Hayet Bahri : Balade dans les dédales de la nature






Enseignante de sciences naturelles, son métier a nourri en elle une admiration indéniable pour la nature sous toutes ses formes. Hayet Bahri, qui expose actuellement à la Maison de la Culture Ibn Rachiq sur ce même thème, invite les visiteurs à une véritable balade dans de nombreux endroits naturels.


 


Rien qu’en contemplant ses œuvres de très près, on sent que Hayet Bahri  a un faible pour la senteur et les couleurs de la nature. Au premier regard, la couleur verte demeure omniprésente dans toutes ses œuvres. La peintre a surtout focalisé ses tableaux sur des endroits de la Tunisie connus pour leur verdure, bref pour leur nature spécifique. Ses œuvres sont, en quelque sorte, une façon pour l’artiste d’immortaliser les coins de la Tunisie qui l’ont marquée. Elle restitue surtout les zones où les forêts et les sources d’eau cohabitent aux côtés de la montagne et la mer. C’est, en quelque sorte, les facettes d’une nature en mouvement. Toutefois, l’artiste ne veut pas se contenter de cette seule démarche artistique, mais aussi à reconstituer et préserver, selon ses dires, le patrimoine herbivore tunisien et de rendre à certaines zones leur vocation naturelle, tout en reproduisant les éléments saillants de la nature.


C’est ainsi qu’elle a consacré des œuvres d’une haute facture esthétique à des endroits comme Tabarka, Hammamet, Hammam-Lif, Korbous, Sebkhat Essijoumi, Ghar El Melh, Sidi Bou Saïd, autant d’endroits considérés comme des dédales-symboles du patrimoine naturel de la Tunisie. Sans se contenter de ces seuls espaces, Hayet Bahri, avec une démarche de peintre botaniste, a donné également une place de choix aux multiples facettes de la forêt et de la verdure tunisienne. Des chênes lièges, des ficus, des arbustes et des fleurs sont restitués à travers une demi douzaine de tableaux intitulés «Nature Calme».  Et ce n’est pas d’ailleurs tout. Elle a voulu faire également visiter aux fans les zones les plus prisées et les plus chargées d’histoire. C’est le cas de la Médina, Djerba, La Goulette, Bizerte ou Sfax où elle a mis en exergue aussi bien les monuments de ces localités, mais aussi leurs spécificités naturelles.


D’autres toiles mettent aussi en exergue des roches, des coquelicots, le paysage marin, des lacs qui constituent, entre autres, autant d’éléments naturels en plus des forêts verdoyantes. Tous ces éléments, Hayet Bahri a pu les restituer dans ses œuvres en ayant recours à la technique de l’acrylique et de l’aquarelle. Sa particularité est qu’elle se réclame à la fois de l’impressionnisme et de l’expressionnisme, mais dispose d’une démarche et d’une vision personnelles des figures et figurines dont elle s’inspire. Si la couleur verte, et grosso modo, naturelle, sont celles privilégiées dans ses œuvres, il faut dire que l’artiste opte pour un glissement de teinte ou de passage de l’ombre à la lumière sous forme de contrastes créées par l’opposition entre des couleurs secondaires ombrées et celles claires.


Dans cette opposition, l’artiste a surtout laissé scintiller la couleur verte qui constitue selon elle la couleur la mieux indiquée pour revivifier la nature dans toute sa splendeur picturale. Une nature qu’elle a immortalisée par un mixage inédit de couleurs et de techniques avec une inspiration intelligente.  


 


Ousmane WAGUÉ


 




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com