Assassinat de Bhutto : Le Pakistan «ouvert» à une enquête internationale





Le Pakistan est "ouvert" à l'idée d'une assistance étrangère dans l'enquête sur l'assassinat de l'opposante Benazir Bhutto il y a six jours dans un attentat suicide, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.


 


Le Quotidien — Agences


"Le gouvernement s'est engagé dans une enquête en profondeur et transparente et reste ouvert à toute assistance étrangère", a déclaré à la presse le porte-parole du ministère, Mohammad Sadiq, citant une proposition dans la matinée du chef de la diplomatie française.


A l'issue d'un entretien avec le président Pervez Musharraf, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait offert l'aide d'"experts" français ou de l'Union européenne dans l'enquête des autorités pakistanaises.


La Grande-Bretagne et les Etats-Unis avaient déjà avancé l'idée d'une telle coopération.


L'ex-Premier ministre a été tuée jeudi dans un attentat suicide alors qu'elle sortait d'un meeting électoral à Rawalpindi, dans la banlieue d'Islamabad, pour les élections législatives et provinciales prévues initialement le 8 janvier et reportées en février.


Le gouvernement a aussitôt accusé des groupes liés à Al-Qaïda alors que le parti de Bhutto évoque la piste de hauts responsables proches du pouvoir et des services de renseignement pakistanais, et a demandé une commission d'enquête de l'ONU du type de celle qui a enquêté sur l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafiq Hariri.


Kouchner, premier ministre étranger à se rendre au Pakistan depuis la mort de Bhutto et venu y parler "au nom de la France et des 27 pays de l'Union européenne", avait écarté dès mardi soir l'idée d'une enquête de l'ONU, les conditions étant très restrictives (il faut notamment l'implication présumée d'un pays tiers).


"Mais aujourd'hui, nous avons proposé au président Musharraf de fournir des experts français ou européens" pour aider l'enquête des autorités pakistanaises, a-t-il déclaré à la presse à l'issue d'un entretien de trois quarts d'heure avec le chef de l'Etat à Rawalpindi.


"Monsieur Musharraf nous a répondu que l'idée était intéressante", a ajouté le ministre français.


"C'est certain, il faut une sorte de coopération internationale avec le Pakistan dans cette enquête", a répété Kouchner juste après avoir déposé une gerbe à l'endroit où Mme Bhutto a été assassinée à Rawalpindi et de s'envoler pour la France.


"Nous rendons hommage, au nom de la République française et de l'Union européenne, à la mémoire d'une militante de la paix et de la démocratie", a-t-il déclaré.


Le gouvernement avait jusqu'alors décliné les offres d'aide internationale pour l'enquête, le porte-parole du ministère de l'Intérieur déclarant même samedi que la communauté internationale "ne comprenait pas l'environnement" du pays.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com