Cérémonie d’ouverture de la CAN 2008 : Allez l’Afrique !





Les téléspectateurs tunisiens en général et les férus du football en particulier seront certainement ce soir devant leur petit écran pour suivre la cérémonie d’ouverture de la 26éme édition de la Coupe d’Afrique des Nations. Cet événement, qui sera retransmis en temps réel et en direct du stade Ohene Djan d’Accra par les télévisions du monde entier, donnera une occasion aux férus du foot  et aux téléspectateurs de découvrir aussi une multitude de facettes de la culture africaine qu’ils connaissent peu ou pas assez. Zoom sur les moments forts de cette cérémonie.


 


Les férus du sport roi seront nombreux devant leur télévision pour suivre la cérémonie d’ouverture de la plus prestigieuse compétition footballistique africaine, la CAN 2008. En attendant que les Aigles de Carthage entrent en compétition, ils se contenteront de suivre ce soir les différents tableaux de chants, de danse et d’acrobaties inspirés des traditions de l’Afrique profonde qui précéderont le match d’ouverture Ghana-Guinée. Cette grandiose manifestation sera égayée en effet par un volet culturel des plus alléchants. Comme à l’accoutumée, avant le coup d’envoi de ce match, des stars et des poids lourds du monde de l’art et de la culture défileront au stadium Ohene Djan d’Accra et présenteront des tableaux, des figures d’acrobatie et des chorégraphies ainsi que de multiples gammes de danses inspirées des traditions culturelles africaines.


Pas moins de 1500 des meilleurs artistes, acrobates et musiciens du pays de Kouamé Nkrumah et d’Afrique ont été appelés pour mettre en commun leur savoir-faire artistique. Beaucoup d'entre eux répètent depuis des mois pour préparer l’événement. Parmi les particularités de cette cérémonie, on trouve des chorégraphies et des tableaux qui seront interprétés par de jeunes danseuses ghanéennes, des chanteurs et des acrobates.


Déjà, à 5 jours de cette cérémonie, certains des meilleurs artistes du pays ont défilé mettant ainsi une touche finale à leurs tableaux. Des plans variés de panneaux montrant des images des footballeurs comme l’ivoirien Didier Drogba, les ghanéens Souley Muntari, Stephen Appiah et Mikael Essien et le camerounais Samuel Eto’o sont au menu de cette cérémonie.


Il est également programmé des tableaux variés d’un acrobate avec l’hymne officiel de Ghana 2008 en fond et également des ballets variés d’artistes, tandis que des musiciens accompagnés de danseurs traditionnels jouent des morceaux inspirés  de différents genres musicaux des ethnies du Ghana et de l’Afrique de l’ouest en général. Avant le vrai démarrage de la cérémonie, Accra vibrera toute la matinée de dimanche au rythme des scènes de rue. On peut ainsi entendre à travers des panneaux jaillir des voix disant: « HEAR OUR ROAR, GO AFRICA ! » Allez l'Afrique !


 


Le Ghana d’Ibn Khaldoun


Cependant, le Ghana qui accueille cette vingt sixième édition de la CAN ne semble pas bien connu du public tunisien. A titre informatif, le nom de ce pays viendrait de l’ancien empire du Ghana qui était situé plus au nord, dans les régions sahéliennes du Sénégal, de la Mauritanie et du Mali et qui a été cité et même décrit par Ibn Khaldoun dans la Mouqaddima pour sa richesse en or.


Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le Ghana actuel a hérité la dénomination de «Gold Coast», la Côte de l’Or au lendemain de l’indépendance. D’une population de près de 22,5 millions, ce pays compte près de 55 % d’animistes, 16% de musulmans et 15% de catholiques.


Le Ghana abrite aussi six composantes ethniques à savoir les Akan, les Ashanti, les Fantes, les Mole Dagbon,  les Ewe  et les Ga-Dangme. En effet, les États les plus anciens sur le territoire ghanéen furent les royaumes de Fagomba et de Mamprusi; ceux-ci furent prospères jusqu’au XIIIe siècle, puis ils furent dominés par les royaumes du Dagomba et du Gondja à partir du XIVe siècle. C'est vers cette époque que des immigrants parlant une langue akan, dont les Achanti et les Fanti, quittèrent la savane et vinrent établir leur suprématie au sud de la ligne des forêts, formant une série de petits royaumes.


Outre ce paramètre historique, il y a lieu de noter que le Ghana est loin d’être un pays isolé de ceux du Maghreb et d’Afrique du nord en général contrairement à ce qu’on pourrait croire. Si la langue anglaise, elle, demeure la langue officielle, le français et l'arabe constituent deux autres langues d'une certaine importance dans le pays. Le français est une langue étrangère enseignée dans certains établissements et de nombreux Ghanéens instruits maîtrisent cette langue. L'arabe est aussi appris dans les écoles islamiques connues comme les «Makaranta».

Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com