«Albastouka azzina» : Au cœur d’une crise familiale





Après un petit répit, le Quatrième Art a ouvert hier sa nouvelle année par «Albastouka azzina», une pièce de théâtre mise en scène par Salah Ben Youssef et qui traite des crises familiales au quotidien.


 


Dans cette nouvelle pièce, tout se passe dans une atmosphère familiale qui connaît des hauts et des bas. Tous les membres de la famille s’y lancent dans une sorte de dialogue permanent au sein d’une grande maison. Mais le foyer est confronté subitement à un tragique événement, celui de la disparition du père qui laisse derrière lui ses enfants. Héritiers virevoltés, ils se livrent sitôt à une sorte de bombance après la mort de leur paternel. Malgré tout, ils continuent à vaquer, comme d’habitude, aux activités quotidiennes comme si de rien n’était. On célèbre des mariages, des fêtes, et on échange des invitations par-ci, par-là. Enfin, de nombreux incidents se produisirent par la suite au sein de la famille, dans laquelle chacun nourrit des rêves grandioses.


Dans une ambiance marquée par des joutes permanentes, Ismaïl, le frère aîné se démène comme un beau diable pour que la famille retrouve sa cohésion d’antan, tandis que les autres membres, à l’instar de Rachid et de son épouse Fatma, eux, n’ont qu’un seul objectif, à savoir s’éloigner de la famille pour s’adonner à la poésie et à la rhétorique. Le plus révélateur, c’est que, dans cette famille, chaque personne veut affirmer son identité et se montrer en véritable héritier du père disparu. Le temps presse et les problèmes liés à l’héritage du père s’entassent et nourrissent des querelles acerbes entre frères et soeurs.


Cependant, dans la pièce, le metteur en scène s’est attardé sur la description de chacun des personnages, en insistant tantôt sur sa sociabilité, tantôt sur son caractère rebelle et surtout sur le comportement que chacun adopte quand il s’agit de partager le butin laissé par leur paternel. A la fin du texte, Salah Ben Youssef tente d’expliciter et d’apporter une réponse au comportement de chacun des acteurs.


Pour le metteur en scène, le comportement de chacun des acteurs s’explique surtout par le rapport entretenu avec leur père disparu. Le metteur en scène met surtout en exergue dans sa pièce la situation mouvementée d’une famille, laquelle reste marquée par des crises internes, des fêtes à la limite de l’extravagance et enfin par une prise de conscience de chaque membre de lui-même et de la situation de la famille qui va de mal en pis.


 


L’espace et le temps


Plusieurs paramètres sont ainsi mis en exergue dans le texte. Le temps, dans la pièce, est considéré comme fondamental et s’étale sur quelques jours durent lesquels de nombreux événements se succèdent.


Deuxième aspect, l’espace porte sur la scène conçue sous forme d’une grande maison familiale, isolée mais bien équipée et où on trouve de nombreux costumes et autres objets de valeur laissés par le père de famille disparu. Le plus fascinant dans cette pièce, c’est que les acteurs engagent leur dialogue dans un langage arabe simple proche du quotidien des familles tunisiennes, mais qui reste dans sa sémantique très poétique. La pièce soulève, d’autre part, un ensemble d’interrogations portant sur les défis auxquels fait face la condition humaine.


Côté technique, un accent particulier a été mis sur le volet poétique et esthétique ainsi que sur les couleurs et les jeux de lumière. Tous ces éléments ont été mixés avec un décor qui va en harmonie avec la musique, la prestation des acteurs et le passage d’un tableau à un autre. Le comique et le gestuel demeurent également omniprésents à tous les niveaux. Afin que tous les éléments soient présents en bonne et due forme dans cette pièce, le metteur en scène a fait appel au service de quatre interprètes de talent. Il s’agit de Aida Bessamra, Naoufel Azara, Naji Kanawati et Mohamed Sassi Ghorbali qui incarnent chacun, un rôle, un conflit, un personnage, mais aussi une solution à la crise au sein de la famille.


«Albastouka Azzina» est d’ailleurs une invitation à découvrir les mécanismes de résolution des crises familiales notamment celles liées aux conflits d’héritage de plus en plus visibles au sein des foyers.


 


Ousmane WAGUE




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com