regard, autre dimension.


Les 56 petites merveilles qui ornent actuellement la galerie de Hamadi Chérif plongent les visiteurs dans une sorte de bazar aux couleurs chatoyantes tirées avec leurs racines du tréfonds de l’histoire. C’est du bois, de la toile et du papier où l’artiste a collé ses petites errances et les envolées de ses écritures.


A partir d’un océan trempé dans un vert tendre, un bleu d’Azur, un jaune d’œuf ou poussin, un rose indien, un vert marabout ou de palmier, …et qui bave de tous les côtés, Sybille trace les carrés de son fief d’inspirations, de pérégrinations. C’est comme un agenda qu’elle ponctue avec sa calligraphie bien particulière, ses motifs singuliers venant de la brousse, du désert, de la jungle, de l’Amazonie qu’elle a sillonnés à petits ou grands pas, à cheval de pur sang arabe, sur le dos d’un éléphant du pays de Ghandi, entre les airs ombragés et touffus ou fortement ensoleillés. Des paysages remplis de lanières, de tissus de soie avec des bretelles de motifs chauds, griffonnés de droite à gauche, de gauche à droite, de haut en bas ou de bas en haut dans un vocabulaire qui ressemble tantôt à l’écriture arabe, perse, latine, …tantôt à la chinoise ou à la nipponne et parfois d’un autre lexique qu’on ignore mais qui nous plaît à souhait. Des atmosphères festives, des rites et des discours sortant des temples et mosquées, des cycles de bonheur volant doucement à tous les sens au gré des vents du nord, du sud, de l’occident et d’orient dans des œuvres peuplées de techniques mixtes et qui décrivent le monde. Le monde qu’a survolé Sybille et qu’on visite et revisite avec enthousiasme est une invitation ouverte aux amoureux de l’art qui circule librement. L’art, lui seul qui ne reconnaît pas les frontières et qui s’épanouit dans les brassages.


 

Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com