Les salles de cinéma en Tunisie : La moisson





«Les salles de cinéma en Tunisie» est le titre de l’opuscule publié par le ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine, il y a peu. Une publication qui fait le bilan du secteur et sert de document de référence en matière de cinéma.


Tout y est. C’est-à-dire les chiffres concernant les salles de cinéma en Tunisie dressant à chaque fois la liste d’informations quant à l’exploitant, l’adresse de la salle, la propriété (à qui elle revient de droit), le nombre des employés, celui des sièges, le prix du billet et le nombre de séances quotidiennes. On fait signe également de l’activité de chaque salle pendant la saison culturelle 2005-2006. A titre indicatif, citons Le Colisée qui a projeté sur le grand écran quelque 36 films, dont 34 sont étrangers, 2 d’origine arabe et aucun film tunisien à l’affiche ! Ca rapporte peu, paraît-il.


On passe en revue de la même manière des informations sur les salles de la capitale et celles des régions qui sont au total 29, dispatchées entre Tunis, l’Ariana, Ben Arous, Bizerte, Béja, Nabeul, Sousse, Monastir, Mahdia, Sfax, Médenine, Hammam-Lif, Mateur, Hammamet, Grombalia, Menzel Temime, Jammel, Ksar Hellal, Moknine, Ksour Essaf et Jerba.


Place aussi au nombre de sièges par salle. Le Colisée se place au devant de la scène avec 1714 sièges. Ils sont au total quelque 13.866 sièges réservés pour le cinéma en Tunisie... en mal de public cinéphile.


Dans la foulée, avançons que ce livret nous livre une information, autant précise que concise sur l’état des lieux de nos salles de cinéma.


La situation est de ce fait rendue si bien évidente. Nos salles de cinéma ont été touchées par «la grâce» des subventions de l’Etat dans le cadre d’un programme de mise à niveau. Reste maintenant à rehausser le niveau des films à projeter !


Ces denrées souffrent d’un manque d’originalité. C’est le cas des affiches placardées qui n’attirent qu’une  catégorie bien particulière de cinéphiles improvisés avides de films osés ou d’œuvres qui les aident à compenser une charge un peu trop pesante de violence physique.


D’autres films que l’on peut dire intéressants ne sont projetés sur nos écrans qu’après avoir été consommés à souhait à l’étranger. Chose qui fait du piratage un gagne-pain favori pour bon nombre de Tunisiens.


Que des problèmes à soulever nous ramenant illico à la sacro-sainte question du public et des salles de cinéma. Des salles fantômes peuplées notamment par les spectres des «amoureux», en mal de lieux de rencontres sociales privées.


L’image virtuelle a-t-elle détrôné la mission... du cinéma en ces temps modernes?


 


Mona BEN GAMRA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com