Hideyuki Ozawa : A la sauce tunisienne !






Invité pour la deuxième fois à la galerie Caliga d’El Menzah 6, l’artiste nippon, Hideyuki Ozawa, un autre amoureux de notre pays, a pour la énième fois peint les lumières de chez nous.


Mais bien à sa manière. Comme une carte postale très bien soignée, et qui brille, un peu trop. Les curieux et autres ont jusqu’au 28 janvier pour voir ce que fait le plus Tunisien des Japonais.


 


Mardi dernier qui coïncide avec la veille du Nouvel An de l’Hégire chez les Musulmans du monde, on avait du mal à passer dans le quartier huppé d’El Menzah 6. Et pour cause: le tout Tunis (ou presque), de l’art et de la création s’est déplacé chez Mohamed Ghali, le patron de la galerie d’art, Caliga. Qui abrite pour la seconde fois successive les travaux de Hideyuki Ozawa. Une forte présence de la communauté japonaise était aussi de la partie. Tout comme l’Amicale des Diplômés des Universités japonaises. De son côté, l’ambassadeur du pays du Soleil Levant en Tunisie n’a pas raté le vernissage de «Voyage en Tunisie 4», (titre de l’exposition), de son compatriote. Sans oublier les autres invités de la diplomatie étrangère résidant dans nos murs. Outre les artistes plasticiens, écrivains, nous avons aperçu Fadhel Jaziri, qui a confié au Japonais une peinture pour son film «1930», actuellement en tournage et qui raconte les années trente de la Tunisie sous le protectorat. A voir tout ce beau monde, l’artiste-peintre, comme s’il ne croyait pas ses yeux, était aux anges. Presque sur des nuages. Entre les grappes humaines, il suivait du regard tous les visiteurs et ça lui arrivait de causer avec quelques uns. Dans sa langue maternelle bien-sûr, en anglais pour ceux qui ne maîtrisent encore pas cette langue de l’Extrême Orient, et même en arabe avec un petit accent. Son accent à lui.


L’homme, devenu depuis un certain temps un habitué de la Tunisie, paraît épris de nos paysages. Ces mêmes lumières qui ont captivé Paul Klee et les autres ne l’ont pas laissé, lui aussi insensible. Mais à chacun, sa façon de les percevoir. Et chacun crée son monde selon sa propre sensibilité.


Le nouveau monde de Ozawa qui jouit de la sympathie de plusieurs de nos artistes est un monde à part. Et ses parades dans le tréfonds tunisien lui ont toujours inspiré des couleurs et des signes qui ne trompent pas sur notre authenticité. Et qui changent de teint selon les saisons, mais toujours fortement ensoleillés. Même si ces couleurs viennent de l’obscurité d’une nuit.


Dans les œuvres fraîchement colorées d’Ozawa, il y a l’âme d’un pays avec ces choses détectées par l’œil d’un étranger. Une simple couleur d’un rouge ou vert marabout donne à réfléchir sur un sujet et l’artiste de plonger dans un océan sans fin. Un simple foulard le prend dans un rêve, et les couleurs d’un bleu mystique, d’azur ou de nuit l’invitent dans un imaginaire où se confondent le passé, le présent et le visionnaire. C’est en fait le même monde que nous côtoyons jour et nuit, mais exprimé autrement en introduisant même la calligraphie. Une écriture méticuleuse et qui ne descend jamais de la ligne. Et notre étranger adore sa Tunisie d’accueil, et cherche coûte que coûte et par tous les moyens à embellir le panorama. «Voyage en Tunisie 4» est une sorte de carnet de voyage peuplé de beaucoup de motifs berbères, d’ocre, de vert, de drapés, et de portraits de femmes, d’enfants et autres bonnes gens. C’est un univers qui oscille entre le folklore de chez nous et le traditionnel à la japonaise. Ozawa reste dans son monde et n’arrive pas à se détacher de la peinture traditionnelle de chez lui. Il possède le trait et sait ciseler les touches avec un voile lamé. Des rideaux de fines lamelles en argenté ou en doré et satiné, s’introduisent dans les œuvres d’Ozawa avec toute l’aura souhaitée. Les fleurs, tout naturellement enveloppent ses toiles et bavent des cadres. Mais sagement. Nous sommes, après tout avec un Japonais et ça vient tout naturellement. Douz était au centre de ses voyages, au centre de son imaginaire, au centre de ses délires de création. Et les festivals de cette ville de notre Sud étaient des sources d’inspiration qui ne cessent de nourrir son savoir-faire. Ce sont des cartes postales, vues et revues, reprises et corrigées et pas plus. Dans cette expo, on y trouve beaucoup d’éclat de joie, maîtrisée et attirante à la fois, mais l’artiste ne s’est vraiment pas éclaté. On peut aimer comme on peut ne pas aimer. Mais pour vendre à l’étranger un produit folklorique de chez nous, il y a le soleil, le dromadaire, la mosquée, les marabouts, la femme et le foulard…, autrement vus, et qui se vendent encore bien. Et Ozawa sait le faire, sait le présenter. L’homme a très bien compris la devise. Quelques uns de ses travaux ont été dès les premiers instants vendus. Pour ceux qui sont arrivés en retard, ils peuvent passer la commande. Car Ozawa a prévu un album où les intéressés peuvent trouver leur petit bonheur : un petit souvenir en peinture fait par un Japonais sur la Tunisie sera remis dans les prochains jours. Pour les autres qui, peut-être, n’ont pas les moyens, Ozawa a prévu des petites consolations. Sur un bureau, on a mis quelques souvenirs dans un pli en jaune, bleu et rouge… Les présents se sont servis de ces cartes de sympathie.  


 


Zohra ABID




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com