Youssef Zouaoui : «Je reviens à l’E.S.T. avec plaisir et sans appréhension aucune»





Prolixe  et riche d’une expérience  consommée d’entraîneur, Youssef Zouaoui est revenu à l’Espérance avec un plaisir certain. Mais aussi avec la certitude que l’avenir sera meilleur que son présent au vu de l’engouement impressionnant du public sang et or.


 


 


Vous voilà de retour à l’Espérance alors que le championnat est à mi-parcours. S’agit-il là d’un risque que vous courez?


En général, on court toujours un risque quand on arrive en milieu de saison, mais comme je connais bien l’EST que j’ai dirigée six fois avec trois arrivées en pleine saison, je ne pense pas prendre de risques. J’espère en tout cas que ce retour sera accompagné de réussite. Et puis je suis là pour aider le club qui connaît une situation difficile mais normale. Cela arrive à tout club après une période faste et riche en consécrations. On va essayer de remettre l’équipe à la place qui lui sied, surtout si toutes les parties conjuguent leurs efforts pour le bien de l’EST. Enfin, je reconnais que j’ai connu les meilleurs moments de ma carrière au Parc B et je piaffe d’impatience de les revivre de nouveau. Sur le plan personnel, ce retour, je le vis avec plaisir et sans appréhension aucune car mon avenir est derrière moi.


Regardez, Maher Kanzari qui était joueur sous ma direction, il est aujourd’hui mon collaborateur.


 


Quels sont les objectifs que les responsables espérantistes ont fixés avec vous?


A l’Espérance, on vise toujours les consécrations. C’est un destin. On ne peut seulement penser qu’à l’avenir. Les jeunes joueurs sont toujours injectés progressivement pour insuffler du sang neuf. Cette fois-ci, c’est l’occasion ou jamais pour les jeunes qui ont déjà joué avec les seniors.


 


Avant de débarquer au Parc B, vous auriez exigé le recrutement de six joueurs d’envergure. Où en sont les choses?


J’ai seulement demandé trois nouveaux bons joueurs. A chaque Mercato, même quand les affaires vont bien, tout club cherche à se renforcer. A l’EST on vise des postes bien particuliers et les nouveaux arrivés doivent apporter le plus et bien encadrer les jeunes éléments. Sachez aussi qu’en Tunisie il n’y a pas de vraie politique  de recrutement, et c’est  pour cette raison qu’il y a souvent des échecs. Les choix sont très limités, car une recrue doit se montrer efficace dès le premier match. N’oubliez pas aussi l’aspect financier. Dans les pays du Golfe, les clubs déboursent des milliards de nos millimes pour s’attacher les services de bons joueurs, alors qu’ici, les présidents agissent avec les moyens du bord.


 


Quelles sont vos premières impressions après la prise de contact avec les joueurs?


Souvent, la première séance d’entraînement ne peut constituer un repère fiable. Mais quand j’ai vu ces milliers de fans venus assister à l’entraînement, je me suis dit que l’Espérance demeure toujours ce grand club de toujours.


Le grand public motive les joueurs et les incite à donner le meilleur d’eux-mêmes. Selon Maher Kanzari, il y a eu beaucoup d’application et de concentration. Une pareille ambiance peut réveiller un mort. De bon augure avant le classique de demain face au CSS.


 


Où réside, selon vous, l’importance du match de demain face au CSS?


C’est toujours important de gagner face à un grand. Et puis nous aurons à cravacher dur durant la trêve pour repartir sur de bonnes bases à la reprise.


 


Qu’en est-il du contrat qui vous lie à l’EST?


Je n’ai pas encore signé de contrat. Je suis là car j’ai promis à M. Hamdi Meddeb de débarquer au Parc B quand il me ferait signe et lorsque je serais libre de tout engagement. Maintenant, que c’est fait, je pense que le contrat sera d’une durée d’un an et demi. La stabilité à tous les niveaux est toujours positive. L’Espérance a connu beaucoup d’entraîneurs ces derniers temps, et ce n’est pas dans ses habitudes.


 


Quel est votre programme de travail pour la trêve du championnat de la L1?


Maintenant que le calendrier est connu, on a prévu quatre à cinq jours de repos pour tout l’effectif la semaine prochaine. La reprise aura lieu le 7 janvier avec un stage à Djerba qui se poursuivra jusqu’au 17 du même mois.


Puis on mettra le cap sur Dubaï où le climat est printanier et propice pour les entraînements. Nous aurons aussi  l’occasion de rencontrer des adversaires européens d’envergure qui seront eux aussi en stage de préparation. Ce stage se poursuivra du 18 au 30 janvier.


 


Dans votre mission vous serez secondé par Maher Kanzari. Comment définissez-vous les rapports entre vous deux?


Je l’ai connu comme joueur puis comme membre du staff technique national. Notre devoir est d’encourager les jeunes entraîneurs. Je mettrai mon vécu et mon expérience à sa disposition . A lui d’en tirer profit.


 


Comment jugez-vous la situation actuelle du football en Tunisie après quelques années d’absence?


Sincèrement, à mon arrivée, j’ai constaté beaucoup de changement au niveau des rapports qui régissent les clubs, les entraîneurs, les joueurs d’un côté et la presse de l’autre. J’ai noté une certaine agressivité, des dépassements condamnables et les conséquences ne peuvent être que fâcheuses pour le football tunisien. Critiquer c’est bien, mais toucher les personnes dans leur honneur n’a jamais servi. Certains débats télévisés ont dépassé les limites. C’est bien dommage.


 


Propos recueillis par


Jamel BELHASSEN




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com