Voitures au GPL : Quant ça ne roule pas rond !






Avec plus de 7 mille véhicules roulant au GPL et quelque 671 autres attendant d’en être équipé, les taxis semblent être les plus motivés à adhérer aux orientations de l’Etat en ce qui concerne la maîtrise de l’énergie et le développement de l’usage des énergies moins chèreS et plus écologiques. Une motivation qui se heurte malheureusement à beaucoup d’obstacles…


 


Tunis-Le Quotidien


Les chauffeurs de taxis, il faut le dire, ont le mérite d’être les premiers en Tunisie à opter pour le Gaz de Pétrole Liquéfié pour faire rouler leurs quatre-roues. Preuve d’un sens d’anticipation peut6être car c’était lorsque les prix du pétrole ont à peine commencé leur montée. Il y a plus de cinq ans en fait qu’on voit des taxis équipés de réservoirs à GPL rouler sur nos routes. Le bouche à oreille devrait avoir bien fonctionné dans les milieux des taxistes pour qu’on puisse aujourd’hui voir tout ce monde rouler au GPL.


De son côté, encouragé par le succès que connaît l’usage de ce carburant dans le domaine du transport, l’Etat n’a pas tardé à mettre en œuvre les procédures nécessaires pour promouvoir l’utilisation de ce carburant. Une alternative qui, économiquement et écologiquement, a prouvé qu’elle est plus efficace que l’essence et le diesel. Beaucoup d’avantages en fait font, aujourd’hui, que le GPL soit le troisième carburant automobile utilisé dans le monde. En Europe, notre principal partenaire économique, 3 millions de véhicules roulent au GPL. Cerise sur le gâteau pour nos voisins méditerranéens de la rive nord, le prix à la pompe du GPL est 50% moins cher que le litre d’essence sans plomb et 30% de moins qu’un litre de gazole. Que de bonnes choses donc, que nos chauffeurs de taxis souhaitent voir accessibles en Tunisie. Aussi bien à eux qu’à l’ensemble des automobilistes tunisiens. Sauf que cela ne sera pas pour bientôt, du moins d’après ce qui paraît. Et pour cause : les sacro-saints obstacles administratifs. Ces inévitables obstacles empêchent qu’un boom du GPL ait lieu dans le domaine du transport en Tunisie.


A entendre M. Ali Fehri, président de la chambre nationale des chauffeurs de taxis, parler du sujet on a l’impression que certains départements opèrent tout bonnement à contre sens des stratégies ordonnées au plus haut niveau de l’Etat. Notre interlocuteur ne s’empêche pas dire : «je crois parfois qu’il y des gens qui s’entêtent à ne faire que ce que bon leur semble, quitte à ignorer les décisions présidentielles». Et de se demander : «comment explique-t-on alors que des décrets présidentiels, comme celui du mois d’octobre 2006 relatif à l’unification des différentes taxes imposées à l’usage du GPL, destinés à promouvoir ce carburant dans le domaine du transport, soient ignorés au niveau des départements d’exécution ?». Le professionnel est en effet convaincu qu’il ne s’agit pas d’une attitude de prudence qui est adoptée par les instances intervenantes vis-à-vis du sujet à cause de la tendance de beaucoup d’automobilistes à équiper leurs véhicules en GPL sans respecter les normes en vigueur en terme de sécurité. Pour lui ce n’est qu’une «application erronée des procédures».


En ce qui concerne le sujet sécurité, notre interlocuteur assure qu’en tant que représentant de ce corps de métier au niveau de l’UTICA, il s’attache à ce que tous les taxis fonctionnant au GPL soient équipés d’un installateur agréé pour rouler en toute sécurité. Mais M. Fehri ne nie pas cependant qu’il y a quelque chose qui ne marche pas rond. : «Le problème concerne les réservoirs», avoue-t-il. Pour obtenir l’autorisation de circuler, les taxistes doivent en effet s’équiper des réservoirs qui devraient être homologués et équipés d’une soupape de sécurité. La catégorie qui est disponible aujourd’hui sur le marché semble, en fait, ne pas répondre aux normes en vigueur. Notre interlocuteur refuse toutefois de responsabiliser les taxistes là dessus. Il affirme que c’est aux autorités qu’incombe la responsabilité de faciliter l’importation des équipements qui répondent aux normes. «On a en vain appelé à ce qu’on facilite la tâche à des importateurs qui ont exprimé leur intérêt à ce sujet mais personne ne bouge», dit-t-il.


Mieux encore, M. Fehri indique que les propriétaires des 7000 taxis roulant aujourd’hui au GPL, auxquels devraient en principe s’ajouter au cours de cette année 671 autres véhicules, sont très intéressés d’acquérir des voitures GPL neuves, «mais tant qu’ils ne sont pas autorisés à commercialiser ces modèles, les concessionnaires automobiles ne peuvent pas le faire». En revanche, les constructeurs automobiles sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à offrir la possibilité d’acquérir un véhicule GPL neuf possédant les mêmes performances, les mêmes garanties et les mêmes options et finitions que les versions essence ou diesel. Beaucoup de modèles neufs au GPL citadines, familiales, 4x4, monospaces, sont aujourd’hui disponibles en Europe. Pourquoi pas la Tunisie ?


 


Hassen GHEDIRI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com