Controverse sur la mort de Benazir Bhutto : Al Qaida accuse Musharraf, le gouvernement prêt à exhumer le corps





La controverse enflait hier sur les circonstances de la mort de Benazir Bhutto, deux jours après l'attentat suicide qui a plongé le Pakistan dans la paralysie.


 


Le Quotidien-Agences


L'incertitude politique et la peur d'un embrasement (déjà 33 morts dans des émeutes) font désormais planer le risque d'une annulation des élections législatives et provinciales prévues le 8 janvier.


Chef présumé d'Al-Qaïda au Pakistan, Baïtullah Mehsud a démenti hier être à l'origine de cette tragédie, comme l'en a accusé le gouvernement.


"Il n'est pas impliqué dans cet attentat", a déclaré un de ses porte-parole, le maulana Omar, dénonçant "un complot du gouvernement, de l'armée et des services de renseignements" pakistanais.


Le kamikaze a ouvert le feu sur Benazir Bhutto à l'issue d'un meeting électoral à Rawalpindi (banlieue d'Islamabad) avant de faire exploser la bombe qu'il portait sur lui, tuant au moins 20 personnes


La porte-parole de Mme Bhutto a affirmé  que l'ex-Premier ministre avait été touchée par une balle à la tête, démentant la version du gouvernement.


"J'ai vu qu'elle avait une blessure par balle à l'arrière de la tête et une autre, causée par la sortie de la balle, de l'autre côté de la tête", a déclaré Sherry Rehman, assurant avoir lavé le corps avant l'enterrement.


Le gouvernement s’est dit prêt à exhumer le corps de Bhutto, si son parti le souhaite, pour déterminer les causes exactes de sa mort, mais a reconnu qu’elle était de toute manière la conséquence de l’attentant.


Le gouvernement, citant les médecins qui ont effectué l'autopsie, affirme que Bhutto a été tuée par un choc à la tête en heurtant le levier du toit ouvrant de sa voiture, pour éviter les balles de l'agresseur. Aucune balle n'aurait touché Bhutto.


"C'est ridicule (...) c'est une tentative pour déguiser la vérité", selon Rehman.


"On a demandé aux responsable de l'hôpital de changer leur version, ils n'ont pas donné le rapport original" de l'autopsie, a-t-elle accusé.


Quelle qu'en soit la cause directe, la mort de Bhutto est le résultat d'un attentat.


Le Parti du Peuple Pakistanais (PPP) que dirigeait Bhutto, principal mouvement de l'opposition, accuse le pouvoir de Musharraf de l'avoir "tuée" en lui refusant une sécurité appropriée alors qu'elle faisait l'objet de menaces "précises". Elle avait été la cible, le 18 octobre, d'un double attentat suicide à Karachi, le plus meurtrier de l'histoire du pays, qui avait fait 139 morts.


Au deuxième des trois jours de deuil national, boutiques, magasins d'alimentation, stations d'essence étaient presque tous fermés dans les grandes


villes.


Les transports publics étaient quasi-inexistants et très peu de voitures circulaient, les chauffeurs cherchant à remplir en vain leur réservoir ou à dénicher un magasin d'alimentation ouvert.


Certaines artères, essentiellement à Karachi, mégalopole de 12 millions


d'habitants et fief du parti de Bhutto, portaient des traces des violences


entre émeutiers et forces de sécurité qui ont reçu l'ordre vendredi de "tirer à


vue", selon un journaliste sur les lieux..


Le gouvernement a clairement accusé Al-Qaïda d'être responsable de l'attaque visant Mme Bhutto, comme le 18 octobre.


Le ministère de l'Intérieur affirme que les services de renseignement ont intercepté un appel téléphonique dans lequel Baïtullah Mehsud félicitait un de ses hommes après l'attentat, et indiqué l'endroit où il se trouvait dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan.

Washington estime qu'Al-Qaïda et les talibans afghans ont reconstitué leurs forces dans cette région, grâce à l'appui des tribus pakistanaises fondamentalistes, dont celle des Mehsud.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com