Nacer Khemir : Un prince à l’écoute de son histoire !






Dessinateur, sculpteur, écrivain, réalisateur, cinéaste… Nacer Khemir est un vrai touche à-tout. Un artiste accompli qui fouille dans les diverses expressions artistiques pour ouvrir le chemin de l’imaginaire. Le théâtre El Hamra vous offre l’occasion, à partir d’aujourd’hui, de découvrir et redécouvrir la vision de Khemir pour l’art.


 


Du conte à la sculpture, du cinéma à la peinture…et des marionnettes à la calligraphie, Nacer Khemir passe avec aisance et talent. Un vrai homme de culture dans les sens les plus spécifiques et appropriés du terme. Il cherche ici et là, il explore toutes les idées et revisite toutes les pistes pour esquisser les ponts du dialogue entre les cultures du Nord et celles du Sud, entre l’Orient et l’Occident. Nacer Khemir est un artiste qui étonne par ses potentiels artistiques et ses capacités innovatrices qui échappent des sentiers battus.


Artiste universel, il s’envole d’une terre à une autre pour exposer les fruits de son amour avec les matériaux, pour offrir quelques parfums de l’Orient, pour raconter une histoire qui rappelle le charme des «Mille et une nuits»…ou pour tourner un film et mettre en bobine une idée. Là où il passe, Khemir crée l’événement. Un bon interlocuteur et un orateur éloquent, cet artiste a toujours des idées à mijoter et des projets à réaliser.


Figure de proue de la scène culturelle nationale et un nom qui sonne bien sur la scène internationale, Nacer Khemir est une source de fierté. Cet homme de culture emblématique sera le centre du programme culturel du théâtre El Hamra que dirige l’homme de théâtre Ezeddine Gannoun. Une belle et bonne idée pour aborder le nouvel an en force et en beauté. Et pour commencer, la direction de cet espace culturel, sis du côté de Rue El Jazira a choisi de programmer « Cinéaste de l’utopie », un film de Fathi Doghri qui introduira le public dans le monde artistique de Khemir et lui permettra de découvrir les autres facettes de cet homme de culture au moment de la genèse des ses multiples œuvres. Le coup d’envoi de cette programmation cinématographique aura lieu, ce soir à partir de 19h00.


                


Bienvenue au monde des contes


Cette impressionnante saga continue jusqu’au dimanche 13 janvier, avec trois autres créations qui ont marqué son parcours artistique et qui seront présentées, chaque jour à partir de 19h00, excepté le dimanche dont le spectacle est prévu à 17h00. Fier de cet héritage culturel commun et de ses traditions qui font notre richesse culturelle, Nacer Khemir a choisi dès ses débuts de se plonger au cœur de ce monde et d’être à l’écoute de toutes ces histoires qui jaillissent de ces terres désertées. En quête de ses délicieux et mystérieux contes qui risquent de tomber dans l’oubli, ce cinéaste a donné le jour à «L’histoire du pays du Bon Dieu» qui a été diffusé en 1975 sur la chaîne française «Antenne 2»… L’attachement de Khemir à ces contes qui font l’imaginaire tunisien a continué et a pris d’autres formes artistiques. D’ailleurs, c’est en publiant le livre «L’ogresse», un conte calligraphique, en 1975, qu’il a participé en France au renouveau du conte, notamment en initiant des ateliers de formation de conteurs.


Conteur contemporain dont le talent est incontestable, Nacer Khemir se situe dans la pure tradition des conteurs d'Orient et donne à entendre des adaptations des contes issus de la tradition orale de notre chère Tunisie. En 1982 et 1988, il raconte durant un mois "Les Mille et Une nuits" au Théâtre national de Chaillot à Paris : chaque soir une nouvelle histoire, 25 heures de récit dans une scénographie de Yannick Kokkos. C’est autour de ces trois remarquables créations «L’histoire du pays du Bon Dieu», «l’Ogresse» et «Les mille et une nuits» qui ont permis au public de savourer cet art et à Khemir de relever son talent de conteur qui sait bien tisser et ficeler ses histoires que s’articule ce programme lancé par El Hamra. Une aubaine pour faire une bonne idée sur les débuts artistiques de ce talentueux cinéaste qui n’a cessé de subjuguer le public et les critiques par ses œuvres calligraphiques, gravures … et par ses films.


Du célèbre film «Les baliseurs du désert» en 1984, lauréat du grand prix du Festival des trois continents à Nantes, du prix de la première œuvre des Journées Cinématographiques de Carthage, de la Palme d’or et du premier prix de la critique de la Mostra de Valence, Nacer Khemir n’a cessé d’offrir au public de beaux films. Avec «Le collier perdu de la colombe», primé à maintes reprises à l’échelle internationale, «Bab’Aziz» ou «Le prince qui contemplait son âme» en 2005 et qui n’a pas encore fait sa sortie dans nos salles de cinéma, «Voyage à Tunis» avec Bruno Moll qui scrute la visite du célèbre artiste peintre Paul Klee en Tunisie, la saga de Nacer Khemir continue en beauté, en attendant de voir sur les planches sa nouvelle création théâtrale «Disparition» qui a vu le jour en 2006 sur la scène du Spiegel Theatre de Zurich.


 


Imen ABDERRAHMANI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com