Les jeunes et les fêtes de fin d’année : Avec la famille ou nulle part ailleurs !





L’année 2007 tire à sa fin. Les paillettes et les lamelles brillantes décorent les magasins et les vitrines. La nouvelle année administrative pointera du nez dans quelques jours. Le réveillon semble être une occasion pour les jeunes pour faire la fête d’autant plus qu’ils sont en vacances. Or, cette fête n’est pas de chez nous… Que représente justement le réveillon pour les jeunes ? Quel programme envisagent-ils pour cette occasion ?


 


Tunis-Le Quotidien 


La fin de l’année est célébrée dans la majorité des foyers tunisiens. Les préparatifs ont déjà commencé depuis quelques jours : certaines familles, décorent leurs maisons avec des fleurs et des guirlandes pailletées, et préparent des repas spéciaux et copieux le soir du nouvel an! Jeunes et moins jeunes se mobilisent entièrement durant la dernière semaine du mois de Décembre pour les préparatifs de la soirée de fin d’année. Toutefois, après avoir atteint un certain âge, les adultes « s’assagissent » et ne font plus vraiment d’efforts pour célébrer le jour de l’An. Les jeunes gens, quant à eux, continuent à accorder au réveillon une grande importance. Ils aiment tout ce qui a trait aux réjouissances et à l’ambiance festive.  De plus, la majorité des jeunes semblent s’imprégner du way of live occidental. Si l’on doit croire à ces constats, on sera amené à penser que ces jeunes ne reculent devant rien pour faire la fête. S’ils  ne fêtent pas spécialement le nouvel an de l’Hégire ou la Achoura, ils peuvent célébrer des fêtes comme Noël,  le Thanksgiving day ou Pâques…L’essentiel pour eux, c’est de s’amuser ! Le réveillon compte également parmi les fêtes célébrées avec le plus grand plaisir par les jeunes . Ils mettent leurs plus beaux habits neufs, se préparent à accueillir le nouvel an et casquent le prix qu’il faut pour l’occasion. Certains restent avec la famille, d’autres sortent avec des amis pour faire la fête quelque part où l’ambiance est garantie. Ils veulent recevoir la nouvelle année qui s’annonce dans la gaieté et la joie. Il semble que cette ambiance festive leur permet d’enterrer l’année écoulée et de se débarrasser de ses ennuis. Reconnus pour leur jovialité, les jeunes tiennent à jouir de l’ambiance festive du réveillon. Toutefois, certains peuvent aller loin… Le fait de faire la fête leur fait perdre la tête et ils peuvent faire l’objet de plusieurs dépassements à très hauts risques, dont essentiellement la consommation abusive d’alcool…


Hanène, 26 ans, n’est pas très branchée par la fête de fin d’année. «On prépare un dîner un peu spécial et un gâteau juste pour recevoir le nouvel an avec quelque chose de sucré et pour que notre nouvelle année administrative soit reçue avec gaieté de cœur. Je n’ai jamais fêté le jour de l’an et ce pour plusieurs raisons. D’abord, cette fête s’est introduite comme un intrus dans nos habitudes. Elle n’a aucune signification si ce n’est la réception d’une nouvelle année. Pour moi, le nouvel an de l’Hégire est la fête que nous autres arabo-musulmans devons fêter. Secundo, si on s’avise de sortir ce soir là, on risque d’être confronté à une réelle euphorie qui n’a vraiment aucune raison d’être! L’embouteillage est terrible, plusieurs conducteurs sont à moitié soûls, les accidents de voitures se multiplient et l’on à affaire à des soirées qui fourmillent de gens! Troisièmement, cette fête fait partie des rituels étrangers et, que je sache, je suis arabe et musulmane ! D’ailleurs, c’est en copiant avec tant d’aveuglement les occidentaux, qu’on restera toujours des consommateurs sans pouvoir accéder au rang des producteurs actifs et des créateurs. Et puis, la majorité des jeunes prétendent le fêter sans vraiment y croire et qu’ils ne cherchent qu’à passer d’agréables moments et à faire la fête. Or, il est totalement possible de faire la fête tous les jours si on veut, cela ne doit pas avoir un rapport avec les fêtes d’autrui », dit-elle.


Nesrine, 23 ans, passe également la soirée du réveillon chez elle avec les membres de sa famille. La jeune fille est d’une nature sobre et elle ne supporte pas l’euphorie insensée des gens durant la soirée su Nouvel an. « On a toujours fêté la fin de l’année chez nous, tout simplement parce que cette fête coïncide avec l’anniversaire de ma mère. Je ne suis pas pour la fête de fin d’année. Je trouve débile que des gens se mettent dans tous leurs états et plongent à un stade d’euphorie rien que parce que l’on passe d’une année à une autre. Parfois, je regarde par le balcon et je vois des jeunes déambuler sans aucune conscience dans un état de totale ébriété. Parfois, cela fini par des disputes, par des accidents de voitures voire par des drames parce que certains y laissent leur vie ! Cela en vaut-il le coup ? Je ne le pense pas vraiment! La soirée de fin d’année est toujours très froide, alors je préfère rester avec les membres de ma famille bien au chaud. Nous préparons un dîner un peu spécial avec des plats variés et le gâteau, c’est pour l’anniversaire de ma maman. Je ne suis jamais sortie et l’idée de sortir célébrer le jour de l’an ne me tente même pas », dit-elle.


Aymen, 21ans, travaille depuis deux années dans un restaurant de renom. Le jeune homme y passe donc la soirée de fin d’année comme les deux années précédentes. « La majorité des tunisiens, peu importe leur âge, fêtent le jour de l’an. Certains le passent dans un hôtel, d’autres se rendent chez des amis ou des proches. Il y a aussi ceux qui se rendent dans des restaurants et le reste le fête «at home» en famille. Cette occasion s’est transformée en une habitude. Comme on fête les Aïd religieux, on fête le jour de l’an, pourtant cette fête n’a pas de rapport avec nos origines arabo-musulmanes ! Pour moi, c’est une soirée comme les autres, il n’y a vraiment rien d’exceptionnel à part le fait de recevoir une nouvelle année administrative. Lorsque j’étais étudiant, je passais cette fête à la maison avec la famille. On dîne, ensuite on mange du gâteau juste pour que la nouvelle année soit reçue avec un goût sucré. Je ne suis jamais sorti pour fêter le Nouvel an et je ne pense pas que je le ferai un jour », dit-il.


Bassam, 26ans, n’a jamais fêté la soirée de fin d’année ni chez lui ni ailleurs. « Depuis, tout petit, j’entendais mon père dire que nous ne devons pas fêter le nouvel an, que cela ne fait pas partie de notre religion ni de nos habitudes. Et comme mon père est mon exemple, cette idée s’est ancrée dans ma tête et personne ne pourra m’en dissuader. Le nouvel an et Noël sont liés à la naissance du Christ et même si nous reconnaissons que c’est un prophète de Dieu et que nous lui devons tout l’amour et le respect qu’il faut, il ne faut pas oublier que nous sommes musulmans et que c’est Mohammed (saw) qui est notre prophète à nous. Voilà ce que mon père m’a toujours dit et c’est ce à quoi je crois. Et puis qui dit fête de fin d’année, dit alcool et je n’ai jamais touché à cette chose qui fait perdre la boussole à l’être humain et le rend inconscient, irresponsable et dangereux », dit-il.


 


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com